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Le Papouméride

Ce projet d’un an débutera le 1er mai 2022. Il reprend une idée de l’équipe « Les papous dans la tête », émission de France Culture, qui avait fabriqué, pour l’année 2000, un calendrier fantaisiste attribuant à chaque date un « Saint du Jour » totalement fou.

Après une année avec l’héméroméride, organisé par Noël Bernard, activité qui s’est achevée le 30 avril, il me fallait trouver une autre occupation ludique.

J’ai repris cette idée, et fabriqué, pour l’année 2022-2023, et plus précisément du premier Mai 2022 au 30 avril 2023, un autre calendrier. Pour chacune de ces journées, un mot-clef (ou un groupe de mots-clefs) servira de support (ou de prétexte) à l’écriture d’un court texte à contrainte légère ou forte.
Une activité journalière vous est proposée : l’écriture d’un haïku (5/7/5 syllabes), additionnée d’une contrainte à son propre choix mettant en jeu le mot-clef du jour, et/ou la blague de mauvais goût qui l’accompagne. Le haïku peut éventuellement être remplacé par une autre forme de micro-poème, tanka (deux strophes de 5/7/5 et 7/7 syllabes), sélénet, chicago, petite morale élémentaire portative… pourvu qu’il ne comporte pas plus de 280 caractères, si vous souhaitez le déposer sur un quelconque « réseau social ».
Toute contribution à ce projet sera la bienvenue.

Elle peut être déposée sur les réseaux sociaux à l’adresse @Darkpalmor (en ajoutant le mot-dièse #papouméride).
Plus simplement, elle peut être envoyée à la liste des oulipotes, pour ceux qui y participent.
Mais je ne garantis pas du tout que je recopierai les éventuelles contributions sur cette page, que j’ai eu bien du mal à fabriquer .
Je me fais vieux.
Et j’ai envie d’écrire un petit peu chaque jour.
Mais si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres.

On peut avoir un aperçu de la large palette des contraintes d’écriture sur la page de l’OULIPO, ou chez ZAZIPO.
On peut aussi regarder de très près l’abondante série de contraintes que l’héméroméride a utilisées pendant un an. Noël Bernard les a patiemment recensées ici.

Un petit lexique ?

Babebine: poème d’une ou plusieurs strophes comptant chacune 5 vers. À l’intérieur d’une strophe, les rimes se caractérisent par la répétition de la ou des consonnes finales, dans l’ordre les 5 voyelles a / e / i / o / u.

Bambochade : le mot « bambochade » contient les cinq lettres consécutives de l’alphabet a, b, c, d, e. Noël Bernard propose d’appeler « bambochade d’ordre n » ou « n-bambochade » un texte dont chaque mot contient au moins n lettres consécutives. La bambochade est « stricte » si chaque mot contient n lettres consécutives mais pas n+1 ; elle est « assouplie » si un mot peut contenir moins de n lettres consécutives, le déficit étant compensé dans les mots qui l’encadrent ; « moyennée » si le nombre de lettres consécutives dans les mots est en moyenne n ; « douce » si la contrainte ne concerne pas les petits mots outils (le, la, que, se, en, etc.). La bambochade est « ordonnée » si chaque mot contient des lettres consécutives de l’alphabet, leur ordre étant respecté.

Beau présent : texte ou poème qui ne contient d’autres lettres que celles du (de la) dédicataire.

Belle absente : poème qui comporte autant de vers que les lettres du nom de la personne destinataire. Au contraire de l’acrostiche, on s’interdit d’utiliser dans le premier vers la première lettre du nom, dans le deuxième vers la deuxième lettre, et ainsi de suite.
Options :
– s’imposer toutes les autres lettres de l’alphabet dans chaque vers,
– ou du moins toutes les autres lettres du nom.
NB — Perec en baptisant la contrainte avait choisi l’option « dure » : tout l’alphabet présent dans chaque vers, à l’exception de la lettre du prénom et de KWXYZ.

Bigollo : ces poèmes sont basés sur la suite de Fibonacci dont les premiers termes sont 3 – 5 – 8 – 13 – 21 – 34 – … (chaque terme étant la somme de ses deux prédécesseurs). Le quotient de deux termes successifs se rapproche de plus en plus du nombre d’or, proportion idéale des anciens.
Les longueurs des vers de ces poèmes sont données par les premiers éléments de cette suite. Ces textes sont formés de suites à départ décalé, de plus en plus courtes.
Bigollo simple (3-5-8 // 3-5 // 3)
Bigollo grand (3-5-8-13 // 3-5-8 // 3-5 // 3)
Bigollo très grand (3-5-8-13-21 // 3-5-8-13 // 3-5-8 //3-5 // 3).
Les vers de longueur 5 sont souvent identiques, formant une sorte de refrain.

Carré latin : invention de Rémi Schulz, c’est un carré de 2, 3, 5, 8 et 13 pour les nombres de lettres, et toujours 5 initiales différentes avec permutation :
A B C D E // 2 3 5 8 13
E A D B C // 13 2 8 3 5
C E B A D // 5 13 3 2 8
D C A E B // 8 5 2 13 3
B D E C A // 3 8 13 5 2

Carré lescurien : invention de Jean Lescure, il utilise quatre mots permutant entre eux. Les permutations se font entre deux mots appartenant aux mêmes catégories du discours. Elles peuvent se faire suivant diverses modalités :
– permutations plates : le premier substantif, par exemple, d’une phrase permute avec le second, le troisième avec le quatrième etc.
– permutations alternées : le premier avec le troisième, le second avec le quatrième etc. ;
– permutations embrassées : le premier avec le quatrième, le second avec le troisième.

Chicago : proposé par Paul Fournel, il est constitué de quatre homosyntaxismes qui forment devinette et dont la solution (tantôt explicitée, tantôt occultée) est une homophonie. Cette définition est tirée du site de l’OuLiPo.

Collier et variantes (quollier, colallier) : contrainte proposée par Alain Chevrier : chaque mot contient un O (sur-contrainte facultative : un seul O) par lequel les mots s’enfilent comme des perles. Variante proposée par Noël Bernard : le « quollier ».

Contrainte sympathique (ou snob) : au contraire de la contrainte snob, deux mots voisins ont au moins une lettre en commun. Plus sévère, la contrainte « sympathique sans plus » impose une seule lettre en commun. La sympathie multiple se formule n-sympathie, n étant le nombre de lettres en commun d’un mot à l’autre. Dans la contrainte snob, au contraire de la contrainte sympathique, deux mots voisins n’ont aucune lettre en commun.

Contrepèterie, ou contrepet : la contrepèterie – on dit parfois « contrepet » – (ou art de déCaler les Sons) consiste en une ou plusieurs permutations des sons d’une phrase, ce qui lui donne un sens au moins comique, souvent subversif ou obscène.

Doublet de Carroll : c’est une suite de mots telle que chaque mot diffère du précédent par une seule lettre.

Fable express (isocèle ou non) : c’est un texte bref en vers à chute humoristique, par exemple un calembour.

Fib : c’est une forme s’appuyant sur la suite de Fibonacci et ressemblant au haïku. C’est un poème composé de 6 vers et comptant 20 syllabes, chacun des vers comptant autant de syllabes que chaque ligne correspondante de la séquence de Fibonacci, soit 1/1/2/3/5/8. La seule restriction de cette forme poétique est que le nombre de syllabes doit être égal au nombre de syllabes de la célèbre suite italienne.

Filigrane : contrainte inventée par Michèle Métail. Sélectionner des locutions contenant un mot donné, retirer le mot de chaque locution, construire un poème avec ce qui reste.

Gidaille : inventée par Robert Rapilly, calibrée dans la métrique du haïku, l’appellation « gidaille » rappellera la médaille d’Annie Hupé expliquée ici . Les 3 dernières syllabes des vers 1 & 3 permuteront selon une gidouille centrifuge où 1-2-3 donnera 2-3-1 ; il faudra que le second vers expose une notion de cercle, de roulement, de cycle, de volte.

Haïku-caillou, Haïkunagramme et Haïkukïah : d’après l’idée d’Alexandre C., le « haïku-caillou » déduira le vers 3 par contrepèterie du vers 1, le vers 2 servant d’exégèse. Dans le haïkunagramme le troisième vers contient les mêmes lettres que le premier. Le haïkukïah, d’après Robert Rapilly, s’apparente aux haïku-caillou et haïkūnagramme, mais les vers 1 & 3 y font un palindrome que le vers 2 doit expliciter. Toutes ces formes dérivent du haïku (5/7/5 syllabes), qui peut devenir lui-même un tanka (deux strophes de 5/7/5 et 7/7 syllabes). Une variante est le katauta, qui suit le rythme 5/7/7, ou 7/5/7. Le katautanagramme contient une anagramme du vers 3 et du vers 1.

HOG & TOG : les formes hog (haïku oulipien généralisé) et tog (tanka oulipien généralisé) ont été définies par Jacques Roubaud.
Un hog est un poème de r vers de p ou q syllabes totalisant s syllabes, tel que p, q, r et s soient des nombres premiers (c’est-à-dire des entiers positifs divisibles seulement par 1 et par eux-mêmes).
Un tog est un hog dont les t premiers vers constituent eux-mêmes un hog, où t est aussi premier.
1, 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, 37, 41, 43, 47, 53, 59, 61, 67, 71, 73, 79, 83, 89, et 97.
Variantes possibles :
7 7 5 = hog de 3 vers et 19 syllabes
5 7 11 = hog de 3 vers et 23 syllabes
5 7 11 13 17 = tog de 5 vers et 53 syllabes
7 7 5 3 7 7 5 3 7 7 5 3 7 = tog de 13 vers et 73 syllabes
Un architog est un hog dont un nombre impair de vers consécutifs totalise toujours un nombre premier de syllabes. Exemple, architog panpremier 5+7+11+13+17 syllabes, où la somme des syllabes de trois vers consécutifs est elle-même première, et où la totalité des vers aboutit à un nombre premier. Voir la page de Gef : http://www.gef.free.fr/Hypertogs.html#architog.
Un dichotog, forme proposée par Gilles Esposito-Farèse, est un « poème dichotomique » qui serait aussi un hog roubaldien, dans lequel chaque partie contient un nombre impair de syllabes, et donne la suivante en y supprimant toutes celles de rangs impairs. Par exemple, il peut prendre la forme du plus court architog de 5 vers, à savoir le schéma palindrome 2+2+3+2+2, ou encore, en plus long, le schéma 31+15+7+3+1. Plus minimaliste encore, il pourrait se construire ainsi : 7+3+1…

Lipogramme : le lipogramme s’interdit l’utilisation d’une ou plusieurs lettres de l’alphabet. Dans sa forme extrême, il peut s’interdire quatre des cinq voyelles, comme dans le roman Les Revenentes de G. Perec. On parle alors de monovocalisme. Un autre avatar du lipogramme est la belle absente, où le nom du dédicataire apparaît en filigrane dans un texte dont chaque vers contient toutes les lettres… sauf une.

Marsupiailku : contrainte proposée par Nicolas Graner. « Un marsupiailku est un haïku dont le dernier mot du troisième vers a ses lettres incluses, dans l’ordre, dans le dernier mot du premier vers. Ces deux mots ne doivent pas avoir de parenté étymologique évidente. Il est d’autant meilleur que le rapport entre ces deux mots apparaît clairement, même en-dehors du contexte fourni par le haïku. » C’est le même principe que la contrainte dite « avion » : le mot « avion » est contenu dans le mot « abréviation ».

Médaille : inventée par Annie Hupé, la forme « médaille » reproduit le format rythmique du haïku, tercet de 5-7-5 syllabes.
Qui dit médaille dit revers :
– les mots à la rime des vers 1 et 3 voient leurs deux syllabes finales inversées, par ex. écrits/crier ; abbé/béat ; bâton/tomba…
– le vers 2 expose une notion (même étendue, mais explicite) de retournement, détournement, traversée, inversion, échange…

Morseku : un morseku est un haïku dont les longueurs des mots sont imposées par le titre en morse. Un point donnera un mot d’une syllabe, un tiret deux syllabes. Les fins de vers correspondent à une séparation entre deux lettres, les autres espaces n’étant pas pris en compte.

Okapi : « La rigidité de l’okapi » requiert une alternance stricte de consonnes et de voyelles.

Pilindrome : le « pilindrome », selon Alexandre C. est un palindrome sonore par morceaux. Il s’agit donc, comme dans la théorie des piles, de fracturer un vers en sons, choisissant librement les coupes.

Pangramme : le pangramme utilise toutes les lettres de l’alphabet, en s’efforçant d’être le plus court possible.
Une variante raffinée, le panscrabblogramme, s’efforce d’utiliser toutes les lettres d’un jeu de Scrabble, dont les 2 jokers (jetons blancs auxquels on affecte les 2 lettres que l’on veut).

Petite Morale élémentaire portative, selon la définition de Frédéric Forte, son inventeur :
Substantif Adjectif Substantif Adjectif
Mot*
SA SA
M
4 vers de 1 à 4 syllabes
SA SA
M
*Mot c’est-à-dire un mot qui peut être S ou A, et dont le statut grammatical peut être ambigu (par ex : « plat », « vague » ou même entre substantif et verbe : « marche » cache »…) (mais ce n’est pas obligatoire).

Primitive : cela consiste à écrire un texte dont chaque syllabe utilise, l’une après l’autre, chacune des lettres du mot clef. Si celui-ci comporte 17 lettres, c’est l’idéal pour construire un haïku, par exemple.

Quenine de longueurs de mots, en l’occurrence quatrine, de 4 fois 4 mots, nombre de lettres imposé à chaque mot, avec rimes masculines entre les vers 1/3 et féminines entre les vers 2/4, formant au total 4 vers de 6 syllabes, ou deux alexandrins à rime féminine : invention de Robert Rapilly. Le mot final du vers 1 doit avoir 8 lettres, rime masculine, le mot final du vers 2, 6 lettres, rime féminine, le mot final du vers 3, 3 lettres, rime masculine, le mot final du vers 4, 8 lettres, rime féminine.
3, 6, 2, 8
8, 3, 2, 6
6, 8, 2, 3
3, 6, 2, 8
Noms possibles : quenine de longueurs, quenine arithmonyme, arithmoquenine ?
On peut aussi aboutir à deux alexandrins de rimes masculines…
Quinine de 5 fois 5 mots : le nombre de lettres de chaque mot n’est pas imposé, l’alternance des rimes masculines et féminines non plus.
1 2 3 4 5
5 1 4 2 3
3 5 2 1 4
4 3 1 5 2
2 4 5 3 1

Sélénet : c’est une forme fixe, un couplet de 2 quatrains au format de la chanson « Au clair de la lune ». Le Traité de Prosodie de Gilbert Farelly (Éd. Ichthusson – 1960) y reconnaît « une taille idéale pour s’exprimer de façon concise, intermédiaire entre le sonnet (souvent pompeux) et le haïku (trop minimal en français) ». À première vue on compte 5 syllabes par vers, rimes croisées féminines et masculines. Mais, sans rien toucher au texte, la diction alterne vers de 6 et 5 syllabes puisque, surnuméraire, le -e des rimes féminines est prononcé.
Le terme générique de ce genre de forme pourrait être le bobet, en référence à Robert Rapilly qui baptisa le premier sélénet, et en souvenir de Louison, le cycliste.
Variantes en nombre de syllabes : 1 syllabe, le diablotet (d’après « Père / Las ! / Mère / Pas… », dans « Le pauvre diable » attribué à Charles Baudelaire) ; 2 syllabes, le muret (d’après « Murs, ville,… », dans « Les Djinns » de Victor Hugo ) ; 3 syllabes, le mômet (d’après « t’es tout’ nu-eu / sous ton pull […] jolie mô-meu ») ; 4 syllabes, le lanet (d’après « file la lai-neu ») ; 5 syllabes, le sélénet d’après « Au clair de la lune » (voir aussi plus bas sonyme et solénet) ; 6 syllabes, le fontanet (d’après « À la claire fontai-neu ») ; 7 syllabes, le tourniquet (d’après « tu me fais tourner la tê-teu… », dans « mon manège à moi », ; 8 syllabes, le damnet (d’après « Debout les damnés de la ter-reu », dans « L’Internationale ») ; 9 syllabes, le dégrafet (d’après : « Quand Margot dégrafait son corsa-geu ») ; 10 syllabes, le crocodilidet (d’après « Un crocodil’, s’en allant à la guerre ») ; 12 syllabes, le zantropet (d’après « L’ami Zantrop » de Boby Lapointe, à condition de ne conserver que les vers chantés et rimés).
Les bobets suivants, diablotet, muret, mômet, tourniquet, et dégrafet, pourraient être qualifiés de poulidors, car les terminaisons féminines ne se traduisent pas par une note accentuée descendante dans leur représentation chantée.

Séries homovocaliques ou homoconsonantiques : cela consiste à utiliser, dans l’ordre où elles se trouvent dans le mot-clef, les mêmes voyelles ou consonnes, sans en ajouter d’autres.

Sonnaïku : le sonnaïku est un sonnet composé sur le principe de l’alternance entre vers de 5 et 7 syllabes, et sur la forme sonnet : 14 vers en trois strophes, avec schéma de rimes conforme à celles du sonnet. Schéma du nombre de syllabes : 5775 / 5775 / 575 / 575. Schéma des rimes : ABBA / ABBA / CCD / EED.

Sonyme et solénet : ce sont des formes modélisées par Gilles Esposito-Farèse. Le sonyme est un quatrain dont les vers comptent successivement 4, 4, 3 et 3 mots. Le solénet est un sélénet dont les deux strophes sont des sonymes.

Sosnet : inventé par Nicolas Graner, c’est un sonnet composé de sos. Un sos (prononcer « sosse ») est un vers de douze syllabes dont la structure s’inspire de celle du SOS en morse : trois mots d’une syllabe, trois mots de deux syllabes, trois mots d’une syllabe.

Terine : la n-ine de 3 s’appelle terine. Elle a trois strophes de trois vers se terminant chacun par un des mots-rimes choisis suivant l’ordre :
strophe 1 : 123
strophe 2 : 312
strophe 3 : 231

Signé Bernard Maréchal.

LE CALENDRIER

MAI 2022

Dimanche 1 La Grande Déglingue

La grande déglingue
Ça commence en mai.
Le petit bastringue
Ne finit jamais.
***
Aujourd’hui l’on cueille
Le joli muguet.
Un euro la feuille ?
C’est du camarguais.

(sélénet) BM

Galurin lunaire
Un ange dégingandé
Regarde la rue

***
Il a un rire d’anar
Le dédale le rend dingue

(beau présent de Noël Bernard)

Lundi 2 Retour du Train-Train

Un toréador
Donne au taureau torturé
Un dernier adieu.

(beau présent) BM

Tant traînait niña,
Riant à tarantara,
Rata train : n’ira.

(beau présent de Noël Bernard)

Tout, ça part souvent de rieN
Rien, c’est quand tout est finI
Ah ! Tout recommencerA
Il ne faut pas s’y trompeR
Non, la fin n’est pas un touT

(acrostiche double de Marc Parayre)

Retour du train-train :
Un tartré introduira
Un nouveau défi.

(haïkunagramme – vers 1 et 2 – d’Alexandre C.)

Mardi 3 St Format

On le formata
Puis on le reformata.
Il se déforma.
***
Ensuite il se referma,
Alors on le réforma.

(tanka) BM

il mate fort
le phare mort
il est fort mal
dans le formol
c’est un mort fat !

(offrande de @goofy)

Affirmant sans fin
Son amour du gai savoir
Mutin troubadour
Gambadait par monts chantant.
Tocsin forma sa coda.

( lipogramme de Noël Bernard)

Fort sain, Saint Format
S’informa, puis renvoya
trois cents sémaphores.


(médaille – homophonies – isocélisme d’Alexandre C.)

Quignard s’informa,
bavard jaloux calomnia :

« forniqua mignards ».
(haïku lipogramme, anagramme des vers 1 et 3, et que Monsieur Quignard pardonne cette irrévérence à Annie)

Mercredi 4 Ste Patinette

éructe « ni patinette ni tapin » et cure
racle tel car
et ne leur évitera la rétive rue lente

(tentative de palindrome par Annie)

Fêtons Patinette
En jouant à la roulette !
Fait-on tapis net ?

(haïkus – cailloux d’Alexandre C.)

Tête atteint Etna
Ta patte peine et patine
Pénate te tente.

(beau présent de Noël Bernard)

Sur ma patinette
Je fonce à perdre la tête
Puis sonnent clochettes
***
J’achève ma pirouette
Le nez dans les pâquerettes.

(tanka de Jacqueline Morel)

N’avons plus un rond
À la pompe Moët Chandon
Alors patinons.

(haïku de Jacqueline Morel)

Tantine piétine
Ta patinette, en apnée,
Petit à petit.
***
Petite patate éteinte,
Patinette anéantie !

(tanka et beau présent) BM
—–
Tu veux patiner ?
Tu patines, je patine,
Nous voilà ensemble
Sur une voie très cyclable :
En cœur on patinera.

(tanka et contrainte 1-sympathique) BM

à fond
je dévale à toute vibure
la rue qui descend vers la boulangerie
un chat endormi soudain s’effraie
du grondement de ma machine
dont les roues parfois couinent sur le macadam
j’ai huit ans et je pousse comme un damné
sur ma jambe gauche
je suis le roi du village
sur ma patinette
je ne sais pas trop comment m’arrêter
et ma vue n’est pas si nette
je lâche tout et l’engin s’en va tout seul
percuter le monument aux morts
pour la patrie nette.

(un souvenir grisant de @goofy pour l’occasion)

Jeudi 5 Ste Parité Municipale

Sainte Trinité
Inepte mais criminelle :
Milice sereine,
***
Parité municipale,
Et capitalisme austère.

(tanka et beau présent) BM

Au conseil, malgré
parité municipale
Marité punie, si pâle.

(beau présent par Annie)

Dépité, déçu,
L’avocat a remisé
Sa robe, posé
Sur un amas en épine
Ce rôle du juge
Par item uni. Ci, pâle,
Jeta le tison.

(architog en okapi ; avant dernier vers homophone et homographe, par Noël Bernard)

Pars et rends l’argent
Des fausses notes de frais
Nous n’oublierons pas !

soit

Erre et t’aide à la
Parité municipale.
Et quitte ta place.

Sal’ pas tes tickets !
La pisse inhumée, t’iras
Pas la déterrer.

(haïkus palindromes sonores l’un de l’autre, par Alexandre C.)

le vil et la ville
corrompu et con damné
amer est le maire

***
la maire aussi tant qu’à faire
parité municipale !

(tanka de @goofy)

Vendredi 6 Oblitération des Rouleaux de Printemps

Rouleaux de Printemps ?
Tu peux en oblitérer
Autant que tu veux,
***
Comme tes délicieux nems :
Je te chérirai de même.
(tanka 1-sympathique) BM

L’ombre l’habillait
De rêvante paix dormant.
Dame en son repos.

Feuille de bambou
Aux dieux éplorés, vibrant,
Dit que mort passait.

(double haïku en primitive de « oblitération des rouleaux de printemps » par Noël Bernard)

Rouleau de printemps
Oblitéré tout nu ou
Pire, en slip moutarde.

(haïkunagramme par Alexandre C.)

Où braient les imbéciles toujours entrent rages à tracas insupportables ou négatifs.
Doucement et silencieusement
regarde où un lézard est assis : un xénophobe !
Deviens espiègle !
Pour remettre instantanément nos trémas, évitons mes pauvres sottises…

(acrostiche de mots par @goofy)

Samedi 7 St Garrot À la St Garrot Franco

Franco galopait
Sur son cheval, au garrot,
À Saint-Gall, au trot.

(homophonies très approximatives) BM
—–
Pour la St Franco
Le garrot me plaît
On va rigoler
Sans cocorico.
Un bel adjudant
Serre ton kiki
Et va lentement
Obscurcir ta vie.

(un air snob : sympathie zéro) BM
—–
Grâce au tourniquet,
Franco de porc on garrotte
À la saint Garrot.

(haïku) BM

Ancêtres bouchers ?
Caudillo des Espagnols :
Franco, garroteur.
Hitler,
Innovant jugulateur, kaiser.
La mort n’oublie pas,
Qui revient sans trêve.
Ulule Vladimir,
Wehrmachtoïde xénophage,
Yodlant « Z ! »

(abécédaire, par Noël Bernard)

A la saint Garrot Franco
Sur la mandragore
Franco arrosait galant

(katautanagramme 7/5/7 par Jacqueline « Jacquadit »)

Je suis la Saint-Garrot – la seule, – la sirène,
Fille d’un Franc-Comtois au cerveau zoulipote
Mon unique ambition se résume à l’antienne :
Que sourit la souris ! Que poète le pote !

Dans la nuit d’héméro-, papou- m’a consolé
Rendu le doux prétexte à la folle anagramme,
Au contrepet si cher à mon cœur désolé,
A l’isocèle haïku s’alliant au lipogramme.

Suis-je ticket de quai ou rouleau de printemps ?
Qu’importe ! On m’oblitère et chacun me célèbre ;
Noël, par la bamboche et Rémi, par l’algèbre.

On m’a, deux fois, fêté en musique en frappant
Sur un puissant cajon – le fameux Cingaro –
Un rythme cingaro au cirque Zingaro.

(sonnet par Alexandre C.)

Dimanche 8 Départ du Fourgon Blindé

au départ
du fourgon blindé
on chanta ce beau répertoire
de révolutionnaires qu’un bon tabac égaie

à la grille
de matraque coups
ont rythmé ce tintamarre

de musique
il naît volupté
camarade

(bigollo en 1-sympathie stricte de Noël Bernard )

Le fourgon blindé
Est bien trop chargé. Que faire ?
………………………………………………………………..
Regonfler boudins.

(énigme et haïku-caillou par Alexandre C.)

Le blondin fringué
Prend, pour flinguer le bourdon,
Le fourgon blindé.

(haïku-caillou) BM

Lundi 9 St Ticket de Quai

Tu es au taquet,
Tu squattes ce quai, casqué,
Ce skate est cassé ?
***
Si tu quêtes ce ticket,
Saute du quai D au C !

(tanka et beau présent) BM

Quel quêteur comique !
Sarcastique, exquis marquis
Brusqua loqueteux
Lorsque quémandait, étique.
Quelle requête coquine !

(quollier par Noël Bernard)

Ces tickets sont obsolètes !
Saint ticket de quai
Te quitta en cdi à ski

(anagramme par Jacqueline « Jacquadit »)

à la saint ticket de quai
sa laide a quitté Quend

(contrepèterie tirée par les cheveux et par Annie)

Saint ticket de quai,
Ouvre ici tes deux quinquets
De kéké si teint.

(contrepèteries par Alexandre C.)

j’avais le ticket pour toi
mais tu m’as laissé à quai
j’ai perdu toute éthique et
j’ai cru que t’étais toquée
ton rendez-vous de la gare
sur le quai sept ok c’est
indiqué pour se quitter

(petit poème de @goofy)

Mardi 10 Mystère des Abat-jour

Quand on les soulève,
Les beaux abat-jour,
C’est la fin du rêve,
La fin de l’amour,
***
Car trop de lumière
Fait voir aux amants
Ce qui est derrière
Les jolis serments.

(sélénet) BM

Ces gars que l’on abat,
qu’affublent ces abas,
se plaignent d’un abus ?
– Réglons ça d’un obus.

À mort chamans, obis.

Si la déesse Opis
protège leurs épis,
le dieu que tu élis,
qu’il les rapte en ses plis.

Que leurs enfants soient pris.
Qu’on étouffe leurs cris.
Qu’on les dévore crus.

Que la corde à leurs cous
Suive arrêt de la cour.
Que finisse le jour.

(doublets de Carroll de « abat » à « jour », par Noël Bernard )

Roi seul ! Abat-jour !
Retarde la nuit déjà
Rouge ! A bas le soir !

(vers 1 et 3 en palindrome sonore, par Alexandre C.)

Sa grande aile noire
Abattait ses ombres froides
Sur le jour en fuite.

(autre haïku par Alexandre C.)

Mercredi 11 La Sucrette

Serrure secrète,
Resserres-tu sucs tueurs ?
Terreur s’est créée.
***
Est-ce ruse ? Erreur ? Têtue,
Creuse terre, se rue, erre.

(tanka en beau présent par Noël Bernard)

Sucre synthétique,
Sucette qui manque d’air,
Voici la sucrette.
***
On ne peut pas la sucer :
Elle est anti-érotique.

(tanka) BM

Secrète Sucrette
Sacrée, s’écrête et sécrète
Sucs secs. C’est crétin !

(haïkummentaire-haïku intégrant un commentaire sur lui-même, par Alexandre C.)

Jeudi 12 Ste Tendinite Aiguë

Soit ! Attentionné
nous dit-il, ni inquiet en
vain, ni gai dupé.

(primitive, par Annie)

Tendinite aiguë !
Dick, Yo ! Tu joues trop ! Qui dit
gaieté dit ennui.

(haïkunagramme avec tentative de réduction de l’hapax central, par Alexandre C.)

Tendinite aiguë
Pour ces fous, bras en l’air, qu’une
Unité guide, hante.

(pilindrome, par Alexandre C.)
vers 1 (\t\ɑ̃\d\i\niteɡ\y)

vers 3 (\y\niteɡ\i\d\ɑ̃\t)

Aïeule languide,
Impuissante, avaricieuse,
Maudite chialeuse,
Trafique haineux adieu :
Suicidaire sarcastique.

(dans chaque mot, AEIU mais pas O, par Noël Bernard)

Percé jusques au fond du tarse
De tendinite aigüe aussi bien que rebelle,
Misérable attribut d’une injuste séquelle,
Et malheureux objet de cette ignoble garce,
Je sais de quoi je parle et ma jambe abattue
Par toute pronation cède au coup qui la tue

(autobiographie et pastiche par Alain Zalmanski)

Fils, tu es stressé ?
Ton doigt qui coinçait t’énerve ?
Mais rigole un peu !

(primitive) BM

Vendredi 13 Glorification de la langue de Buis(double acrostiche isocèle, par Noël Bernard)
(double acrostiche isocèle, par Noël Bernard)

Langue de buis
Buisson d’épines
Pinocchio d’bois
***
Bois de la langue
Langue copine
Pinaillement

(marabout, par Annie)

D’où vient cette langue
Qui empoisonne les gens ?
C’est du buis, Tony !

(haïku, par Alexandre C.)

La langue de buis,
Comme la langue de veau,
Langue des dévots,
***
C’est la langue sibylline,
La novlangue des bigots.

(tanka) BM

On se mord la verte,
Vivante à la vinaigrette,
Chargée dans la poche.
***
On donne l’ancienne au chat,
La maternelle pâteuse.

(tanka et filigrane) BM

Samedi 14 Perte des Eaux Sacrées

A gris, E blanc, I vert, U carmin, eaux sacrées,
Je dirai, dès demain, la perte et le chagrin
À Pauline Réage, aux lettres massacrées
Telles ce disparu, ce triste pérégrin.
***
Eux perdus, verbe seul, que plus rien n’agglutine,
L’alphabet recensant s’en sent sans sang, sans sens
L’idéal cercle meurt et réduit Lamartine
Et mille autres en cure à Thairé (aussi Lens).
***
Uvée, cycle divin, la marquise, à cinq heures
T’avait mis à sécher aux branches des taureaux
Car ses aulx en chemise attendaient les levreaux.
***
Haut drapeau aux crapauds au château d’eau de Meures
Demeure en finlandais, en swazi, en kuku.
Que Queneau t’a aimé. Rimbaud t’a survécu !

(sonnet lipogrammatique en [O], d’Alexandre C.)

Par dépit Rose rugit
Éjectant pied-tendre
Casse-pieds
Crâne quidam roux sexy
Mais décadent porc
Fier de ses haillons

(codage sympathique par Noël Bernard : deux mots successifs ont en commun une lettre ; la suite de ces lettres écrit « Perte des Eaux Sacrées » ; les mots composés traitent par une 2-sympathie exceptionnelle le cas des lettres sandwich e-d-e et e-s-e)

Perte des Eaux Sacrées :
L’Égypte est sur le gril,
Déesse aux dents nacrées
Qui assèche le Nil.
***
La fin de la ressource,
C’est pire qu’un virus.
On a tué la source,
Et c’est la mort d’Horus.

(fontanet) BM

Dimanche 15 St Amour d’Été … on a les preuves


(carré lescurien, par Noël Bernard)

Alésia. La mémoire d’un amour d’été dru – Ô Manu de Rio – me malaise, là.
(palindrome par Alexandre C.)
—–
Saint amour d’été
Hier, avec toi, à Nice
Et demain à Tours.

(haïkunagramme par Alexandre C.)
—–
Et demain à Tours
T’oubliant, j’ouvrirai un
Saint Amour d’été.

(haïku normal… par Alexandre C.)

Du Saint-Amour l’été ?
Qu’importent les raisons
Car mon ébriété
Se fiche des saisons.

(quatrain à boire par ALP, dimanche soir, verre en main gauche, la droite pour écrire)

Je flippe et bêtifie, quel vieux dingue très moche,
Le cœur, bijou gâché qui devient soucieux, frappe.
Quand j’ai fâché la pauvre absente indignement,
J’étais cinq fois benêt, homme privé de flegme,
Quand j’ai fauché les bagues aux doigts de ma vamp.

(belle absente en [AMOUR])
—–
Sans corps, un sergent
Va tout léger, sang fouetté,
D’accord sur l’enfer.

(séquence vocalique en [A O U E E])
—–
Là où un névé
Tabou dresse sa prouesse,
Alors tu es zen.

(séquence vocalique en [A O U E E] pour l’anniversaire d’une amoureuse de la Haute-Savoie) BM

Lundi 16 Ste Moumousse tiède

Moumousse tiède
Donne faim. Hélas, plus une
Miette d’houmous !

(ha/ïku-ca/illou, haïku-caillou avec diérèses, par Alexandre C.)

La moumousse tiède ?
Tu me saoûles, Ô, demi !
Sommeil. Doutes. Eau.
(3 vers anagrammes, par Alexandre C.)

Édite diète :
« Semeuse ossue, émoussée ?
– Tiède déité ! »

(quadruple anagramme, vers central sur moumousse, par Noël Bernard)

Carlsberg ™ très fadasse,
Krombacher ™ blanche chambrée,
Stout insignifiante,
***
Trois dégustations funestes
Fatiguèrent trois poivrots.

(3-bambochade stricte) BM

Mardi 17 St Gratin de Sardines

Faites ça vite ! Faim déjà, rien à dire, j’aime l’aliment marin, l’éclat mixte : jardin-mer. Clair, le frais me ravit les papilles : radis, merlan, fin flétan, riste, ail, vert maigre.
Mais je t’afflige… Tant pis, bec à frites, hachis et graisse.

(alternance vocalique par AnnIE)

Dîne Sarde, teint gras,
Dur, en bas. Faim se fait ris :
Irait feu saint, bâfrant du
Gratin de sardines !

(pilindrome, par Noël Bernard : les vers 1 et 3 forment un pilindrome ; de même pour les vers 2 et 3.
Exemple :
Du/r, en/bas. F/aim/s/e/f/ait/r/is :
I/r/ait/f/eu/s/aint,/bâf/rant/du)

Dinard. Deux saints grattent
Ces fonds de plats de foncés
Gratins de sardines.

(vers 1 et 3 en pilindrome, vers 2 en palindrome syllabique donc en pilindrome, et hapax central, par Alexandre C.)

Entrouvrez la boîte
Des petits poissons.
Si l’huile miroite
Mettez en cuisson.
***
Couvrez de gruyère,
Laissez gratiner.
Ajoutez la bière,
Mais sans lésiner.

(sélénet) BM

Mercredi 18 St Bourricot

Au restaurant :

– J’ai une faim de loup. Que me conseillez-vous ?
– Un loup ?
– Ah non !
– de l’ânon ?
– Quoi ?
– De l’aiglefin, quoi !
– De l’aigle fin ?
– Oui. Du bourricot.
– Toi-même !

(fable express par Alexandre C. L’aiglefin est parfois appelé ânon ou bourricot dans certaines régions)

qui à saint Martin
accourt au bouquin
à saint Bourricot
nourrit l’asticot

(dicton rural) par Annie

On a beaucoup ri
Poursuivant ce pauvre idiot
– Ânon ! – Bourricot !

(haïku-caillou, par Noël Bernard)

Un vieux bourricot
Sent la mort qui le jugule,
Et dit à sa mule :
***
C’est la fin des haricots,
Ne crois pas que je simule.

(tanka de malheur) BM

Jeudi 19 Stes Olivettes meurtries

(damnet avec en acrostiche une échelle descendante, par Noël Bernard)
Vocabulaire : meurté, en ancien français = maturité

Olivette meurtrie,
Ce poète sans slip,
Plissant cette peau, ce
Rimeur, te vêt au lit.

(pilindrome par Alexandre C.)

Saintes Olivettes
Au petit format,
Dans les éprouvettes
De l’anonymat
***
On vous a pressées
Pour vous exprimer,
Et puis caressées
Pour vous animer.

(sélénet) BM

Pour faire une sauce,
Le martyre des tomates,
Ce mal nécessaire,
***
Va conduire au paradis
Les légumes du soleil.

(tanka) BM

Vendredi 20 Sts Dendron, Philo et Rhodo

Dendron se prosterne
Philo se retient
repère tel lierne
délit d’entretien
***
Rhodo en détresse
le roi des poltrons
de se tirer presse
les trois polissons

(du danger de prier dans une église détériorée, en sélénet, par Annie)
—–
esprit en détresse
‒ désintérêt presse
tressé de repentis
est éprise d’Ernest

(anagramme de rien, par Annie) et le tout en beau présent.

Philodendron :
           – Rondin d’eau rôde !
Rhododendron :
           – Rondin d’eau file !

(pilindrome par Alexandre C.)

chimiste aux yeux couleur de rhodo
fait naître en l’éprouvette le dendron
super bénefs aucun besoin de philo
***
vivre n’est rien telle est sa philo
nul fjord nul névé nul champ de rhodo
ne surpassent la synthèse du dendron
***
ô macromonomère ô dendron
votre culte est mon art et ma philo
crie en tremblant le chimiste aux yeux rhodo

(terine sur un rythme 9-10-11, par Noël Bernard)

Président, il trône,
L’histoire le désespère,
Son soleil s’étiole,
***
Et les prolos oppressés,
Les prisonniers, se hérissent.

—–
Les lettres d’Élise,
De Delphine et de Rosine,
T’ont désespéré.
***
Cette triplette d’idiotes
Terrorise tes tendresses.

(deux tanka en beau présent) BM

Sts Dendron, Philo et Rhodo,
Indolents, sont des doryphores.
Auront défié, danse indolore,
Rodéo sans fin, ronde idole.

 (quatrain de contrepèteries) BM

Samedi 21  Beignets d’acacia


(isocélisme et SOG – sonnet oulipien généralisé, par Noël Bernard)
voir http://gef.free.fr/oulipo39.html#date080322

La bille enfarinée, au torrent, sous les roches,
L’acacia se baignait, heureux. Passez, muscade !
Le sel lui rappelait qu’une mer d’huile est proche.
Il était à croquer. Attention aux échardes !

(fable express par Alexandre C.)

Pour de bonnes bugnes,
Prenez des fleurs juste ouvertes,
Enrobez de son.
***
Déposez sur une poêle,
Et dégustez-les gonflées.

(tanka et lipogramme en [ACACIA]) BM

Dimanche 22 Ovation des Barricades, Ste Ola

prince veuf détala
au tombeau pantela
reine au front rutila
fée au soir pétula
soupira sainte ola

(el babebinado, par Noël Bernard)

La note d’Hoz ravit l’éléphant las
Qui ne barrit qu’à Dov, à Sion, au la.

(homophonie : « Qui ne barricade-ovation-ola » par Alexandre C.)

Remplis tes barriques
De la terre des tombeaux,
Et barre les rues !
***
Balance au roi des pavés,
Et défends tes libertés !

(tanka) BM
—–
Chocolat mollasse,
Gorgonzola violacé,
Dollar volatil,
Collation : chipolatas ?
L’ayatollah s’affola !

(tanka en colallier) BM
—–
Polar mollasson,
Volapük écholalique,
Volailles folâtres,
***
Rigolade inconsolable :
Coppola dégringola.

(tanka en colallier) BM

Lundi 23 Huile Bouillante

H U I L E B O U I L L A N T E
Heureux qui plie le bigot humiliant. Il va m’entendre.
(primitive, par Annie)

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BOUSILLÉ FUSIBLE ?
OUTILLÉ : TROUILLE INUTILE !
ACCUEILLEZ TRANQUILLE
RUTILANCE INDUSTRIELLE
Sourcille : Magouille ! Arsouilles !
(titre + tanka dont chaque mot contient dans l’ordre U I L E, par Noël Bernard)

Dans l’huile bouillante de Leclerc à Fontaine,
Elle sala beignet tout ténu.

(fable express et homophonique d’Alexandre C., en souvenir de Brassens)
***
Huile bouillante, hâte-
toi d’y plonger les patates.
Ta tambouille luit.

(pilindrome par Alexandre C.)

La lune là-haut
A lui, lointaine et bénie,
Inhabituelle,

***
Et la belle étoile bleue,
Entêtante, lente, bâille.
—–
Au loin, entêtée,
À la belle étoile, en août,
La hulotte hulule.

***
A-t-elle oublié la lune ?
Attention ! Elle a bon œil !

(deux tankas en beau présent)
—–

L’olive est spartiate.
Un grec à la diète
(Qui n’est pas chiite)
Poêle sa lépiote
À l’huile bouillante.
Sa grecque le zyeute
Dans sa jolie hutte.

(babebine) BM

Mardi 24 St Vendredi Crusoë

Vendre dix crus aux
épices de fauves, à
la robe insondable.


(haïku isocèle contenant homophoniquement « Vendredi », « Crusoé », « Defoe » et « Robinson », par Alexandre C.)

Ô vénéneuse dérision.
Code inconnu ne se devine :
« Vice donne rêve, sens non ».
Un cœur vide couve Ninon,
Reine du service en cuisine.
Son ord souci : surir vision !

(beau spectre par Noël Bernard : à chaque vers, toutes les lettres de « Vendredi Crusoë » et absence à tour de rôle d’une des lettres de « Crusoë »)

Vendredi le nègre
Crusoë le maître
le couple est parfait.
***
─ Comment ça parfait ?
─ Il faut que tout nègre
le soit de son maître,
***
comme il faut qu’un maître
conquérant parfait
soit l’ami du nègre.

(terine, par Annie)

J’avais cru Zoé,
Lundi, mardi, mercredi,
Jeudi, vendredi.
***
Naufragé le samedi,
Le dimanche au paradis.

(tanka) BM

Mercredi 25 Sts Catalogues Trois Suisses et Redoute

« Toujours deux soldats ! »,
L’étroit suisse la redoute.
(La cata : l’eau glaiseuse.)

(haïku contenant homophoniquement : « jour de soldes » ; « Les trois Suisses » ;  » La Redoute » et « catalogue » par Alexandre C.)

Au vieil homme tremblant, de l’heure qu’on redoute,
Les trois suisses en noir frac signifièrent date.
Il bégaye, confus, souffrez qu’honore dette :
Commande au catalogue. Échéance redite
Par lettre de rappel. Ah ! Qu’un mystère dote
Mon fric tel du pétrole un roi sur terres d’Ute !
Quand tout sera réglé, bonjour compère Dante.

(babebine riche, par Noël Bernard)

Catalogues
Pour tout acheter,
Commande à distance et crédit.
La Redoute et les Trois Suisses sont mes préférés.
***
J’ai choisi.
Je vais acheter
Le catalogue tout entier
***
Des Trois Suisses,
Pour mieux achever
***
La Redoute.

(bigollo du consommateur) BM

Jeudi 26 St Émilion bouchonné

dans les bras familiers frémit le nouveau né
du sein qui s’offre et pèse il accueille le bout
et s’abandonne heureux contre le havre chaud

le printemps de parfums émaille le vent chaud
sicle du passereau l’oisillon juste né
de vie un élan doux frôle le petit bout

dans le faitout murmure une soupe qui bout
du refrain de maman le chant résonne chaud
tout recru de bonheur s’endort le nouveau né

(terine sur bout-chaud-né, par Noël Bernard)

Ici, son Toni
choisit l’ânon-biou en nem.
Ah le bon menu !
***
Saint-Émilion bouchonné ?
Ni oui ni non ! Bolets ? Mâche ?

(les vers 1 et 3 cumulés forment une anagramme de chacun des vers 2, 4 et 5, par Alexandre C.)

Jeune la couleur rubis domine. Plus mûr, chatoient des moires plus sombres, rousses. Au fil de l’évolution du vin, seront vues des nuances ainsi que murs, toitures. Enfin plus mûrs encore, leurs robes se colorent de brun.
***
Chaque mot contient exactement 1 lettre qui lui interdit d’être un beau présent de « St Émilion bouchonné ».
L’ensemble est une réécriture de :
« Jeune la couleur rubis prédomine. Plus tard, les reflets grenade et pourpres apparaissent. Au fil de l’évolution du vin, ils laissent place à des nuances tuilées, orangées. Enfin, les vins plus vieux se colorent de brun. »
Les couleurs des vins de Saint Emilion sur https://vins-saint-emilion.com
(Réécriture par Annie)

Bouteilles suspectes,
Nectars défunts, impuissants,
Merlots fatigués,
***
Cabernets morts, fastidieux :
Picrates très décevants.

(3-bambochade stricte) BM

Vendredi 27 Ste Cravate à rayures

les yeux au levant
on croyait juste rêver
des pays célestes
***
mais il vint un magicien
qui dévoila nos vrais noms

(1-sympathie stricte par Noël Bernard )

Ail, ris, œufs, gruyère,
Tache sur ma cravate à
Rayures. Grisaille.

(pilindrome entre vers 1 et 3, par Alexandre C.)

Faxez à Blanquer :
« Shopping, cravate à rayures. »
J’aurai mon week-end.
(pangramme de 53 lettres) BM

Samedi 28 Ste Frida Oumpapah

Frida Oumpapah.
Raconte encor ce jamais
Fade amour, papy !

(haïkũntrepet par Alexandre C.)

Pair dira : Au fou !
Para haïra homo.
Ami mourra, froid.

***
Où irai, moi, paria ?
Ô faim d’air impur
.
(beau présent, par Noël Bernard)

Poufiasse frustrée,
Frida parada, stressée,
Métamorphosée :
***
Dame Oumpapah s’attifa,
Et sa prothèse amusa.
(tanka en beau présent) BM

Dimanche 29 St Détecteur

Détecteur de lettres
muettes détecte un peu
plus qu’une : c’est deux.
***
Creuser le sujet, meubler
le truc. Le temps me tue. Chut.
(tanka, voyelles U E, par Annie)

Tuteur te détecte,
Décrète, écrête, récure,
De terreur te tue.
***
Rue, éructe, et du cutter
Étête cru ce duce.

(tanka en beau présent par Noël Bernard)

Mes lèvres détectent
Le sel des lèvres de celle
et je me déteste.

(heëkê, par Alexandre C.)

Ô Saint Détecteur,
Détectez vite pour nous
Les métaux précieux,
***
Le mensonge et l’incendie,
Mais surtout la connerie.
(tanka) BM

Lundi 30 Ste Snobinarde

Snob, elle s’embête
noir jeu, bagatelle
ou pari d’argent
bibi à plumettes
indigo et blanc.
Ni amoureux ni
affable voisin
recluse, oh chagrin !
peste du faubourg !
Elle n’a plus d’espoir.

(snob, acrostiche, par Annie)

Faut-il être snob ?
Celle qui m’a questionné
D’une voix charmeuse
N’avait lu ni Proust ni Sade.
J’opinai d’un baiser fou.

(contrainte snob, par Noël Bernard)

Toutes, t’implorons,
Ma sœur, d’enfin rabaisser
Son mari parfait.

Soit :

Sainte Snobinarde,
Bannis et radie son
Nanti sans déboire !
(les 3 vers sont anagrammes – la métrique du deuxième oblige à la prononciation du E pas si muet ainsi que, paraît-il, que ça s’eût jadis fait ! -)

Le snob ? Il s’attend
Ce soir à être joignable ;
Le sot vit caché.
(séquence vocalique[E-O-I-A-E]) BM

Tanka pour la snob :
La bêcheuse va dormir
Sans le snobinard,
***
L’amour est fini, déjà,
Si le snob la répudie.
(tanka en contrainte du snob) BM

Mardi 31 St Tempo boiteux

Tous les morts, partout,
Boiront d’infects thés suiffeux.
Bran vomiront, bleus.

(primitive de « Tempo boiteux boite », par Noël Bernard)

Saint Tempo Boiteux,
Te souviens-tu qu’avant, nous
battions mieux, pote ?

(haïkunagramme – vers 1 et 3 anagrammes, par Alexandre C.)

Un deux trois, un deux,
Un deux trois, un deux deux quatre,
Ma valse est boiteuse.
***
Un deux trois, un deux trois deux,
C’est la Saint Tempo boiteux.

(tanka) BM

JUIN 2022

Mercredi 1 St Mirador

Hôtel Mirador,
Sous les drapeaux et les draps,
Dort l’Amirauté.

(haïkuntrepet, par Alexandre C.)


(lipogramme – deux mètres, et tout nombre impair de vers consécutifs compte (sauf erreur !) un nombre premier de syllabes, par Noël Bernard)

mirador : I A O I A
Climat mondial : l’OR.
Chicago, flics assombris.
Avoir mal, froid à Lwow, Milan, Soria, Ob…
Cinq gars d’Orcival,
sots piafs, rois à poil,
à Roncq, Limassol.
Six garçons lisant
bondissant, mots cinglants, choc.
Dix galopins, blancs, noirs, tard… N’ont-ils pas tort ?
Signal fort, vivant, on dit :
Pablo Picasso.

(un HOG, sauf erreur, par Annie)

St Mirador
Mirador,
Édifice rare,
Le gage de la sûreté,
Le caporal y rêvera de légèreté,
***
Casemate,
La sécurité,
Le refuge de la police,
***
Loge dure,
Cabanon usé,
***
Mirador.

(bigollo en okapi) BM

Jeudi 2 St Discobole À St Discobole donne ton obole

Ado, béa Io :
Ô l’ont ! Ô bend * obéi !
Io : benêt, ô bé *!


Exégèse :

Jeune, belle, elle aimait, génisse devenue.
Zeus près d’elle, en taureau, sa guitare maniait.
Sot, fit la vache au dieu qu’elle aimait mieux en nue,
Qu’au moins ton doux baiser ne soit pas le dernier.
(double dérivée de « Saint / Dis/co/bo/le : À/ Saint/ Dis/co/bo/le/ don/ne/ ton/ o/bo/le » : de chaque syllabe est prélevée une lettre, par Noël Bernard)
* bend : une technique du jeu de guitare
* bé : mot picard pour baiser

Son élève se plaint souvent
Car ce potier ne lui commande
Que des plats plats comme limande :
– Un vase est plus enthousiasmant !
***
Mais le maître en a ras-le-bol :
– Tu n’es pas prêt, jeune imbécile,
Creuser la terre est difficile !
 Il y a loin du disque au bol !

(Fable express, par Alexandre C.)

Là, ces discoboles
Rouillés, gris, boucle d’or au
Lobe oxydé, sale.

(vers 1 et 3 en palindrome sonore, par Alexandre C.)

Avez-vous déjà vu bouffer un cannibale ?
Sans pitié, même si son adversaire bêle,
Il l’engame, il l’avale, il digère et jubile.
Sachez aussi qu’il a mangé un discobole !
Il l’a broyé sans peine avec sa mandibule,
Assaisonnant le disque avec de la ciboule.
(babebine olympique) BM

Vendredi 3 Inauguration du scanner

Impuissance de la médecine achéenne
———————————–
Saoule, traite ou scanne
les victimes d’Apollon.
Sous le trait, tous canent.

(haïkulorime, par Alexandre C.)



(haïkunagramme isocèle et pas super gai, par Alexandre C.)

(haïkûlorime)

Sans Anne céans
carcasse écrasée n’a sens
Sans ses caresses
narre ce crâne encrassé
carcan encaserné, sec.

(beau présent, tanka chahuté, presque prisonnier, par Annie)

vous serez scannés
on verra vos mains vos cœurs
vos œuvres vos rêves
on cernera vos amours
sans aucun écran
où vous irez nous serons
nus serez à nous

(architog du prisonnier, par Noël Bernard)

L’hôpital
A tout parcouru.
On m’a vu du talon aux mains,
On a vu sous mon thorax mon nombril trop poilu,
Qu’a-t-on vu dans mon bassin ? Un côlon plutôt malsain, tout pourri, jusqu’au sacrum
***
Dans mon scan,
On a vu mon sang,
On a parcouru mon pharynx,
On a vu la malformation dans mon poumon droit.
***
Dans mon scan,
Ils n’ont pas tout vu :
Ils n’ont pas vu mon opinion.
***
L’hôpital
N’a pas vu mon Moi,
***
Dans son scan.

(bigollo et lipogramme en [E]) BM

Samedi 4 Ste Monica de l’A.D.N

Ah ! Qui nomm’ra l’es-
-Poir déçu par ce POTUS ?
C’est l’art, Monica !

(Vers 1 et 3 en palindrome sonore)

Tyran déchaîné
Régnant dans Ankara, quand
Finiras, vandale ?
Écrivaines condamnées
Croupissant, fondant,
Journalistes décanant…
Pourtant, bandit, parlent.

(dans cet architog de Noël Bernard, les mots contiennent alternativement A,D,N et A,R,N)

Sainte Monica,
Ô Stagiaire clintonienne,
Nous prions pour vous,
***
Et pour votre président,
Dont l’A.D.N. est sacré.

(tanka) BM

Dimanche 5 St Chichi Premier, comique troupier

Chichi ? Hit d’ici !
Biffin zinzin, incivil :
D’instinct civil rit.
***
Dring ! Fini clip, fini kif.
Fric pris, dit « Tchin tchin ! », gris, vil.

(monovocalisme en I par Noël Bernard)

Comique troupière
Amusant les survivants,
Pourquoi ce métier ?

(haïkunagramme par Alexandre C.)

Saint Chichi Premier,
Au lieu d’aller à la guerre,
Préfère prier.

Chichi le comique,
Quand le caporal l’engueule,
Rentre dans sa coque.

Le premier troupier
S’orne de plus de képis
Qu’un guerrier Tupi.

(marsupiailkus) BM

Lundi 6 St Maillon manquant

Criminel ? – Nenni,
Pleurniche maillon manquant,
Voyant catastrophe.
***
Arbre générationnel
Émit sataniques fleurs.

(3-sympathie stricte par Noël Bernard)

Salut mon ami,
Le ciel tout noir, menaçant,
Quelque part s’endort.


(primitive) BM

Mardi 7 St CAC 40

Éris sera, Etna rauque a eu quarante Arès, sire.
(palindrome par Annie)

CACardent les traders autour du café noir.
CACtus pour seul décor du derrick qui les hante.
CACochymes servants du niveau de la rente,
CAChez, cachez ce sang que je ne saurais voir.
***
CACiques, allongés dans la brise du soir,
CAChaço boivent sec sous la fleur chatoyante,
CACahuètes au bec dans les senteurs de menthe,
CACheton dispensant aux valets du manoir.
***
CACatois claque au mat de leur fringant navire,
CACaille débarquant de pays qui chavirent,
CAChots pleins d’hommes francs, pour cela torturés.
***
CAChoterie est reine aux salons d’où l’on chasse
CACatoès, aras, répéteurs abhorrés.
CAChemire au revers, scellent contrat sans trace.
(Sonnet allitératif, de Noël Bernard)

Chaussé du quarante,
À la Bourse il est trader,
Satan dur aux chèques.
(haïku-caillou) BM

Mercredi 8 Ravalement

Deux faces d’une même pièce,
Qui, la cigale ou la fourmi ?
Le fol or blanc dansa sans cesse,
Aux grandes marées, s’enhardit.
Il ignore que moins de liesse
rendrait son logis plus joli.


Soit :

Le sac à sel, à vare, rava.
L’avare ravale sa case.


vare : période des marées (en breton)
Soit plusieurs lectures suivant le sens et le sens que l’on voudra de l’image ci-dessous jointe :

(ambigramme, ou lecture tournante, par Alexandre C.)

Ravages du temps
Raviver et ravauder
Ravaler la face

(haïku de Jacqueline Morel)

Danse, dame chaste,
Haletante, ravagée.
T’enragea, nageante,
L’âpre apparence écarlate
Dedans jatte plate :
Jehan, crâne ensanglanté.
Hélas, sacre amer.

(architog dans lequel les voyelles de chaque mot sont des A et E en nombre égal, par Noël Bernard)

Éternellement,
La mère a l’âme en alarme,
Et mal à la tête.
***
Le mâle l’a malmenée.
Elle ravale la larme.

(tanka en beau présent) BM

Jeudi 9 Sts Chalumeau & Dromaludaire, frères du désert

Chat lut mots
Chat mulot
Mal eut chaud
Mot chalut
Lu, chameau
L’âme eut chaud
Chaume, alu
Chalumeau




Je peux souffler des bulles de savon
Humer ou aspirer une boisson
Je suis de la cornemuse un tuyau
Ma musique rassemblait les troupeaux
Pour la chasse on m’appelle aussi gluau
Lors je peux prendre les petits oiseaux
Et pour finir je peux souffler le chaud
Ne cherchez pas : je suis un chalumeau

(énigmes par AZ)


(sonnet isocèle avec acrostiche diagonal, par Noël Bernard)

le dromaludaire
et le chalumeau
(c’est un demi- frère
et pas un jumeau)
***
ne ressemblent guère
au loup, à l’agneau
qui se font la guerre
et boivent de l’eau

(sélénet, par Annie)

Dans la froide nuit,
L’embarcation s’approchait
D’un grand banc de sable.

D’où :

– Lumez le chalut !
  Rallumez le chalumeau !
  Ramez le chameau !

Chameau : (Marine) Grand ponton qu’on emploie surtout en Hollande et qui sert à soulever un bâtiment pour le faire passer sur de petits fonds.
Ramer : Soutenir avec des rames (bon d’accord, les rames en question sont normalement des petits branchages et les choses ramées sont davantage des plants de haricots plutôt que des pontons. Mais bon !)
(deux haïkus par Alexandre C.)


(haïku bossu d’Alexandre C.)

Lulu dromadaire
Et son cousin le chameau
Vont de dune en dune.
***
Qui les a canonisés,
Ces quadrupèdes bossus ?

(tanka) BM

Vendredi 10 Sts Lulu, Jojo et Dédé, la Triplette gagnante

Lulu a vu sous les jets d’eau
Jojo qui seul, buvait du lait
Dédé s’est pris pour un julot
Lolo s’en vient, par la Judée
Gégé, souvent, prie pour Ludo
Dudu n’est prêt qu’à cageoler
Lélé s’entraîne au vieux judo
Juju sait où trouver des lots
Dodo s’en va chercher les jus

(jeu phonétique par Alexandre C.)
Les deux dernières syllabes de chaque vers sont complémentaires de la première :
Exemple : D-É-dé s’est pris pour un J-U-L-O


(sélénet où dans chaque mot une voyelle et une consonne ont deux occurrences au moins, par Noël Bernard)

Lulu, Jojo ou Dédé,
De Loué, Dole ou Tolède,
Lutte, jeu, ou le duel ?
Lulu doute de Jojo,
Dédé jette le doudou
Et le jouet du toutou,
L’élu du dodu Jojo,
Le toutou olé-olé,
Et Jojo tue le Dédé.
Lulu élude le dé
De Dédé et joue le jeu,
Et le duel tue le jeu.

(beau présent en [Lulu, Jojo et Dédé]) BM

Samedi 11 Vision de Ste Hérésie faux contrepet

Sainte Hérésie
Eh, si Térésa nie !

(anagramme par Annie)
(la Teresa de Cellini bien sûr)
Et Cythère aise Annie !
(addition autobiographique d’Annie !)
Éther est zizanie
(addition d’Annie, contrepet honnête et néanmoins frauduleux : si–>zi )

Ces faucons treppaient,
La Mort rôdait au château,
Ses faux contre épées.
***
L’épais contrefort céda
Lassé d’efforts contre paix.

(Alexandre C.)

Le prêtre insoumis,
Amalgamant l’or des fous,
Trouve fer et soufre.
Mais nom de Dieu que ça gratte :
***
« L’hérésie mêle pyrite »

(tanka express par Noël Bernard)
[ L’or des fous : surnom de la pyrite ]

11 juin – Vision de Ste Hérésie faux contrepet

Un faux contrepet,
Vision de Ste Hérésie ?
Restons circonspect.
***
Hésiter ? Virons indices,
Et dévions certains zizis.

(tanka et contrepèterie) BM

—–

Un faux contrepet ?
Visionnaire, l’hérétique
Contrefait un pot.

(haïku-caillou) BM

Dimanche 12 St Béton À la St Béton, laisse béton

Oh, baisse le ton,
Sans ça, sens ça : sang ! sasse Hans.
-Ho ! Laisse béton.

(haikunagramme par Noël Bernard)

– Tu viens voter ?
——————
– Ah ! Laisse béton !
  Elle ne sera pas élue !
– Est-ce bête ? On l’a !
(pilindrome,par Alexandre C.)


(Petite Morale élémentaire portative) BM

Lundi 13 Ste Lanterne

Cent poissons-lanternes
Charrient sur le Léman du
Sent-bon d’Helvétie

(haïkulorime d’Alexandre C. qui prend des vessies pour des lanternes et des poissons pour des bondels).
Le bondel, ou la bondelle, est un poisson de fond de lac de la famille des salmonidés. Dans le lac de Neuchâtel, notamment…

Elle rentre, lente,
Tête tannée, altérée.
Le rata. La natte.
***
La télé narre, atterrante.
Attente terne, éternelle.

(tanka en beau présent, par Noël Bernard)

Nerval avait la comprenoire
Noire
Commença par être un fêtard,
Tard,
Osant des poèmes célestes,
Lestes.
On dit que parfois il blaguait,
Gai,
Mais il était souvent livide,
Vide.
Gérard, fils d’un prince aquitain,
Teint,
Fut amoureux d’une sirène
Reine,
Voulut traverser l’Achéron,
Rond.
Ce fou de l’Italie, austère
Terre
Se disait ténébreux. La nuit
Nuit,
Et Rue de la Vieille-Lanterne,
Terne,
Il s’est pendu, crève-la-faim.
Fin.

(échos à La Blanche Aminte de Victor Hugo) BM
Voir par exemple ici.

Mardi 14 St Nectaire, fermier

Sors du frigo le
Saint-Nectaire fermier
Si nectar fermé.

(havïonku par Alexandre C. – chaque mot du vers 3 est inclus dans l’ordre dans le mot correspondant au vers 2)

Saint Nectaire, fermier
traça féministe. En rire.

(anagramme par Annie)

nain sectaire mais fier
(2 contrepets de salon par Annie)

Pais,
Veau.
Fini
Ton enfer :
Ce taureau vient pour
Enfermer par milliers les tueurs.

(Fib, primitive de « Saint Nectaire fermier » par Noël Bernard)

14 juin – St Nectaire fermier

St Nectaire fermier
Restera cet infirme
Sacrément terrifié.

(tercet isocèle d’anagrammes) BM

Moralité :
fromage qui pue du bec
(de corbeau)
ou qui tombe dans la gueule
(de renard) ?
le plus peureux des deux
n’est pas celui qu’on croâ.

Mercredi 15 Ste Bouillasse

L’alise s’oublie,
bals sous l’albe souillé où
bissa le bois saul.


LALISESOUB
LIEBALSSOU
SLALBESOUI
LLEOUBISSA
LEBOISSAUL

(haïkulcérations de BOUILLASSE, par Alexandre C.

Oiseaux agoniques,
Dionysiaques violateurs,
Fouaillez ! Autopsiez !
***
Orgiaques immolateurs,
Assouvissez ossuaires !

(chaque mot contient A,E,I,O,U – tanka par Noël Bernard)

Tu l’as sabotée,
Ta bouillabaisse à l’oseille,
Elle est si salée !
***
Ta bouillasse, elle a bouilli !
La bêtise t’abolit.
(tanka en beau présent) BM

Jeudi 16 Sts Sérosse, Otto et Rhino

Des optocéros
Envahissent la terrasse
Comme des virus.
***
Sur le front de Jean, se dresse
Un seul œil et son iris.

(tanka-babebine, résumé d’Optocéros d’E. Papounesco, par Alexandre C.)

Banjo ou saxo.
Où donc coulait ton Congo,
Négro orphelin ?
Washington ou Chicago
Courbe encor ton dos.

(collier architog par Noël Bernard)

Sinistre rentier,
Tes héritiers t’honorèrent,
Toi et tes trésors.
***
Tes rentes sont essorées,
Tes intérêts enterrés.

(tanka en beau présent) BM

Vendredi 17 Ste Trampoline

Je quitte le sol
Je m’envole dans les airs
J’aperçois, de mon nuage, les toits du village
En cet instant suspendu, tout le monde se fixe
Puis, doucement, je perds un peu d’altitude
Comme une pomme, je tombe
Rebondis
Moins haut, cette fois
Ma course au ciel est freinée
Par la pesanteur
Je m’écrase
Un dernier sursaut
Bien trop mou
Et stop.

(HOG rebondissant – le nombre de pieds de chaque vers est premier, la série est aussi première à chaque passage à terre, par Alexandre C.)

Soit! taire ta réclame pour lolympienne ment !
Seraitce trop dur daccomplir nos alliances ?
(primitive, par Annie)

tueurs débectés
comprennent pourquoi souvent
presque mollement
obtempèrent torturés
pleutres stockholmiens

(architog en 4-bambochade par Noël Bernard ; non stricte car je voulais placer stockholmiens, et d’ailleurs trampoline vaut 5 )

Sainte Trampoline,
Me bloquant sur un rebond,
Tétanisa mon péril.
(katautanagramme 5/7/7) BM

Samedi 18 Souvenir de l’Impasse Tragique

Impasse tragique,
Où ai-je garé ma caisse ?
A pinces, j’y traque.

(haïku-caillou par Alexandre C.)

Ils m’emportent.
Blancs plis ceins.
J’entends : « Morte,
Par Sangs Saints
Qu’aveu sorte ! »

(primitive de « Impasse tragique » par Noël Bernard)


(babebine isocèle) BM

Dimanche 19 Destruction des Saintes Urnes

Prie les saintes urnes
D’élire une âme humble et de
renier les puissantes.

(haïkunagramme par Alexandre C.)

Marie, dix-huit heures !
Videz donc les saintes urnes.
Vous êtes l’élue !
***
Ainsi fut faite l’annonce
Par Marc-Ange Gariel.

(tanka-lipogramme 😉 par Alexandre C.)

Bulletin ! Que l’urne
Où je t’ai fourré
Te vaille cavurne.
Sois incinéré.

***
Dépouille mon vote
L’assesseur, comptant
D’une voix dévote.
Et le monde attend.

(sélénet par Noël Bernard)

scions des trucs, des runes saintes
(vandalisme révolutionnaire en 2 contrepets (?) par Annie)


(Petite Morale élémentaire portative) BM

Lundi 20 Ste Note de bas de page

Au bas de page,
D’un mot le sens
Se noie, et sage
Perd les cinq sens.
***
Le cœur en rage,
Se fout du cens.
Se rue et nage
En tous les sens.

(lanet de monosyllabes par Noël Bernard)

Réunion au Ministère

Oui aux caleçons !
Les potes de bas de nage
Sont sortis en slip !

(blague par Alexandre C.)

Note en bas de page ?
Quelle scolie peux-je
afin que tous pigent ?
Envers l’oulipo je
dirai : quelle ope eus-je?

(babebine, par Annie)
(ope = trou où appuyer une poutre)

Chaussette d’écuyer
Socquette de valet
Chausse de larbin
Guêtre de laquais
Collant de menin
—–
Bas de page
(chicago) BM

Ste (1) Note (2) de bas de page (3)

(1) D’où sort cette Sainte ?
Et qui l’a canonisée ?
C’est un vrai mystère.
***
(2) Qu’est-ce qu’une Note ?
Une marque mnémonique ?
Sainte (1) est la musique.
***
(3) Tout en bas des pages
On trouve parfois des notes (2),
Bien numérotées.


(trois haïkus en notes de bas de page) BM

Mardi 21 Chaud-froid

dard du fou dodu
à Douai força Dado
ahuri a fuir
fou rafraîchi, radouci
à Cardiff aida Dado

(tanka en beau-présent par Annie)
Dado à la chapelle Saint Luc à Gisors, fresque du Jugement dernier.

Faisait-il si chaud ?
Il mit de la chaux
Dans sa pâte à choux.
Puis il fit le choix
D’aller sur la croix
En laquelle croit
Tout homme de droit
Qui écrit, en droid,
Et sème le froid.

(doublet de Caroll, par Noël Bernard)
droid : une police de caractères

Le coq Godefroy
Cuisinait sur son réchaud
Un coq mort de froid.
***
Il inventa le chaud-froid,
Le hot-dog et le chien-chaud.

(un petit en-cas) BM
—–
La poularde chaude
Qui dort sur le chaume,
Dieu qu’elle a du charme !
Mais selon la charte,
Sitôt qu’elle chante,
Il faut qu’on la crante,
Qu’on la mette en brante.
Fais un feu de brande,
La cuisine est grande.
Mon estomac gronde.
Tuée à la fronde,
La poularde est froide.

(doublets de Carroll) BM

Mercredi 22 Annonciade de la Ratatouille

Jeudi 23 St Marsupilami

Lie l’os, aussi, la mer :
Vis rêver lune. Ire.
D’orbe vil, égalé ici au mètre,
Marsupilami aima li.
Pus ramer.
Te muai, ciel, à gélive broderie.
Nul revers ivre mal issu à soleil.

(palindrome par Noël Bernard)

Marsupilami,
Des forêts de Palombie
Vint à Miami.
(marsupiailku) BM

Vendredi 24 St Plaid et les six autres

Walt Disney
Chopa vieux Grimm : kif !
Quel job zen !

(architog en pangramme de 38 lettres par Noël Bernard)

Dans un palais
Près de l’oued
Son grand pied
de pensif aède
Sorti du plaid
N’est pas laid

(Alexandre C.)

Prof grincheux, tu dors,
Timide, tu éternues,
Et tes joies sont simples.
***
Mais tu oublies Blanche-Neige ?
Laissons-la se rendormir.

(tanka mnémotechnique) BM

Samedi 25 Ste Selle de Guérande

Ça, laisse aller,
Sa laisse à l’esse, à lé
Sa laie sale. Et
Ça, laid, ça l’est !

(antihog – nombre de vers, longueurs des vers, nombre total de syllabes sont des nombres composés – avec un vague goût salé, par Noël Bernard)

Cette
Selle
Scellée
Est-ce celle
D’Estelle de Celle ?
Est-elle celle de Céleste ?
Elle et Estelle cèlent des secrets éternels
tels les excellents recels de sels de mer et terre et de selles de vers de terre.

(Fimonacci, par Alexandre C.)

L’aisselle d’Anne
exhale ce parfum chaud
Des selles d’âne.
(haïpreskupreskolorime par Alexandre C.)

Selles de Guérande
De contrefaçon s’échangent
Dans de gais recels.

(pilindrome par Alexandre C.)

Sainte Selle de Guérande
Grande lassitude
Grain de sel de la teneuse.
(katautanagramme 7/5/7 et beau présent) BM

L’agneau légendaire
Se déguste au naturel
Attendri au gril,
***
Saignant et entrelardé,
Grésillant et dégraissé.
(tanka en beau présent) BM

Dimanche 26 Dimanche de l’Abonné Absent

Lundi 27 Ste Laisse du Pitbull

Pub plut.
Tutu luit.
Il but.

(architog en beau présent sur « pitbull » par Noël Bernard)

Laisse, du Pitbull,
Les poutres dans l’œil et les
Pailles du Subtil !

(haïkunagramme par Alexandre C.)

Un pitbull se laisse
Prendre par le cou,
Son maître caresse
Le puissant licou.
***
Ce chien est solide,
Quand il a grossi.
Il devient rapide,
Sa morsure aussi.

(solénet) BM

Mardi 28 Ste Bronchite

Nazette et bronchite.
Tes poumons étaient pourries,
Ton chibre était naze.
(pilindrome assez faible car naze et nazette ont une racine commune)

Du noble Quichotte
Furtive comme une chatte
Mauvaise bronchite
Faillit provoquer la chute
Que rien ne rachète

Mais le bon Pansa
Qu’on a tort de dire sot
D’un vin aigre a su
L’empêchant de trépasser
Le remettre assis

Ouf ! Ça revigore
Les grands moulins qui languirent
La belle bagarre
Où les affrontait naguère
La triste figure
(suite d’architogs en babebine, par Noël Bernard)

Sur les forums, avec excès il tchate,
Change bitcoins en virus qu’il rachète
À son insu, attrape une bronchite.
Il s’époumone, et tousse et puis crachote,
Et en deux jours, crève d’une rechute.
(babebine) BM

Mercredi 29 Jour du Sonnet

c’est un jour de fête
le jour du sonnet
tambourins, sonnettes
portez un faux-nez
amusez-vous, faites
les fous, chansonnez

(rimes d’Annie)

Élagage

Au début cela semble un sonnet régulier
des alexandrins, quatre, en rimes embrassées,
la césure ajustée aux phrases compassées
des allées ratissées sous un ciel familier.

Mais au cœur du poète, un insoumis fulmine
« taillez court, semez clair, bravez le parolier !»
À défaut d’un quatrain, un tercet se termine.

Le second s’élabore, autant dire à grand train,
quatre à quatre, trois vers. Il en manque encore un.

Où est-il ? Le voici ! N’a-t-il pas bonne mine ?

(Sonnet insoumis par Annie)

Flânai.
Ouïs, fine,
Sonner
Clarine.

Veau né
Tarine
Lèche et
Câline.

Au pré
Pourpré
D’aurore,

Court vent
Sonore,
Rêvant.

(sonnet de dissyllabes par Noël Bernard)

Le jour du sonnet

Mon voisin vient me voir et entre sans sonner :
« C’est mon jour et le vôtre, le jour du sonnet!
Au travail l’oulipien! » me dit Vincent Sonnet
« C’est le jour, un sommet ! Sonnet sur le sonnet ! »

C’est vrai j’en écrivis dès que fus garçonnet;
Très maladroitement ; mes sonnets dissonaient.
Devenu rigoureux, plus tard en façonnais
De pure orthodoxie. Total de cent sonnets.

Plus ? En tous cas une centaine bien sonnée.
Je connais leurs couleurs. Je l’entends ce son n’est
Que les variantes du chant du sansonnet.

De ce travail finalement ; la leçon n’est
Pas compliquée, pas de quoi longtemps frissonner :
Rien n’est plus triste qu’une journée sans sonnet.
(sonnet de Gérard Le Goff)

Une bérée, du nid, est tombée, ce matin.
Ne trouvait plus chemin. Deux amantes l’avaient
Ramassée, dans leur lit. Elles se demandaient
Où ce beau rouge-gorge enfoui dans les satins


Buvait cette purée préparée de leurs mains,
Le rob de menthe et d’orge en coupe liserée.
Est-elle rassasiée ? Tout un rob, leur bérée ?
Une bérée, du nid, ne trouvait plus chemin.


Ramassée, dans leur lit où ce beau rouge-gorge
Buvait cette purée, le rob de menthe et d’orge,
Est-elle rassasiée ? Une bérée, du nid,


Ramassée, dans leur lit, buvait cette purée.
Est-elle rassasiée ? Ramassée, dans leur lit,
Est-elle rassasiée ? Est-elle rassasiée ?



(Auto-acrostiche d’hémistiches et d’initiales, par Alexandre C.)
(bérée est un synonyme de rouge-gorge familier)

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, onze
Onze ? On rêve, on perd pied. Qui sont les malandrins
Qui nous auraient menti sur les alexandrins?
Aurait-on mal saisi leur jars, leur hérigonze ?

Poursuivons notre compte et n’en oublions plus :
Douze, treize, quatorze, quinze, seize, dix-
Dix ? Mais, mais ??? Au secours, Tous nos vers rétrécissent
Quelle malédiction ? Aurait-on la berlue ?

Penaud, le nez baissé, on recompte nos pieds
Sur un tout dernier vers. Pourvu qu’il soit entier !
-Sept, dix-huit, dix-neuf, vingt, vingt-et-un, vingt-deux, vingt-

Vingt ! Hélas, c’est bien peu ! Trois vers à vingt, j’enrage !
Pour un haïku, c’est trop. Mais les alexandrins
D’un sonnet si réduit produiraient un carnage !!

(sonnet calculateur par Alexandre C.)

Mercredi 29 juin, c’est le Jour du Sonnet.
Poète et jardinier vont dans la roseraie,
Y préparer l’anthologie, loin de l’ivraie,
Cueillir la rime pour l’écrire en un carnet.

Ils couvrent avec soin le joli jardinet
De bon terreau, d’engrais, de fumure et de craie,
Ils fécondent le sol tout au long de la raie,
Et quand ils ont fini, ouvrent le cabernet,

Et vont se reposer à l’ombre de la haie.
Puis le poète au soir, rêve sous la futaie,
Et noircit du papier jusqu’à potron-minet.

Le jardinier, de son côté, que rien n’effraie,
Dédicace à Madame de la Pommeraye
Sa rose, en souvenir de son beau balconnet.
(sonnet monorime) BM

Il s’était cru poète en noircissant sa page.
Il écrivait sa rage. Or le Jour du Sonnet
Il est encore en quête, il sue sous son bonnet.
Il a raté deux vers et sa rime est trop sage.

Il est trop chaviré, il espère une image,
Et, la tête à l’envers, a cru qu’elle venait.
Il veut être admiré. Il sait qu’il déconnait.
Il s’était cru poète, il écrivait sa rage.

Il est encore en quête, il a raté deux vers !
Il est trop chaviré, et la tête à l’envers.
Il veut être admiré. Il s’était cru poète,

Il est encore en quête. Il est trop chaviré,
Il veut être admiré. Il est encore en quête,
Il veut être admiré, il veut être admiré…

(sonnet auto-acrostiche d’hémistiche par vers) BM

Il n’est vraiment pas laid, en son palais l’émir.
Il regarde sa glace, et son vilain vizir
En perpétuel reflet met un miroir en face.
Son être se dédouble, à lui-même s’enlace.

Intarissable rime, à n’en jamais finir,
Il commence à voir trouble, et se demande où fuir.
Il se mire en abîme, et l’image est tenace,
Il n’est vraiment pas laid, il regarde sa glace.

En perpétuel reflet, son être se dédouble,
Intarissable rime, il commence à voir trouble.
Il se mire en abîme, il n’est vraiment pas laid,

En perpétuel reflet, intarissable rime,
Il se mire en abîme, en perpétuel reflet,
Il se mire en abîme : il se mire en abîme.

(sonnet de Rémi Schulz, acromisticheur)

Jeudi 30 Ste Denrée périssable

Denrée périssable.
Malheur à celui qui croque
La brice et perd dents.

(pilindrome par Alexandre)
brice (ou briche) : quignon de pain https://fr.wiktionary.org/wiki/brice

en cette ère
d’experts énervés
éphèbes et belles se cherchent
se rebellent et rejettent les excellents prêches
enchevêtrés entre blêmes denrées éternelles recettes préceptes secs

se révèlent
les rêves secrets
et cède le cercle de fer
les semences déferlent et germe le désert

de tendresse
de lèvres mêlées
s’épèle le serment léger

vent déferle
en ce temps de fête

véhément

(bigollo en monovocalisme inspiré par « denrée » par Noël Bernard)

Faiblit granit,
Décroît rocher,
Mollit galet,
Se meurt caillou,
***
Et périt sable.

(chicago) BM

JUILLET 2022

Vendredi 1 St Sparadrap

Nain, tenant petite selle,
Tâte belle tête :
Jeté du lama au trot
Passa sous sa bête.
***
Le para de sparadraps
Madame sa mère.
Le massa, émue.

(architog aux mots presque palindromes : à 1 lettre superflue près, par Noël Bernard)


(un rap d’Alexandre C.)

Il tient les compresses,
Et se fixe sur tes poils
Bien mieux que du Scotch ®
***
Et si tu veux l’enlever,
Tu t’épiles les mollets.

(tanka isocèle et lipogramme en [A]) BM

Samedi 2 St Insu de mon plein gré

Té, perdant ! Ça va !!
J’ai parlé aux docteur·es
Avant ce départ.
***
Iels auront dopé
À l’insu de ton plein gré,
Ois, ton pédaleur.
(haïkunagramme double, par Alexandre C.)

Igné le pierrier.
L’épine, le pin, le liège.
L’engin peine. Il grippe.
***
Pré en péril… Grenier grille !
Plié, nié, père prie.
(tanka en beau présent sur « plein gré » par Noël Bernard)

Un Satan suant,
S’initiant nu au sauna,
Tâta un instant
***
Un assistant saisissant
Au tutu aussi suintant.
(tanka en beau présent sur [Saint Insu]) BM

Dimanche 3 Dimanche des Révisions Frénétiques

(sonnet auto-acrostiche d’hémistiches, par Alexandre C.)

On rêve nos vies
On inverse nos visions
Soir sonne sévère

(beau présent sur « révisions » par Noël Bernard)

Il a révisé
Sa leçon, or il a dû
Redire la fin.
***
Il a pu se répéter,
Et a su la réciter.

(tanka en okapi) BM

Lundi 4 St Beurre en motte Coulez pour nous

Les meutes en robe
se ruent dans les rayons vers
Les beurres en motte

(haïku-caillou par Alexandre C.)

Si le beurre en motte
Dégouline sous tes pieds,
Il se meurt en botte.

(haïku-caillou) BM

Mardi 5 St Acrostiche


(sonnet hermétiquement clos, par Rémi Schulz)
erev : hébreu « mélange »
chesed : hébreu « clémence »
shem : hébreu « nom », et désignation du Tétragramme imprononçable JHVH, ici Jévé.
Gématrie 4444


(acrostiche d’Alain Zalmanski)
Corycomachie : quatrième espèce de sphéristique grecque

Assez couru.
Restau ouvre, servant tripes.
Ici, canons heureux entonne.

(acronyme aux dissyllabes, par Noël Bernard)

à quoi bon
commander
réprimer
obliger
saigner
tondre
illico
chaque
humain
éteint
(SignéAnnie)


(Alexandre C.)

Discret acrostiche
Souvent reste ostracisé,
Trésor stylistique,
***
Oulipotisme studieux,
Délicatesse subtile.
(tanka en 3-bambochade stricte) BM

Mercredi 6 St Accroche-cœur

Clémentine arrache
Où les poètes accrochent,
En un acrostiche,
***
Un proverbe ignorant sa
Raison mais pas ses raisons.

(tanka, par Alexandre C.)

Attente éternelle.
Avalanche déclenchée :
Inutilité.
***
Sasse stress inextinguible.
Intuition annonce horreur.

(tanka par Noël Bernard ; dans chaque mot une lettre est répétée au moins trois fois)

Saint Accroche-coeur
Décolora sa banane.
Rocker teint se cache.

(haïku-caillou) BM

Jeudi 7 St Manche À la St Manche retrousse tes manches

Retrousser ses manches,
Prendre froid aux avant-bras,
Rentrer se moucher.
(haïku–lithops, par Alexandre C.)

Les lithops sont des plantes dont le nom est tiré des mots grecs λίθος, pierre et ὄψις, apparence, en accord avec leur dénomination commune de plantes-cailloux (https://fr.wikipedia.org/wiki/Lithops). Le haïku-lithops est donc un haïku-presque-caillou (l’équivalent de la contrepèterie Canada Dry).
Dans le mien, un son \s\ a disparu (même si je pense qu’on pourrait le fondre avec l’autre dans ce cas mais c’est un autre débat).
En sacrifiant cette contrainte, on obtient l’amusant :

Retrousser ses manches,
Prendre froid aux avant-bras,
Se moucher du coude.
(haïku normal, et explication par Alexandre C.)

Dans sa colère il remâche
Que l’autre a vendu la mèche
Juste pour sauver sa miche.
Ce mec est vraiment trop moche !
Son nom, déjà ? C’est Trucmuche.
Le bonhomme prend la mouche
Et se mouche dans sa manche.
(babebine) BM

Vendredi 8 Prélude de St Kärcher

joyeux toqué du wagon plombé, fiez-vous au karcher
(pangramme de 41 lettres, uni -consonantique à l’inévitable exception du R, par Annie)

Pour la Saint Kärcher,
Je songe à un haïkago :
Voiture de luxe.

(haïkago = haïku – chicago par Alexandre C.)

Hacker créa krach :
Arracha arrhe cachée.
Cher CAC a erré.
***
Ah crache, réac carré !
Race âcre, rêche, à hacher.

(beau présent sur « Kärcher » par Noël Bernard)

Vous qui préludez
Aux gammes de Saint Kärcher,
Jouez, fiers cow-boys !

(pangramme de 55 lettres) BM

Samedi 9 St Bric

Vois ma collection
De cages d’oiseaux, de cruches,
De bric et de broc.

(Alexandre C.)

La pendaison du sale patron – épisode 1/3

Baie et riz cessaient :
« Bé hier, herse et hie ? »
Bey bée, hérissé.

(récit phonétique sur BRIC avec permutation de Queneau :
BRIC
CBIR
RCIB
BRIC)
(Noël Bernard)

Ça craint ici-bas :
Saint Bric, strict, bannit catins,
Tabac, cannabis,
***
Bars à carabins nantis,
Sabbats sarrasins, crincrins…

(tanka en beau présent [Saint Bric]) BM

Dimanche 10 St Broc

de bric & de broc
ici dorer, décorer
débridée, ici
bricoder ceci :
bercer ce ciboire, boire
broc de bière, crier croc
crococorico

(sauf erreur, hog 4×5+3×7=41, par Annie)

La pendaison du sale patron – épisode 2/3

Bey est rossé
« C’est Bey, ho hère !
Air sais, ô Bey.
Bée ! Héros sait. »

(récit phonétique sur BROC avec permutation de Queneau :
BROC
CBOR
RCOB
BROC)
(Noël Bernard)

Voici mes photos
De sommets alpins, de chines,
De bric et de broc.

(Alexandre C.)

St Broc, le mastoc,
Sur un roc posa son froc
Devenu trop vioc,
***
Abandonna son manioc
Le troquant contre un Médoc.

(tanka) BM

un peu de provoc
avec les mots qui font choc
Bernard est à bloc.

(commentaire de @goofy)

Lundi 11 St Bricabrac

La pendaison du sale patron – épisode 3/3

« Bey, hérissé ? »
Abbé est racé, sait Bey à air et rit, baissé.
« Ah, ah, cessez, bébé haï erre et raira, hersé, hissé. »
« Ah bébé, béèrent béats, as air cessé. Hi hi ! »
Baissé, hersé, Bey erra.
« As haï abbé ? Ers et baie hersés, saie à air y bée assez.
Béer, raire : c’est BA, sais ? »
« Erre, haï bébé. Erre, hissé à baie. Erre assez. »

(récit phonétique sur BRICABRAC avec permutation de Queneau, par Noël Bernard :
BRICABRAC
CBARRIBCA
ACCBBAIRR
RARCICABB
BRBAARCCI
IBCRCBRAA
AIABRCBRC
CARIBACBR
RCBACRAIB
BRICABRAC)

C’est ric-rac mais rentre
Ta barrique à la baraque,
Dans son bric-à-brac.
(Alexandre C.)

J’étudie les peintres
Surtout ceux du bâtiment
Tous, de Bricq à Braque.
(Alexandre C.)

http://francois.bricq.pagesperso-orange.fr/RVM/content/images/large/DSC_0743.jpg
https://uploads8.wikiart.org/images/georges-braque/rooftops-at-ceret-1911.jpg!Large.jpg

Bricabrac, ric-rac,
Dans son bivouac au Larzac,
A vidé son sac.
***
Et son flacon de Listrac
A des relents d’ammoniac.

(tanka) BM

Mardi 12 Ste Truelle

Auguste Truelle,
Tout comme Lucien Coutaud,
peignait au pinceau.

(Alexandre C.)

Elle eut très envie d’
Un magasin où l’on vend
Divans et truelles.
(pilindrome, par Alexandre C.)

Cor a rêvé le lac.
À mots murés l’art sa lune tire, venu d’Annam.
Si la truelle, tel leur talisman,
n’a d’une vérité
nul astral sérum stomacal,
élèvera roc.
(palindrome par Noël Bernard)

Le russe rusé
Lèse les terres têtues,
Teste les serrures,
***
Susurre l’erreur, le leurre.
Reste terreur, et sueur.
(tanka en beau présent) BM

Mercredi 13 Béantification de St Orifice

Béant Orifice,
Tu dis : « Haïku-Caillou ». Tous
T’obéissant, firent.

(haïku-caillou auto-descriptif par Alexandre C.)

fume de colère
l’orifice du canon
avide de mômes
***
il écale la cité
la dépèce la dévore

(tanka okapi par Noël Bernard)

Un cantonnier faisait un trou,
Bel orifice, dans la terre.
Il se sentit le ventre creux.
***
Il s’assit dans ce chemin creux,
Jambes pendantes dans le trou
Béant : c’était son pied-à-terre.
***
Mais il but trop et chut à terre.
Au choc son crâne sonna creux :
Sur lui on reboucha le trou.

(terine) BM

Jeudi 14 La Brique Finale

Spécial double : Ste Truelle & La Brique Finale

tant va la truelle à la brique
qu’à la fin s’use le maçon
comme la mule sous la trique
l’ablette prise au hameçon
***
échafaudage, plomb, truelle
briques rouges de la maison
le roi garnit mon écuelle
de pierre il fait bâtir prison

(sélenet à 8 pieds, donc damnet, par Annie)

le mur qui partage la ville
serpente et ferme les maisons
ne danse plus l’âme servile
et l’amour emplit les prisons
***
servants d’une vision fatale
les soldats truelle à la main
cimentent la brique finale
qui rencoigne le genre humain
(autre damnet, de Noël Bernard)

Ô la brique finale :
Lacan boit de l’alcool
Local, le doigt bancal,
L’âne fit cabriole.
(pilindrome, par Alexandre C.)

La Brique Finale,
Dans le film de Ridley Scott,
Fabrique l’Alien.

(haïkunagramme) BM

Vendredi 15 St Pétard, premier degré

Iel n’en savait rien :
– En ces balcons, qu’est-ce, arpette ?
– Eh, ce sont … euh ! … ces
  Pétards secs qu’on balançait
  Un hiver – Ah ! – sans Nelly.

(tanka pilindrome par Alexandre C. Les premiers et derniers vers étant asymétriques, on passe de l’un à l’autre par des diérèses pilindromiques. Ex : Iel n’ -> Nelly)

Mort au premier jour,
Il n’a connu d’une guerre
Que le maître mot.

(1-bambochade stricte contenant le mot premier, par Noël Bernard)

Ton petit pétard
A fait un pet de travers,
Et ça sent la poudre ?
***
Tu t’es brûlé, mon lapin ?
Ta maman va te guérir.

(tanka) BM

Samedi 16 St Barbecue, deuxième degré

Bougrefoin ! Titillant la braise
Côtelettes papillotes & saucisses
Tantalisent les crocs en faisant
Frétiller leur barbe au cul, ça va chauffer,
Réfugions-nous à l’ombre fraîche
Dans les teintes rosées de la piscine.
(#paspouxnawakdéride par bituur esztreym)

Épouse connut,
Après deuxième semaine,
Caresse des larmes.
(2-bambochade stricte contenant le mot deuxième, par Noël Bernard)


(monorimes en \ju\ appuyées successivement sur FAUCON,par Alexandre C.)

Tes chipolatas
Restées longtemps sur le gril
Sont carbonisées
***
Ton week-end sent la fumée,
Tes amis ont disparu.
(tanka) BM

Dimanche 17 Ste Jeanne du Bûcher, troisième degré

Paris n’entend pas ce murmure
mais détestable tumulte
(suivant les voyelles de sainte jeanne du bûcher, Annie)

Fringants militaires
troisième trimestre ouvrirent
bombardant matrones,
frangines, prêtres, docteurs…
Chagrins restez quiets :
tous cimetières prospèrent.
Mission salvatrice !
(3-bambochade stricte contenant le mot troisième par Noël Bernard)

Twain pose sa plume
Et parle à son héroïne :
– Souillon, plonge et fuis !
SOIT
Jeanne D’arc, hélas,
Crame.
       – Idole ! En l’eau, dit Mark,
         Sale et crade, nage.
(Alexndre C. le deuxième haïku est un palindrome phonémique)

Jadis, à Rouen
C’est Cauchon qui t’a grillée
Sur le Vieux-Marché,
***
Et l’excès de combustible
T’a rendue incomestible.
—–
Jehanne la bonne
Lorraine au bilan carbone
Qui la laisse atone
***
Grille mieux qu’une démone.
Au bûcher, Cauchon ramone.
(deux tankas pour une hagiographie modernisée) BM

Lundi 18 Stes Cloques

Yannick pique-nique.
L’aspic le pique à la nuque.
Si ça cloque, il claque.

(Alexandre C.)

Loques, col usé,
socques clouées éculées,
ossu, sec, cloqué.
Colocs sous l’écluse celés.
Occlus, seul, se soûle.
(architog en beau présent sur « Cloques » par Noël Bernard)

Une belle claque
A brûlé la joue du laid que
Trouble la colique.
***
Il s’en va soigner sa cloque,
Douloureuse et noctiluque.

(tanka en babebine) BM
—–
Il faut qu’on défende
Les saintes cloques de Jeanne :
Selon la légende,
***
On dit qu’une foule en transe
Croit qu’elle a sauvé la France.
—–
Sainte Jeanne, en cloques,
Est toujours belle et vivante.
On dit qu’à l’époque,
***
Une pieuse femme en loques
Brûlait moins bien qu’une amante.
(deux tankas hagiographiques) BM

Mardi 19 Souvenir des Start-Up

martelant ses geigneries
comme un ado en mue,
il réclamait des lits cornes,
on restait perplexetrifié,
car on le voyait venir,
ce pro jetant son tartre
 à grands oups sur la nasse
ionisée de ses dix éruptions.
(
bituur esztreym )

Tu parus, trapu,
sarrau sur tapa : pur art.
Tu passas, star rap.
***
Patatras : para sauta
t’attrapa, tassa, tua.

(tanka en beau présent sur « start-up » par Noël Bernard)

Pars,
pas
à pas
À Arras
tu auras part à
« au pas, au pas, taratata »

(fib en beau présent itou, en souvenir de l’ami Bidasse, par Annie)

Âme au fil ! Start-up !
Misez sur la bulle des
Tartes psammophiles.

(Pilindrome d’Alexandre C. : [\amofil\s\tartep\])

Les Start-up naissantes
Constituaient son programme :
La « start-up nation ! »
***
Qui se souvient de sa flamme
Et de son incarnation ?

(tanka) BM

Mercredi 20 Ste Plinthe du Parquet

Plinthe, parquet ?
Quel meilleur témoin
attestant notre recours audacieux
aux matériaux offerts parés par précaire nature.
***
Comment remercier
générosité ainsi dispensée ?
Parfois seront nos chansons entonnées
disant sans hésitation jamais finissante bonté.
(sympathie stricte d’ordre 3, par Noël Bernard)

Le juge en bois brut
Suite aux plinthes du parquet
M’a fait mettre aux chênes.
(haïku, Alexandre C.)

Plinthes du parquet
Sortent de l’entrepôt et
Partent du plein quai.

(haïku-caillou, par Alexandre C.)

Les vieux raboteurs
De Gustave Caillebotte
Se plaignent en chœur.
***
Le Parquet a ses lenteurs :
Leur plainte tombe à la flotte.
(tanka) BM

Jeudi 21 St Cul-sec

L’usuel éculé
Suce ses cellules
Écluse le sel cul-sec.

(beau présent, par Jacqueline « Jacquadit »)

Cesse
Sec ces
Esses

(haïkusec – de caractères, par Alexandre C.)
Version palindromique et anti-capitaliste de :
Cesse
Sec ces
ESSEC

tout boire cul-sec
boire encore, sans retour
ruine la Sécu.

(médaille, par Annie)

La glaise colle sur ton cul
La sueur irrite ton col
À ton pied s’agrippe le sol
Qu’avec peine entrouvre ton soc
Le ciel pleure et ton cœur est sec
.
(doublet de Caroll de cul à sec, par Noël Bernard )

Un front austère
Deux yeux arides
Trois cœurs cassants
Quatre membres desséchés
***
St Cul-sec

(chicago) BM

Vendredi 22 Ste Molette


(sonnet d’hexasyllabes en double babebine, par Alexandre C.)

Molette a la clé
Elle a serré c’est bâclé
Et tout a giclé !

(haïku de Jacqueline « Jacquadit »)

À Sainte Molette,
Répare l’escarpolette
Et la pétrolette.
***
Allume ta cassolette
Qui sent bon la mimolette.

(tanka) BM

Samedi 23 St Danube bleu

Danube,
onde obstinée
dont souvent une lune sinueuse
danse dessus quelques vagues solitaires.
(sympathie stricte d’ordre 3 par Noël Bernard)

dansent les nus bleus
la beauté te blesse-t-elle?
entends les déesses
***
les absentes désuètes
détenues désabusées

(tanka, beau présent, par Annie)

Danube bleu, chère
Onde embrassant le ciel en
Rude buée blanche.

(haikunagramme, par Alexandre C.)

Saint Danube bleu ?
Au bal tu t’es dessalé,
Abel : tu badines nu !

(katautanagramme et beau présent) BM

Dimanche 24 Apparition de la Fourmi Volante

La fourmi volante
Troua le malon* vif
La mort fine au vol.
(*malon = canard mâle)
(Anagrammes par Jacqueline « Jacquadit »)

La passion peu pâlit.
Amour, rite votif,
plonge dans tiédeur blême.
Accolant frayeur, fols,
tout unir.
Permettre moisson ivre.
Vont soleils,
buccal rayon,
nuit traversée limpide.
(codage sympathique de « Apparition de la fourmi volante » [deux mots successifs ont en commun exactement une lettre : la suite de ces lettres reconstitue (avec une exception nécessaire pour « iti ») le message codé] par Noël Bernard)

la fourmi volante
marie vota LN … flou
motiva LRN ? ô fléau !
(anagramme, sans intention de blasphème, par Annie)

Cette petite fourmi
Est gobée par un poisson
Mais au-dessus déjà sûr
Plane l’ombre d’un grand cerf
Amicalement, Alexandre.

Argh ! Je n’avais lu qu’une partie du papouméride.
Je réessaie :

Cette petite fourmi volante
Est gobée par un poisson volant
Mais au-dessus déjà survole, hante,
Plane l’ombre d’un grand cerf-volant.
(Alexandre C. s’amuse)


L’amie voltigeante,
Fourbe, à mi-vol, hante
La fourmi volante.
(essai autour des fausses rimes riches, par Alexandre C.)

La Fourmi Volante
A vu dans vos tifs un pou.
L’amour fit vos lentes.
(haïku-caillou) BM

Lundi 25 Ste Huile de pépins de raisin

si ton quin sent l’essence,
ton cave a eu un pépin
et mange son raisiné..
***
dis donc, puits sans fin,
dégivre-toi, malade !
(nawak #kakoupériple par bituur esztreym)

ni aria, ni raï
niais sarrasin à Saïs
saisira arsin
(ou « saisira nana », beau présent sur raisin, par Annie)

Ainsi, nais sans as.
Saisiras sarin : air rassis.
Iras assassin.
(beau présent par Noël Bernard)

J’étais hier de l’épopée Pinder & Zinzin
Et jetais en l’air les peaux et pépins de raisin.
(fausses rimes riches, par Alexandre C.)

Du raisin
Au moût du raisin,
Et puis à l’huile de pépins ?
J’aime mieux le bon vin que les antioxydants.
***
Le bon vin
Qui dort dans ma cave,
C’est la mémoire du raisin.
***
Dans ma cave,
Buvons le bon vin,
***
Sans pépin.

(bigollo) BM

Si ton vin sent l’huile,
Ta cave avait des pépins.
Mange tes raisins !
***
Si ton huile sent le vin,
Enivre-toi de salade.
(tanka) BM

Mardi 26 St Niam-Niam anthropophage

Un pou, qui marchait dans la rue
Rencontra chemin faisant – chemin faisant 
Une araignée bon enfant
Elle était toute velue…
***
Elle vendait du verre pilé
Pour s’ach’ter des p’tits souliers

(souvenir des années de carabin de Jacques Ponzio)

ah ! n’hiver serre

c’est le jeu
tous les ans
chante en fa
mange trop
boit son pot

mise au pot
suit le jeu
risque trop
faute aux ans
perd son fa

sourd au fa
comme un pot
noie les ans
dans le jeu
pinte trop

hurle trop
fort le fa
mauvais jeu
bruit de pot
pleur des ans

tous les ans
mange trop
boit son pot
chante en fa
perd le jeu
(Quenine sur ans-trop-pot-fa-jeu, par Noël Bernard)

« Croquant Madeleine,
Il retomba dans l’enfance
De ses souvenirs. »
***
(À la recherche du temps
perdu de l’Anthropophage)

(tanka par Alexandre C.)

Saint Niam-Niam anthropophage
C’est le bon Saint qui protège
De la faim et du vertige.
Quand le ventre est une horloge,
Saint Niam-Niam est le refuge.
Il déverse dans une auge
La pitance que l’on mange,
Que l’on soit blanc, beur ou beige,
Ou qu’on descende du singe,
Avec lui pas de mensonge :
Il bouffe tout ce qui bouge.

(babebine avec un souvenir d’Apollinaire)

Mercredi 27 Adoration des bigoudis

Adoration des bigoudis
Duo d’ados bio si gratiné 
D’arioso au nid de bigots
(anagrammes, par Jacqueline Jacquadit)

Mère en bigoudis
tenait le bébé tout bleu
arcade brisée.
Un infini désarroi,
de ce pauvre sein
qu’il ne téterait jamais,
tirait éploré
la sourde tirade froide
de la nuit tombée.

Et la guerre se hâtait
De quérir vite autres proies.
(chōka métatog, car les 9 premiers vers totalisent 53 syllabes, avec la contrainte d’accumulation agréable, par Noël Bernard)

Le fin bigoudi
Tombé dans la soupe donne
Un bi-goût d’oeuf-riz.

(haïrichfoku – haïku avec fausse rimes riches, par Alexandre C.)

Tous les bigoudis
Où s’enroulent tes cheveux
Sont le piège béni où ces crins soyeux
Tentent mes doigts pour me lier à tes boucles d’or
Et je m’endors et vais rêver que toujours tu seras mon trésor.
(architog panpremier : 5 – 7 – 11 – 13 – 17 = tog de 5 vers et 53 syllabes ) BM

Jeudi 28 Stes Ampoules 60 W

Ampoules de soixante watts
(A propos d’un célèbre tableau) :
Mona a posé : l’extase du twist !

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Foyer chaud ? Job pour Kelvin : 
gaz mieux que soixante watts.

(pangramme de 47 lettres, par Noël Bernard) 

Revoilà ! L’ampoule
Se couche et tourne la tête.
Vois ! La lampe roule.

(haïrichfoku – caillou, par Alexandre C.)

Quand vous les fardez au khôl,
Vos grands yeux bleus, je contrôle
Mal : soixante watts, parole !

(pangramme de 74 lettres) BM

Vendredi 29 Déclaration de la Hernie

Maïs que dis-tu HEIN ?
Lors du tour du RHIN,
Ce gros tour de REIN
Venait l’air de RIEN.
Homme, pourquoi NIER ?
Vient le temps, RENÉ.
Vois!, déclare HENRI,
C’est bien la HERNIE.

(Alexandre C.)

Reine reniée,
Niée, erre. Ne rée ire.
En rire ? Nenni !

(Quatre-san-ku = haïku sur 4 lettres, ici ERNI, par Noël Bernard)

La hernie à l’aine
Annihilera la reine.
Elle ahanera.
***
Elle niera l’hallali,
Narine en l’air, à l’arène.

(tanka en beau présent sur [hernie]) BM

Samedi 30 Ste Colonne de Buren

célèbre colonne
de bon beurre, de boue brune
— ô, elle décolle !
***
cube, cône en nuée bleue
berne le club du bordel

(tanka en beau présent sur « colonne de Buren » par Annie)

Aux portes sous les
Colonne de Buren, laides
Ou pâles, sortaient
Des burnes de colonel.
L’ode est d’une belle conne.

(tankanaphone : vers 1 & 3 anaphones, vers 2, 4 & 5 aussi, par Alexandre C.)



(en acrostiche et télostiche apparaissent deux textes anagrammes l’un de l’autre, sur un sonnet non rimé ; mais si le dernier hémistiche est déplacé en tête du poème, on obtient un sonnet régulier avec acrostiche interne, par Noël Bernard)

Dans toute chanson,
L’espoir en linceul descend,
Battu par l’ennui.

(primitive) BM


(tog de longueurs de mots : 7 mots de 3+5+7+5+3 + 7+7 lettres chacun) BM

Dimanche 31 St Coulibiac, évêque

Art où Coulibiac
Est toujours ce grand évêque
Qui a l’hibou couard.

(pilindrome, par Alexandre C.)

Ils tranchent ton cou :
le libre arbitre a clamsé.
Vit vieux qui bruit peu.

(primitive de « St Coulibiac, évêque » par Noël Bernard)


(primitive de « St Coulibiac, évêque ») BM

AOÛT 2022

Lundi 1 Ste Schizo

Schizo, jeune, âgé,
Faisant des igloos l’été,
Je nageais au ski.

(pilindrome d’Alexandre C.)

Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,
La reine d’Angleterre à la tête bouillie.
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Joue sur l’air des Lampions une cacophonie.
***
Dans la nuit du tombeau, toi qui m’a consolé,
Jouons à chat perché ! Oh ! Ma robe est salie !
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé
Est un lys que je mâche avec de l’ancolie.
***
Suis-je Amour ou Phébus ? Lusignan ou Biron ?
Ou tous en même temps ? d’Angleterre, la reine ?
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène.
***
J’ai perdu et gagné au même marathon
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Mon cri de femme enceinte et mes soupirs de fée.

(pastiche du Desdichado de Nerval, par Alexandre C.)

« Dis-moi, toi mon fils,
nos choix sont-ils incompris,
si droits, si distincts ? »
***
dit, moribond, l’instit honni
dont l’horizon finit si noir.

(bivocalisme par Noël Bernard)

esprit que secoue l’horizon
    zon
sens-tu le socht au chorizo
    zo ?

(primitive, par Annie)
(Le Sotch est un fromage au lait thermisé de brebis du Larzac, à pâte pressée non cuite et à croûte naturelle)

J’ai tout gâché. Pourquoi votre abandon m’affole ?
J’aime que votre grand philosophe bafouille.
J’y suis accoutumé : végan presque blafard,
Vos juges m’ont hypothéqué, fada curable.
Puisqu’un goujat fermant à double tour m’achève,
Je vivrai très caché, dingue, flambé, planqué.

(belle absente) BM

Mardi 2 St Paquetage À la St Paquetage, j’enrage

pète et pègue et pue
tâte et tape et gâte et tague
quête et tète et tue

(beau présent par Noël Bernard)

C’est le paquetage
Qui se fait la malle. En rage,
J’attaque peu l’esse.

(pilindrome d’Alexandre C.)

Jour de paquetage.
La revue c’est emmerdant,
Plus de papotage.
Voilà ce con d’adjudant,
S’il se met en rage
Il t’adresse au commandant :
Huit jours de ménage !

(architog) BM

Mercredi 3 St Michelin priez pour nous

J’étais le bistroquet du 9 rue du Malin
Palace du palais, des mille et un délices
Ma seule étoile est morte au guide Michelin
Adieu au boudin noir et aux queues d’écrevisses
*
Dans la nuit du 23, toi, l’inspecteur Machin
Qui prit le pot-au-feu et l’amère saucisse
J’aurais dû dégonfler tous tes pneus Michelin
Et te faire rôtir dans ta Peugeot 106.
*
On t’aurait bien cherché dans quelque précipice
Sillonné le pays, suivi chaque chemin
Jusques aux plus petits des cartes Michelin.
*
Mais comment te trouver transformé en réglisse
Caché sous les boudins gonflés formant la main
Du, vous le devinez, bonhomme Michelin ?

(un petit sonnet d’Alexandre C.)

Le miel niche en Chine
Ciel émincé Chen en lice
Lie ici le mil.

(haïku en beau présent, par Jacqueline Jacqadit)

Émilie chemine
Michel ne lie le mimi
ni même le chien
***
Ciel ! Émilie emmêlée,
le chien lèche mie miellée.

(tanka en beau présent, par Annie)

L’échine inclinée
il hèle en chemin miné.
Chienne, emmène-le.
En chiche niche celée,
le cil éméché,
lèche ce hile élimé.
Immine le ciel.

(architog en beau présent, par Noël Bernard)


(quenine de longueurs de mots) BM

Jeudi 4 Mystère de la valise perdue

Aussi sec qu’un sac,
il voit la gadoue. Il cherche
la fin : les agrestes.

(haïku express fondu sur la valise de RQ dans Zazipo 2020, par Noël Bernard)

Il voudrait sa valise
que contait un escroc
il se penche et – surprise!
ne trouve qu’un fayot.
*
Devenir marchandise
flouer des provinciaux
mort, une bâtardise
grignote os et rideaux.
*
On retrousse sa cotte
lâche mine pâlotte
il cherche le purin
*
Regrette les bicoques
ses plus infectes loques
l’écu d’or d’un matin.

(caviardage du sonnet de la valise de Queneau, par Annie)

Va Lise, perdue
Dans la foule, cherchant la
Valise du père.

(médaille – caillou, par Alexandre C.)

Le deux août j’avais déjà perdu un beau sac,
Et ce grand malheur reste pénible et me tue,
Car ce jour précis marquait enfin dans ma rue
Le seuil des congés payés d’été vers le lac.
*
Le trois août arrive, aussi fâcheux que le bac :
En train, je deviens assez malade, et je sue,
Un peu trop distrait, laissant valise hors de vue,
Car je suis sorti portant bagage et mon mac.
*
Et puis j’ai couru, aussi chargé qu’un vieil âne.
J’ai fait ce constat gênant, amer, dans mon crâne,
Que la malle avait vraiment perdu tout bon sens :
*
J’en suis fou, presque dingue, surtout à mon âge.
Loin de mes autres ballots, mystère, et je rage,
Ce coffre est allé soudain surgir près de Lens !

(sosnet) BM

Vendredi 5 St Frustré, confesseur

Fiévreux, au festin,
verse ce noir sang offert,
fossoyeur heureux.

(primitive de « Frustré, confesseur » par Noël Bernard)

Qu’on fasse confesse
Qu’on fausse, qu’on fût ce con,
Fils confus, second.

(haïkumulation babebinesque, par Alexandre C.)

C’était un sacré confesseur
L’était quand même un peu jouisseur :
Avait dans l’viseur
L’ sacré son des coeurs ?
Bien plutôt l’sucré con des soeurs !

(Jacqueline Jacquadit)

Le pécheur est frustré, il confesse ses fautes.
Les fautes confessées ne frustrent qu’un pécheur,
Les frustrés se confessent, faute de pécher.
Un confesseur fautif a frustré le pécheur :
Il a fauté frustré, confessant ses péchés…
Les péchés du confesseur frustrent le fautif,
Les fautes du pécheur frustrent le confesseur :
Le confesseur frustré fautera-t-il, péchant ?

(carré lescurien)
[permutations dans l’ordre 1234/4321/2341/3421/4231/1324/4123/3241] BM

Samedi 6 Remisage de Ste Callipyge

J’aime le look des
Belles fesses vues…
Oh mes yeux ravis !
Venez au wagon-lit
Pour que j’les caresse !

(quintil et pangramme, par @goofy)

J’aime votre look,
Votre belle fesse…
Oh mes yeux ravis !
Quittez le wagon
Pour douce caresse !

(arrangement BM avec approbation de @goofy : quintil de pentasyllabes)

Et, codé sur avis,
nia culer top à demi :
ainsi moins rose,
Callipyge relia, haï, le reg.
Y pilla ces ors,
ni omis ni aimé d’Apôtre Luc.
Ainsi va ruse docte.
(palindrome de Noël Bernard)

callipyge, néolithique, walkyrie juive
fameux bazar, dis !
(pangramme de 47 lettres, par Annie)

Brelan.
Ali décarra.
Dors ! Héberge !
Monte en balai !

***
Brel – An
Hallyday – carat
Doré – berge
Montand – balai

(chicagolorime)

Cali – pige
(chicago)
(et tout ça vient d’Alexandre C.)

Verset satanique :
« Vénus est soumise au pieu »
Le seul qu’Ali pige !

(Jacqueline Jacquadit)

Flasque Callipyge,
Remisez tous vos bijoux
Ce week-end chez moi.

(haïku et pangramme de 52 lettres) BM

Pourquoi ce show kitch
De la fesse à Beyoncé ?
Vous la jugez mieux ?
(autre haïku et pangramme de 52 lettres) BM

Dimanche 7 Premier dimanche de pluie

elle peine à éteindre
la soif du fuchsia en feu
— la pluie du dimanche

(haïku par @goofy)

Manteau de grenouilles
nées de la dernière goutte
d’étoiles filantes ?
***
Tombant, un rideau de feu
tourne à seaux de sang acide.

(tanka en filigrane par Noël Bernard)

Dimanche pluvieux ? Jackpot ! Bifurquez-y ! Swing !
(pangramme de Jacqueline Jacquadit)

Dimanche de pluie.
J’ai pris ma bêche et cassé
Dix manches depuis.

(haïku à rimes pauvres entre les vers 1 & 3, par Alexandre C.)

Dimanche de pluie,
Dimanche de parapluie !
Il pleut dans ma manche.
***
Que je voudrais être étanche !
Ma bonne humeur est enfuie.

(tanka) BM

Lundi 8 La Sous-préfète À la Sous-préfète fais la fête

Qui est sous-préfète ?
Sue, Pina ou Marithé ?
Saurez-vous répondre ?

(haïku isocèle)

La réponse est évidemment :
Marithé.
Car elle est sous « préfète »


(devinette d’Alexandre C.)

À la sous-préfète,
La préfète fait
Plus souvent la tête
Que la fête, en fait.
***
Sa tête défaite
A fait de l’effet,
Sur ces entrefaites,
Au traître préfet.

(sélénet de Nicolas Graner)

Présure s’épure.
Sœur fouette, frotte et refouette.
Frère opère presse.
Père sort et, près, furète :
serpe étête pousses.
Trotteuse se presse prête
pour fête future.

(beau présent de Noël Bernard sur « sous-préfète »)


(tanka isocèle en beau présent sur [la sous-préfète]) BM

Mardi 9 Ste Indigeste, moule

Creuse image à l’envers. Énigme du noir moule
où seul l’artiste voit en cette obscure boule
son rêve ! Et le déluge incandescent il boute.
Lunette, casque, gant, cuir épais de la botte.
Dans la clameur torride étourdissant la butte,
matin miraculeux quand d’un feu naît le buste.

(doublet de Caroll de « moule » à « buste » par Noël Bernard)

Indigestes moules ???
Je les avertissais par
Dix gestes (moulins).

(pilindrome d’Alexandre C.)

Dégel indigo
***
Le doigt tendu du soleil
souligne l’ennui
des nudités éludées
témoigne de l’idiotie
des signes d’insoumission
***
Stèle menteuse, indigente
***
Monde dominé
où les ingénues
les mouettes sont
soigneusement mutilées

(HOG, beau présent sur [moule indigeste] par Annie)
(à la plage de Quend-plage, les cris des mouettes qui maraudent dans les parcs à moules chassées à coup de canon)


(deux haïkus en primitive) BM

Mercredi 10 Stes Amibes

Seconde et première,
Toutes les deux, enlevèrent.
Mon tout te rend vert.

(devinette d’Alexandre).

Voici la solution :

\am\ est \ric\ (Amérique)
et \ric\ ôta (ricotta)
De même,
\ib\ est \ric\ (ibérique)
et \ric\ ôta (ricotta)
Mon tout est « amibe »

Un terreau fécal
Et l’amibe abîma les
lacs, haies, forêts, thyms.

(palindrome phonémique, par Alexandre C.)


(échelle ascendante, par Noël Bernard )

Aime tes amis,
Tes abbés et tes abbesses,
Et tais tes bassesses !
***
Essaime tes métastases,
Aime, béat, tes amibes !
(tanka en beau présent) BM

Jeudi 11 Grosse Fièvre de Ste Parano

Le « sayonara » passe sans mot. Qu’Hervé y fasse sa fièvre et commence sa paranoïa, seul.
(palindrome phonémique, par Alexandre C.)

errer
vivre rêve
fieffé fifre virer ève
ivre rire
fier

(haïku épointé et beau présent sur « fièvre » par Noël Bernard)

– Qui vous veut du mal ?
– On ne me veut pas de mal,
On me persécute.
– Votre délire est normal.
– Docteur, on discute ?
Suis-je humain ou animal ?
…Je crois qu’il me scrute…
(architog) BM

Vendredi 12 Ste Nuisette de l’Inondation

Parlez d’inondations et non pas d’incendies
L’incendie me rend fou, me pousse aux parodies
Et sa chaleur me met en rage
Car un soir où le Rhin fût sorti de son lit
Ma voisine affolée, en nuisette elle aussi
Vint s’égarer dans mon garage.
***
Évidemment la fin n’a rien d’original
Le mari fit fortune en creusant un canal
Bravant la pluie, bravant l’éclair,
Et la prit par la main – direction la Gironde –
Où l’eau manque partout et quand l’incendie gronde,
Il sort construire un canadair.

(du Brassens revisité par Alexandre C.)
PS : évidemment, éclair se prononce eclai-aireu, sinon ça ne rimerait pas avec canadai-aireu.

tu fuis en nuisette
la mouvante inondation
sous le ciel féroce
qu’éclair rageur exacerbe
fleuve excave la maison

(accumulation agréable par Noël Bernard)


(Quenine de longueurs de mots) BM

Samedi 13 Les Roudoudous

démente avalanche
tonitruante secousse
ubuesque stress
***
cavalcade indescriptible
terreur inimaginable

(dans chaque mot exactement trois occurrences d’une même lettre,comme dans roudoudou, par Noël Bernard)

Les roudoudous, chez
Nous, sont réservés pour tous
Les roux, doux, douchés.

(haïkolorime, par Alexandre C.)

À cheval sur mon dada
Avec mon copain Dédé,
On suce un sucre candi
Avant d’aller au dodo.
Chacun a son roudoudou
Mais bien vite il est fondu.

(babebine) BM
—–
Le russe rôdeur
Déroule le rodéo
Des lourdes douleurs,
***
Se rue sur des esseulés,
Ose le duel réel.

(tanka en beau présent) BM

Dimanche 14 Deuxième dimanche de pluie

Demi-muid de mix :
mime mieux dieu du Midi.
Même mie émue !

(beau présent sur « deuxième » par Noël Bernard)

Dimanche de pluie.
Je pris ma scie et coupai
Dix planches de muid.

(haïkûntrepéterie d’Alexandre C.)

Pluie,
Bruit
Honni,
Inouï,
Dimanche de pluie,
Météo en anomalie.

(fib) BM

Lundi 15 Montée de Ste Pilule

Mon corps lentement
se déploie se tend se perd,
feuille au saule née.

(primitive de « Montée de Ste Pilule » par Noël Bernard)

La pilule monte,
L’ecstasy jette le masque
Et la plume, loin.

(haïkunagramme, par Alexandre C.)

Mes jours sans tendresse,
Je demeurais tout espoir,
Pieux, les yeux mouillés.


(primitive et haïku isocèle) BM

Mardi 16 Lendemain de Ste Pilule

Lendemain de sainte pillule
L’impudent l’en déniaisa, elle !
Elle n’en déplie sa main du lit …

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit, avec trois L à pilule, pour que les anagrammes soient bonnes !)

Au jardin d’Éden,
Eve croqua la pilule
Sans humanité.

(haïkuntraception, par Alexandre C.)

De la main, de l’aile,
elle demande l’eden.
Il aime, damné.

(beau présent sur « lendemain » par Noël Bernard)

Oubli de pilule ?
Vrai risque que ça pullule ?
Grand conciliabule…
***
Mais l’amour est noctambule…
Ne sois donc pas ridicule !

(tanka) BM

Mercredi 17 Angoisse de Ste Déprime

D’angoissés pervers,
Nés si ravagés, sont pris de
Graves dépressions.

(haïkunagramme d’Alexandre C. : vers 1 & 3 anagrammes – le vers 2 l’est également si l’on y enlève les lettres du mot SAINT)

Ça va lent ça va pas ça va guère
Sa valence ? Ah, va ! Passe, hâve, à guerre.
D’épris déprimant,
dès pris, dépris, ment.
S’avalant sa vap, à sa vague erre

(limerog de Noël Bernard : combinaison à la Gef d’une structure de limerick et de tog irréductible 3+3+3+3+3+3+2+3+2+3+3 + 3+3, mais pas vraiment de chute humoristique, hormis de l’homophonie)

Des primes de risque
Pour compenser votre angoisse ?
Risque de déprime.

(haïku-caillou) BM

Jeudi 18 Splendeur et misère du vingt heures

19h50 : Choix pour suite
Splendeur et misère du vingt heures : Ali tue ?
21h30 : Choix pour cuite
C’plan de Rémi (c’est re-du vin !), te rallies-tu ?

(holorimes d’Alexandre C.)

Quand l’heure vint se présentèrent
Plein de splendeur plein de misère
Le king des trusts le sans demeure
Tous deux puèrent quand vint heure

(quasiment les quatre mots-clefs, déposés par Noël Bernard)

Splendeur et misère du vingt heures
Vint l’heure du président : émerge, sus !

(distique anagramme par Jacqueline Jacquadit)

Splendeur et misère du vingt heures
Est-il un édenté pris d’humeur ? Verges !

(encore une anagramme, par Annie)


(petite morale élémentaire portative) BM

Vendredi 19 St Parasol, plagiste

De ce paradis,
Adam avec Ève fut
-ô Hiver- ôté.
***
De ce parasol,
à l’Été revenu, nu,
fit une parure

(bi-haïku en okapi par Noël Bernard)

Et si Gal pela le plagiste,
l’os a râpé ce parasol.

(2 palindromes octosyllabes, par Robert Rapilly)

Et si Gal pèle parasol,
ce clos a râpé le plagiste.

(1 palindrome, 2 octosyllabes, par Robert Rapilly)

Et si pâté d’au revival
vêt ? Si Gal pèle parasol ?
Ce clos a râpé le plagiste :
v’là vive ruade ta piste !

(quatrain palindrome capillotracté, 77 lettres, par Robert Rapilly)

Parasols, saunas,
Mojitos et farniente ??
Pars à Solsona !!

(haïkulorime, par Alexandre C.)

Saint parasol plagiste
Il sala pope star gisant

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

St Parasol plagiste
Estu prêt à voir danser soleil pâli, blanc ? Gamin, estu prêt ?

(primitive, Annie)


(tog de longueurs de mots : 7 mots de 3+5+7+5+3 + 7+7 lettres chacun) BM


(primitive) BM

Samedi 20 Sts Scrabble & Macramé, bienheureux

« À sable basée,
la salle s’écrasera !
Cabale errera ! »
***
Âme amère, arme acérée,
créé âcre, carme rée.

(strophes en beau présent, respectivement sur « scrabble » et « macramé » par Noël Bernard)

Sinon, Ô, en une brise de Châtelet (Ah, ce désir, géniale Tina !),
mate le macramé !
Marc a mêlé tamanite, laine grise de Châtel et (Ah, ce désir, Ben !) une ononis.

(palindrome d’Alexandre C.)

Mon vil fils, vieil adopté, qui
gagna au Scrabble à New York et
y tissa, zélé, du Macramé, profite
d’honnêtes et bienheureux jours.

(panscrabblogramme d’Alexandre C. intégrant les 3 mots-clés – jokers : B & Y)

Scrabble, macramé,
Calme Graal de Caen à Bâl?
Sans retard, va-t’en !

(séquence vocalique A – E – A – A – E) BM

Dimanche 21 Troisième dimanche de pluie

Troisième dimanche de pluie
Dieu modère si chante l’impie

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)



(deux « cartes postales à la Perec », par Alexandre C. et les crobards de Lécroart)

Passerons dimanche :
tristesse, monotonie
cédant déclin morne.

(3-bambochade stricte par Noël Bernard)

Compromis

Le troisième dimanche est encor sous l’averse,
Et c’est toujours pareil, je reste au logement :
Ce dimanche est perdu sous l’eau qui se déverse,
Car c’est la pluie, encore, et je deviens dément.

Mes vacances gâchées, le sort m’est trop adverse,
Je me retrouve seul et mouillé bêtement.
C’est le Temps – ou un Dieu – la météo perverse
Bousille ce week-end que j’espérais clément.

Saint Riflard, je t’en prie, protège-moi des cieux.
Au lieu d’être bronzé je serai ridicule,
Je porterai ma croix en touriste ambitieux.

Pluies d’été, coulez donc ! Nuages séditieux,
Croulez, nimbus obscurs, et noyez ma cellule :
Je quitte cet abîme où j’ai vécu anxieux !


(sonnet parodique de celui de Nerval, Artémis : https://www.poetica.fr/poeme-401/gerard-de-nerval-artemis/) BM

Lundi 22 Abandon de Ste Crème Solaire

Lise assise a ri.
Éros, le raire éraillé,
osa rallier
l’oreille, la rose soie,
les aréoles solaires.

(beau présent sur « solaire » par Noël Bernard)

Le globe-trotter,
Des souvenirs pleins les yeux,
Boucle sa valise.
Soit
Fins (été, PACA, Miami, crème solaire, Madame, ri, …), Al ose « merci » (Mai, Macapète, …). Snif !

(palindrome, par Alexandre C.)

Miss Huile solaire,
Blonde, se dore, lovée.
Crème sur peau claire.
Le bikini soulevé,
Elle bronze à l’air,
La bombe qui fait rêver,
Missile sol-air…

(architog 5 7 5 7 5 7 5) BM

Mardi 23 Ste Erika, naufragée volontaire À la Ste Erika, caca

Je suis volontaire,
disait le mousse excité.
Il alla seul voir
si côte abritait sauvages.
Jamais revenu :
trouva auprès inconnue
le rire, la paix.

(accumulation agréable [chaque mot contient autant de voyelles que de consonnes] par Noël Bernard)

Coke et marée noire.
Ô ce morne été, Erika.

(anagrammes par Alexandre C.)

Traître tête-à-tête :
Steak tartare à satiété,
Tarte rikiki,
***
Assiette et sieste ratées.
Erika restera triste.

(tanka en beau présent) BM

Mercredi 24 Jour de l’Appendicite

frappe un coup
demande un pichet
boit et meurt

(primitive de « appendicite » par Noël Bernard

L’appendicite ? Oh !!
En me palpant, le docteur
La peint d’ici tôt.

(haïkulorime inspiré de l’œuvre du maréchal Papou, par Alexancre C.)

De l’appendicite,
Au laser, Yoda opère
Deux lapins, dix Siths.

(haïkulorime phonétique) BM

Jeudi 25 Contrôle radar

Pas vu des radars,
seul sur mon radeau,
me voilà peinard
loin codes pénaux.
***
Fini les costards.
Je me sens costaud
croisant le canard
au fil des canaux.
***
Adieu les censeurs,
les gens bien sensés
qui m’ont fait périr
***
croyant, vieux tapeurs,
qu’un jour je paierai
pour leurs beaux tapis.

(sonnet sur le schéma de rimes plurielles / singulières par Noël Bernard)

Contrôle radar
Tordra le coran
Racontar drôle

(anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

A l’abord des côtes,
Si ton chalutier sent fort,
Eh ! Rade et aère !

(haïkêpellatiû – le vers 3 épelle le mot-clé, une invention d’Alexandre C.)

Jojo s’égara
trop sot ce gars là
sortons c’est lassant
***
trop correct – avant
d’honorer l’art blanc
notons le caca
***
son Corse lâcha
trop tôt les nanas
donc l’homme clamsa

(suite vocalique OOEAA, par Annie)

Contrôle radar
Et j’ai perdu mon permis.
Trop con, le radar !

(haïku-caillou) BM

Vendredi 26 Ste Perf, réanimatrice

Réanimatrice,
Fais que toute flamme qu’on
Ranime atterrisse.

(haïku-caillou, par Alexandre C.)

mon amour ma reine
viens réanimer mon âme
en son noir marasme
***
murmure runes anciennes
où nous a mus même rêve

(tanka en contrainte du prisonnier, par Noël Bernard)

Prêtresse stressée
Serre ses fers préférés,
Teste ses serpettes :
***
Espère étêter préfet,
Et se répète : « Perpète ! »

(beau présent en [Ste Perf]) BM

Samedi 27 St Ouichef, le retour

Et rêve,
lié, nu, dru, ôté, rude,
du retour d’une île verte

(palindrome, par Noël Bernard)

Saint Ouichef, le retour
Roi, une flèche t’a rousti !

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Ouichef, le retour.
Finies les siestes au champ :
Roie et chou-fleur !!!

(haïkunagramme, par Alexandre C. « Roie » est l’appellation picarde pour le premier sillon)

Sergent, ton fusil
Scotché ? Le chef braillera.
C’est ton jour ! Courage !

(primitive) BM

Dimanche 28 Miracle de la valise retrouvée

y poser la valise

pohesi, la valise hop !
la valise est retrouvée
le palindrome est exact
tout poésie est perdue


(quatrain innommable, par Annie… mais isocèle si on le lit enpolice à pas constant)

Rêver !
Ça va Léo ?
Sur ce Nil local,
Se lave du tissu.
À Laval
À Noël, cela vale
Si la valise l’avale.
Cléo n’a l’aval
Aussi tu dévales
La colline. Crusoé,
Là, va crever.

(palindrome d’Alexandre)

Égal ovni, or gâté, rognure suave si la valise va user un goret à groin volage !
(palindrome de Jacqueline Jacquadit)

le demoiseleur
attrapprivoise éblousées
les créduveteuses
***
il les ratatitourloupe
fractouvre leur jardiscret

(mots-valises par Noël Bernard)

Mais j’ai tout compris !
Mon barda est resté là,
Quant à moi, j’ai pris le train…

(katauta en morseku) BM
Valise = ···− ·− ·−·· ·· ··· ·

Lundi 29 Détartrage de la cafetière

De la cafetière,
Sort un sandwich au pavé,
Rillette, oeuf, calade.

(pilindrome, par Alexandre C.)

Là, déjà, sous l’épais drap du dais
porté sans trêve jusque bien tard,
bée éphèbe emmené par les trages.

Folle sinuosité des trages
où foule en ses remous prend le dais
que son cours effréné drosse tard.

L’élu sourit mis comme il est tard :
la ténèbre est épaisse en les trages.
Lui flotte, calgeutré sous le dais.


(terine sur « dais-tard-trage » par Noël Bernard)
chaque vers code en morse une lettre de « cafetière » −·−· ·− ··−· · − ·· ·−··− ·−· ·
Code «-» = accent grave ; «.» = accent aigu.
trage = mot bourguignon désignant une traboule

Détartrage de la cafetière (tog de longueurs de mots : 7 mots de 3+5+7+5+3 + 7+7 lettres chacun) BM

Mardi 30 Ste Carte Bleue, paiement différé

Ste Carte Bleue, paiement différé
Fée Crédit en feu t’empeste ? À l’abri !

(anagramme par Jacqueline Jacquadit)

Le dealer malin
Émet farine de pif.
Paiement différé.

(haïkunagramme – vers 2 & 3 par Alexandre C.)


(petite morale élémentaire portative par Noël Bernard)

Ma règle budget ?
Carte bleue, danger, bévues !
Accès refusé.

(séquence vocalique A – E – E – U – E) BM

Mercredi 31 Ste Obsolescence du Homard Sacré

Sot ! L’obsolescence
Est russe. Hâte à t’assurer.
Sans, c’est l’os, boloss !

(palindrome phonémique par Alexandre C.)

Danseuse au corps sacré,
soie, velours, lin écru
ont fait place au lycra.
Couvrent ton luth les cris
des traders aux longs crocs.
***
Le vieux pêcheur amer
fuit la criée aux murs
si vétustes. Gémir ?
Qui voudrait son homard ?
Longe le ponton mort.
***
Terre est à nouveau plate.
Paradent les hoplites.
Moloch rôde et complote.
Amour est obsolète,
illusoire la lutte.

(triple babebine par Noël Bernard)

Ste Obsolescence du Homard Sacré
Le boss Macron est douché : sacré dé !

(anagramme par Jacqueline Jacquadit)


(quenine de longueurs de mots) BM

SEPTEMBRE 2022

Jeudi 1 St Pierre aux Mânes, jour des flambeurs


(échelle ascendante par Noël Bernard)

Oman. Elle aspire
À un monde sans ces fous,
Hélas, pyromanes.

(pilindrome d’Alexandre C.)
vers 1 -> \oman\elaspir\
vers 3 -> \elaspir\oman\


(petite morale élémentaire portative) BM

Vendredi 2 St Taux d’écoute, nouv. progr.

Écoute ! Écoute ! C’est moi, c’est Ondine, sinuant en ces flux dangereux sortis du froid ombrage encerclant les enfers.
Au fond, sans but, vont cruelles vives et seiches semant un errant nuage d’encre. Je vis entre ces êtres avides d’amers et sinistres reflets, d’insipides échos vides de sens.
J’inscris des rides d’ivoire dessus l’oscillement infini des miroirs longs de l’eau.
Dors.

(texte obtenu par Noël Bernard, à partir de « Écoute ! – Écoute ! – C’est moi, c’est Ondine », début du poème Ondine d’Aloysius Bertrand par application de la contrainte du jeu de la vie.)
Voir ici l’explication de la contrainte :
https://taliporefleuri.fr/contraintes/#c_jeudelavie

Grille des programmes :
Ce soir, l’anti-Bell sur le
Grill des pro-Graham.

(nordhaïskud, par Alexandre C.)
(vers 1 & 3 nord-sud)
http://lesmotsbouscules.fr/?page_id=309

On a notre agence,
Et nos gros supports
Sont sans concurrence,
Gagnant des rapports.
***
Nos ondes, sans doute,
Sont tout de nouveau
Notre casse-croûte,
Un porte-drapeau.

(solénet en beau présent pour fêter les nouvelles grilles des programmes) BM

Samedi 3 Ste Scolasse du Poulpe

Eh ! Le poulpe ! Assez !
Ne vois-tu pas sur la route
passer le poulet.

(pilindrome d’Alexandre C.)

Ni fat, ni vu.
Ah ! ceci, le décor, t’a déplu ô poulpe,
d’atroce délice chauvin : ta fin.

(palindrome de Noël Bernard)

Soûlé d’eau impure
Coquelet d’enfer
Ose l’aventure.
Le poulet ? Super !
***
Ah! Il me bouscule
S‘avance en travers
Si fait qu’il recule
Éclatant revers.

(« pot dégoûtant pourri » par Annie !)

Ste Scolasse du poulpe
Poulets d’Écosse pulsa

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Sous une eau obscure,
Caché dans la mer,
On croit qu’il assure.
Le poulpe est amer.
***
Ah ! Tes tentacules
S’emmêlent partout
Si tu les bouscules
En vrai touche-à-tout.

(sélénet acrostiche pour un octopode) BM

Dimanche 4 Augmentation des amygdales

La rose amygdale
divaguer me fait.
Je crie et suis pâle,
fume, bois café.
***
Quelle nuit atroce !
Qu’arrête ma toux :
Coup, outrages, noce,
accepterai tout.

(sélénet en accumulation agréable par Noël Bernard)

Ami-ami-ami-ami-calement,
Al

(augmentation des « ami- » d’Al, par Alexandre C.)

Amygdales faibles ?
Moi je veux un week-end zen.
Pourquoi charcuter ?

(pangramme de 54 lettres) BM

Lundi 5 St Cassis & St Cassette

Chaud ! Sis,
chaussettes,
est assis.
Est à Sète,
buvant cassis.
Bu. Vend cassette.
Abécassis
a bec ascète.

(homophonies en escalier par Noël Bernard)

Cassis et Cassette
s’en allaient au bois
cueillir la violette
encore une fois.
***
Un loup d’aventure
vient, croque Cassis
Cassette se rassure :
« j’en trouverai dix ».

(sélénet d’Annie)

Extrait de
Cette putain de disparition

Ce n’est pourtant pas à Vany qu’on se connut, disons, tendrement mais à Cadix. Toi, ma K6, bradais en ces temps des K7 de K1500, d’Introduction et Rondo capriccioso surtout, dans un bazar de K10 sauf un mardi de décembre sur trois où ton ami K1 conduisait tes ventes pour te permettre de t’offrir un jour de trêve.
(succession de jeux de mots sur la lettre K : de K 1 à K1500 : K1 : Caïn ; K6 : Cassis ; K7 : cassettes ; K10 : Cadix et K1500 : Camille Saint-Saëns. Signé Alexandre C.)

Un Kir sans cassis ?
Un Harpagon sans cassette ?
Un beau casse-tête !

(haïku tout bête) BM

Mardi 6 Ste Gomme de Ste Robe de St Grillet



(Alexandre C.)

Robe
sport,
probe
port,
***
mèche
d’or,
fraîche,
dort.

(diablotet par Noël Bernard)

Texte à la gomme.
A nouveau l’Inspecteur Remember relit son rapport demandé par le Commissaire Mallat ; « Madame Agathe Blandin (cf renseignements ci-joints), a été retrouvée le 8/12/2OO3 à 21h 37, à 2,8 kms de la sortie d’Illeville vers Vincent-le-petit sur le bas-côté de la RD O8O, brûlée vive dans sa Clio en flammes. Aucun indice n’a pu donner à ce jour quelque éclairage sur la raison de ce drame (suicide? accident? problème mécanique? assassinat?…) Restait, miraculeusement conservée dans le sac à main de cuir noirci d’Agathe Blandinune courte liste de mots… »
Remember se souvient. Dans ce sac, il avait retrouvé, provenant d’un cahier Clairefontaine, une feuille pliée en quatre, dont le premier carré présentait à deux centimètres de son extrémité gauche, une légère déchirure (six millimètres?) liée sans doute à une maladresse lors de l’arrachage de cette feuille. Sur ce papier on pouvait lire : une chaîne d’arpenteur, quatre tomates cœur de bœuf, une gomme grise et blanche, une carte postale figurant un paysage de Grèce. Remember se perdait en conjectures ; simple mais bizarre quand même liste de courses ? Message codé ? Début de poème vaguement surréaliste ? (On savait Agathe Blandin adepte d’écriture poétique). L’Inspecteur a conservé cette feuille, il verrait bien ce qu’il pourrait en tirer. Il se souvenait, cette page une fois extirpée de son contenu, il avait reposé le sac à main dans l’habitacle, et là il avait été fasciné par le corps d’Agathe Blandin carbonisé, ses formes généreuses comme moulées par sa robe grillée, complètement grillée.
(pardon pour ce format inhabituel, nous dit Gérard Le Goff…)

Grillet rédige Les Gommes :
Le terroriste dégomme
L’idéologiste
Et le blesse.
***
Blessé léger, le mort tombe,
Et, terrorisé, se terre.
Le mort se dérobe
Immobile.
***
Le limier gomme des listes
Et démêle l’imbroglio,
Dégomme le mort.
Il médite.
***
Est-il légitime ?

(tog de 13 vers et 73 syllabes, en beau présent) BM

Terroriste
Idéologiste,
Blessé léger tombe, immobile ;
Égoïste, il se dérobe, et il mime le mort.
Le limier démobilisé déteste relire, et dérobe de belles gommes
***
Le légiste
Dérobe le mort,
Légitime le terroriste,
Et le mort s’est redressé, immortel, il résiste.
***
Il se grime,
L’imbroglio grossit,
Et le limier stérile ergote.
***
Le mort rit,
Et Robbe-Grillet
***

Se libère.
(bigollo en beau présent) BM

Le blessé léger,
Le légiste illégitime,
Et des terroristes.
Le terrorisé se terre,
L’imbroglio grossit.
Le limier gomme le mort !
Le mort reste mort…

(architog en beau présent)
(Aujourd’hui, une série fastidieuse, assumée, pour une exégèse des Gommes en trois tentatives)
BM

Si l’été te grille
Tombe tes robes légères
Et le soleil tremble
***
Redresse-toi immortelle
Et reste modeste et belle.

—–
L’été s’est dressé,
Grille les dos libérés,
Les doigts emmêlés.
***
Le soleil est immortel,
Telles les robes légères.

(deux tankas en beau présent) BM

Mercredi 7 Racket, premier essai

Au premier racket
le mafioso mouille un peu.
Ça lui passe vite.
***
Quel kif quand, le regard dur,
rafle le fric, ricanant.

(tanka de Noël Bernard en règle sage (nom donné par Gef à la 0-bambochade stricte) : chaque mot ne contient aucun couple de lettres consécutives )

Je le rackettai
Pour un ticket de métro.
Je ratai le quai.

(haïku dégonflé, par Alexndre C.) (le vers 3 reprend le vers 1, syllabes impaires en tête et paires placées tout au bout)

Tu viens de réviser ton cours
De biologie sur les espèces,
Tu aimes le juste milieu.
***
C’est la dure loi du milieu,
Au fond des préaux et des cours,
Sévissent quantité d’espèces
***
De bandits aimant les espèces.
Réfugie-toi au beau milieu
De tes amis, ensuite, cours !

(terine) BM

Jeudi 8 Saut du permis à points

Saut du permis à points
PS mina route du pastis

(anagramme par Jacqueline Jacquadit)
(Georges Sarre – PS – est le « père » du permis à points)

Sur la route du troupeau
le fermier rit seul :
Part poule – oh, pile en travers !

(hog, primitive de « Saut du permis à points », sur un thème actuel, celui du poulet qui traverse la route, par Noël Bernard)

Aïe aïe aïe, quatre vers, mais de suspension … point,
Et je n’avais pas même attaché ma ceinture …
D’un petit quart de roue, j’ai mordu la bordure,
Donc en comptant un peu, ne restent que deux points.

(Histoire à points, par Alexandre C.)
(12 points au départ) -> consommation d’alcool (-6 points)
(6 points au deuxième vers) -> absence de ceinture (-3 points)
(3 points au troisième vers) -> franchissement de ligne blanche (- 1 point)
(2 points au dernier vers)

Il aime l’autoroute et la vitesse folle,
Adore sa bagnole. Il oublie le compteur.
Il n’a jamais de doute, ignore la lenteur
Et sème le traînard qui roule en casserole.

Un radar l’a soumis ? Jamais il ne s’affole !
Sera-t-il en retard ? Ce n’est pas très flatteur,
Il n’a plus de permis mais double avec hauteur.
Il aime l’autoroute, adore sa bagnole.

Il n’a jamais de doute et sème le traînard.
Un radar l’a soumis : sera-t-il en retard ?
Il n’a plus de permis. Il aimait l’autoroute,

Il n’avait aucun doute. Un radar l’a soumis.
Il n’a plus de permis, il n’y a plus de doute :
Il n’a plus de permis, il n’a plus de permis.

(sonnet auto-acrostiche d’hémistiches) BM

Vendredi 9 St Fifti-Fifti

Saint Fifti-Fifti
Tartuffe y lut la Saint Kant :
« Sein, quand on t’exhibe ! »

(gématrie 666, par Rémi Schulz)

On ne s’étonnera pas du caractère diabolique de saint fifti fifti, il fut en effet le premier humain transgenre de l’histoire, moitié homme moitié femme, côté pile et côté face rigoureusement genrés. Il faut rendre hommage à l’église catholique, réellement oecuménique, de l’avoir canonisé, tout en reconnaissant cette particularité.
(explication savante de Jacqueline Jacquadit)

fifti-fifti = 10 lettres de gématrie 100
(commentaire gématrique de Robert Rapilly)

satisfait, il franchit l’infini, fort tapis*
sitôt, foi d‘info, ton rififi fit ton nid

* tapis volant bien sûr
(2 primitives, par Annie)

Courir tant qu’on peut,
quand chantent les profondeurs.
Chercher l’enfant mort.

(primitive de « cinquante pour cent » par Noël Bernard)

Elles, travailleuses,
Dallaient mille belles villes
Annuellement.

(chaque mot contient LL [fifty-fifty en romain], par Alexandre C.)

Vous avez gagné
Et vous devez partager
Vos bons résultats
***
Quand les parts seront égales
Vous serez gagnant/gagnant.

(tanka lipogramme en [I]) BM

Samedi 10 Racket, deuxième essai

Encore un essai
aplati sous les poteaux.
La foule, la houle.
***
Oh l’équipe déferlante !
Oh le pack aux torses d’or !

(juste un tanka de Noël Bernard)

-C’est dur ! A la quête,
Dieu veut au moins dix euros !
-Là, c’est du racket !

(haïku – caillou, par Alexandre C.)

-C’est douloureux, cet œil qui poche ?
On t’a flanqué une volée ?
-En grammaire, on voit le sujet…
***
-Pourquoi changes-tu de sujet ?
-J’ai perdu mon argent de poche…
-Où est ta montre ? On l’a volée ?
***
-J’ai pris des gnons à la volée
D’un gros maraud mauvais sujet,
Et puis j’ai un trou dans ma poche…

(terine dialoguée) BM

Ce kid asexué sèmerait ?
(anagramme de Jacqueline Jacquadit, pour les trous dans la poche de BM …)

Dimanche 11 Dimanche des Modifications d’emploi du temps

rhôô réveillé avant
le réveil la brume
vient de se lever
allons donc plus
tôt zau marché !

(petit présent de @bituur_esztreym)

Divin mendiant,
cheveux défaits,
monadique effigie
qu’affection ardente ploie,
pendule attend.

(interpolation syllabique : prenant une syllabe sur deux on obtient le titre du jour, par Noël Bernard)

Midi. Doute à demi-mots. Flippons sec.
(modification des emplois du temps)

(anagrammes, par Alexandre C.)

Dimanche des modifications d’emploi du temps
Chef Pap’D* démissionné maudit le mot « cdd » moisi !

D* abréviation illocutoire du signifiant Ndiaye !
(anagramme par Jacqueline Jacquadit… Cruelle modification d’emploi du temps !)

Les maths du lundi
Passeront au vendredi,
Fin d’après-midi.
Le cours de français, jeudi,
Commence à midi.
Première leçon mardi :
Russe approfondi.

(architog) BM

Lundi 12 Ste Gouttière percée

Apprête-toi, roi.
Égare-toi par ces grottes,
Ôte cette tiare,
***
Retire épée, or et cotte.
Petit, air pur te rira.

(tanka écrit avec les consonnes de « gouttière percée » par Noël Bernard)

Gouttière percée,
Ce père s’égoutte, hier,
Et perd ses goûts tiers.

(haïku-caillou, par Alexandre C.)

Sainte gouttière percée 
Goutte répétée incisera
Arpège couine … été triste !

(anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

Tu cours sur ce toit,
Gouttière persécutrice.
Tu pisses trois gouttes,
Tu irrigues ce trottoir,
Tu es trop poreuse.
Tu pourris cette toiture,
Gouttière coûteuse.

(architog en beau présent) BM

Mardi 13 Bière de Mars

Dévions ! Sillonnant les golfes scandinaves
N’abîmons pas les fonds où gisent les épaves.


Blâmais
l’écart.
Le dragueur
met : « Car
drakkars ! »

(Noël Bernard est l’auteur de ce texte : c’est une primitive de « bière de mars » et un dichotog :
bla mè lé car le dra gueur
mè car dra
car )

Bière de Mars
Au fond du fût fin septembre :
Misère de bar.

(haïkunagramme avec biérèse au premier vers, par Alexandre C.)

biere de mars
serbe admiré
brime réséda
brise madère
braise de mer
serre d’abime
bar de misère
bride marées
baiser de mer
bridé me rase
brame sidéré
barème désir
rime se brade
merde à sbire !

(série d’anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

sommes-nous en mars
non, mais nous consommerons
sans ivresse aucune
***
ces cervoises savoureuses
ou ces rousses écossaises.

(tanka en contrainte du prisonnier) BM

Mercredi 14 Illumination de Ste Interro

L’illumination
Au contrôle : un milliardaire
A-t-il un million ?

(haïkunagramme d’Alexandre C.)


I lu   –  mi-nation de Saintin*  –  T  –  rhô
* https://fr.wikipedia.org/wiki/Saintin_de_Meaux
(une autre bonne blague d’Alexandre C.)

Illumination de Ste Interro
Le mot « tonnerre » lui dit : « ainsi
on sent la limite du roi terni ?
Titille moutarde sinon rien ! »

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Après le déluge
royauté parade, antique,
nocturne, vulgaire.
***
Barbare angoisse ? – Autres phrases :
fleurs ! jeunesse ! aube mystique !

(titres des Illuminations de Rimbaud choisis par Noël Bernard)

Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ?
Pourquoi ? Dans quelle mesure ?
Est-ce vrai ou faux ?
***
Combien vaut cette interro ?
Et combien vaut un zéro ?

(tanka) BM

Jeudi 15 Ste Nandrolone, athlète de haut niveau

Athlète de haut niveau, hautain, hâlé d’été, veut un thé au lait d’hévéa et aneth étuvé.
Il a hâté, du veau haï, lutte de hanté.
Hâve a, de la hutte, nuité.


(athlète de haut niveau
hautain hâlé d’été veut
un thé au lait d’hévéa et
aneth étuvé il a hâté du
veau haï lutte de hanté
hâve a de la hutte nuité)

(6 anagrammes de Noël Bernard)

Énée râle à Dole
le drone rôde à la ronde,
drôle d’aléa.
Danaé randonne
à l’orée de la lande erre
la nonne en dérade.
L’arondelle n’a de rôle.

(hog 4×5+3×7 = 41, en beau présent sur nandrolone, par Annie)

Notez l’ordonnance :
Pédaler -> Testostérone
Sauter -> Nandrolone

(haïku-caillou par Alexandre C.)

Le sportif qui plane
Met du bleu de méthylène
Sur sa ritaline,

***
S’injecte la nandrolone,
Et va décrocher la lune.


(tanka en babebine) BM

Vendredi 16 Consécration du Labyrinthe


(pissenlit de profondeur 3 sur la structure S1-V-S2, par Noël Bernard)
(voir https://taliporefleuri.fr/contraintes/#c_pissenlit)

Élu, Christ y aborda innocent.
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)


(labyrinthe typographique, par Alexandre C.)

Icare fuit
le labyrinthe
Des ennuis
et des craintes

(en faisant passer Icare pour un oiseau, c’est un ouïseaunet écrit par Annie)

Flic, juge vicieux,
Mon week-end au Labyrinthe,
Ne le piquez pas !

(pangramme de 50 lettres) BM

Labyrinthe, ça dit couronnes.
Labyrinthe inca ? On sort déçu.
Roi blondinet s’y cache : un rat.
S’y cache un noir ? Le rat bondit.
Connard royal, tu chies bénit ?

(anagrammes) BM

Samedi 17 Instauration de St Racket

Ta trace t’arrête.
Tracte ta race, ta tare.
Acte cet état :
ta tête rare t’écarte.
Raté, crack ! Erre et te terre.

(beau présent sur « racket » par Noël Bernard)

Kant a dit : ce trésor suinta …
Sot ! Un crédit en kit t’arasa !

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

C’est … c’est … c’est en … t-en …
C’est enco… co… co… cor du r…
… Or du racke… cket.

(haïku bègue sur « C’est encor du racket ! »)

Cesser, c’est tentant,
Ses tanks… Au coq au corps dur,
Ordure à quéquéte.

(plaidoyer contre les guerres virilistes)
(double haïku explicatif de lui-même, par Alexandre C.)

Aujourd’hui, Maman, je n’ai plus un rond.
Veux-tu bien me donner cinq ou six sous ?
Après, promis, tu pourras faire un somme…
***
Il ne me faut qu’une petite somme,
À la récréation je tourne en rond.
Sois bonne mère, et pas près de tes sous !
***
Je sais bien qu’il n’est pas encore sous
Le maudit seuil de pauvreté, en somme :
Papa n’en saura rien : il est trop rond.

(la terine du suppliant) BM

Dimanche 18 Dimanche après Ste Interro

Dans quel fleuve aux flots lourds se jette, calme, l’Ain ?
Quel savant nous fit don de la pomme de terre ?
La glace, à quel degré, se change-t-elle en eau ?

Quel livre dit « Tous les méchants sont buveurs d’eau » ?
Du plastique est le fief quelle ville de l’Ain ?
Quel riant luminaire orne la nuit sur terre ?

Quel engin creuse droits les sillons dans la terre ?
Qu’obtient-on quand de mer on évapore l’eau ?
Rouge, dans quel amas d’étoiles scintille Ain ?

(terine, et vous avez une heure, nous dit Noël Bernard)

Presse narrait mot de Chine
Messe narrait port de Chine
Cré athée pissant rendormi !

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Mécontente du dernier vers, sans préjudice de son amitié pour Jacqueline, Annie propose une alternative :
rentier dompta richesse – na!


(devinette d’Alexandre C.)
(solution : un TER dit l’écho « Pion ».
Interdits, les copions.)


(autre devinette d’Alexandre)
(solution : zéro POU – un T
-> zéro pointé)

Zéro avéré !
Un vaurien ça vaut zéro…
Note bien reçue.
***
Mon boniment ne vaut rien :
Bonne correction en vue.

(tanka en beau présent sur [et combien vaut un zéro ?]) BM

Lundi 19 Fromage et Dessert

Fromage et dessert
hum… le compte n’y est pas !
Faussaire de mage

(espèce de haïku, comme dit Annie)

Fromage et dessert
Au café dit des facs. Ho,
Raie ces déj’ amorphes.

(haïku – palindrome phonémique – par Alexandre C.)

Béni et top, homme,
Aime art aux Halles,
Beignet aux pommes
Et maroilles.

(petite fantaisie en forme d’ouïseaunet, par Alexandre C.)

Godiveau ! jambon sec ! chou ! quart de porc ! andouille !
Jus pâme bouche en feu. Quel gueuleton divin.
Ma fringale a passé, j’abdique et liche un vin
qui dissout gras chapon, bœuf frit, joviale rouille.
***
Verse force liqueur ! D’un pichet joug m’embrouille.
Pour ma soif étancher je bois plus qu’un devin.
J’ai franchi d’obscurs quais, domptant tout gaillard vain,
pour venir jusqu’à ce guichet bouffer ma nouille.
***
Glou ! Ravissant chahut ! – Faquin, jobard, clampin,
quand va finir grabuge, eh ? J’aime un tel copain
qui vomit le champagne au bord du jaune fleuve,
***
avant qu’un joli chant, grimpant du fond du bois,
débloque un moche flot d’images qu’ajoncs peuvent
à peine, au jour chagrin, masquer. Deuil… veuf… abois…

(sonnet en bel absent par Noël Bernard)

Gras de mort se fête 
Reste fagots, merde !

(anagrammes, par Jacqueline Jacquadit)

Fromage et Dessert ?
À table, il fallait se battre.
J’assommais des frères.

(haïku-caillou) BM

Allô !
Fromage
Ou dessert ?
L’hommage
Des mages.


(dichotog) BM

Mardi 20 Rénovation des Embrayages


(tanka isocèle de Noël Bernard ; mots palindromes vocaliques : leurs voyelles sont disposées de façon symétrique)

Va rêver, Noël,
Va de Sion à Desges en
Libre et voyageur.

(une syllabe sur deux :
rê , No ,
Va Sion Des en
bre et yage,
tout cela concocté par Alexandre C.)

Twingo® ou Panda®,
Chef, choyez vos embrayages !
Quel luxe de junk !

(pangramme de 50 lettres) BM

Mercredi 21 St Strapontin

Saint strapontin 
Patronna instits
Transposa Tintin

(trio d’anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

Sur siège éjectable
je me sens léger,
les pieds sur la table,
prêt à dégager.
***
Des ailes me poussent.
Adieu les ordis,
l’horaire, la frousse,
le spleen des lundis.

(sélénet de Noël Bernard)

Or, Tartarin patoisant
irrita Trissotin. ― Sot !
Tais-toi ! par Satan !
― Patatras, sortons.
***
Ton apparition
ton art riant apaisa
sa passion d’opposition.

(hog d’Annie [4×7+3×5] en beau présent)

Où vais-je ? – Au théâtre !
Hein ? Ouste ! – Un haut strapontin,
Un ton part : Tsoin Tsoin !

(haïku d’Alexandre C. Les vers 2 et 3 constituent un palindrome phonémique dièrésé)

Là, six strapontins
Accueillent la callipyge.
L’astre apponte ainsi.

(haïku-caillou d’Alexandre C.)

Sur le strapontin,
Si le bus rate un virage,
Ça sent le sapin.

(marsupiailku) BM

Jeudi 22 Déprime d’automne, faux contrepet


(jeu de la vie depuis « Les sanglots longs des violons », en procédant à 13 itérations, par Noël Bernard)

Déprime d’automne
Pour des tonnes d’opprimés,
Épées contre faux.

(haïku normal ou presque, d’Alexandre C. : En enlevant « pour » au début et « és » à la fin, le vers 2 est une contrepèterie du vers 1. Et en enlevant « É » au début,
le vers 3 est une contrepèterie de « faux contrepet ».

Déprime d’automne.
Je trouvai dans sa commode
D’autres pennies d’hommes.

(haïku normal suivi d’un haïku-caillou, par Alexandre C.)

Déprime d’automne :
Pauvre vigneron, l’huissier
Prit mes deux tonneaux.

(médaille et presque haïku-caillou) BM
Mais le 22 septembre, aujourd’hui, je m’en fous…

Vendredi 23 Bouquet garni

Bois tordu
quand fuit le temps
glissant sur nos croix.

(primitive et structure 3-4-5 par Noël Bernard)

Jalousie.
Debout, coquette garce, Annice,
Va, bouge, enquête et garde Nick.
Son boug OK regarde Annick
Au bout du quai de gare à Nice.

(les syllabes paires de chaque vers font bou-quet-gar-ni, et c’est Alexandre C. qui l’a inventé)

Devinette :
À son mariage,
Qu’a jeté ce cordon bleu ?
– un bouquet garni.

(autre haïku d’Alexandre C.)

Retraite au gâteau
Ton quignon gratte ta gorge
Bigbang au gôuter !
***
Une gigue anagogique
Éborgne ta bringue. Gare !

(tanka en beau présent, par Jacqueline Jacquadit)

Un bouquet garni
Assaisonne les bouquets
Pour le grand banquet :
***
On va marier la chevrette,
Et le bouc est bien garni.

(tanka) BM

Samedi 24 St Office Notarial

Ni pla ni las, nous, à Cruet, avons été loin,
soincés à l’office notarial, l’air atone (cif),
fol, à sec (ni os ni olé).
– T’es novateur ?
– Ça ! Suons à l’inalpin !

(palindrome d’Alexandre C.)

Héritage atavique

Allo fils, nos tares,
Qu’à l’office notarial,
Fissent note (Arial) !

(jeu d’anagrammes par Alexandre C.)

si ton corps fait fi, calmement
son travail dure, ingrat, lent.

(primitive, par Annie)

Ô ton fils fier acta
(Le fricotant a soif)

(anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

Le Notaire a son Office,
Il règle les testaments,
Prend son petit bénéfice
Qu’on lui règle allègrement.
***
Vivent les clercs des notaires,
Et la belle succession
Du futur propriétaire,
Héritier sans confession !

(tourniquet) BM

Dimanche 25 Dimanche du graffiti

Dimanche sera lonG
Il tardera le soiR
Ma montre tournerA
À lent pas vomitiF

Nu nauséeux pensiF
Chercherai mon amI
Hélant et relisanT
Encor ses graffitI

(double acrostiche de Noël Bernard sur « dimanche » et « graffiti »)

L’oulipien J. Bens a composé l’alexandrin à une lettre que voici-dessous :
Lire « Un en chiffres romains et en Garamond gras »
Mais peut-être anticipa-t-il avec un hexasyllabe
ce jour du papouméride :

Lire « Garamond gras fit I » (Gare à mon graffiti !)
(graffiti signé Alexandre C.)

voyez mon patchwork,
double graffiti
que j’expose

(« écrit comme ça, c’est un petit hog : 2×5+3=13 », voilà comment Annie tague le papouméride ! et c’est un pangramme de 41 lettres)

L’art, c’est pariétal !
On va taguer le métro
Bien mieux que Banksy,

***
Juchés en haut des wagons.
Fuyez, bourgeois décadents !

(tanka pangramme de 95 lettres) BM

Lundi 26 Première punition collective


(architog isocèle avec accumulation agréable par Noël Bernard)

Première punition collective
pour complicité enivrée en lit.

(anagramme d’Alexandre C.)

La toute première
des punitions collectives
Est de vivre ensemble.

(haïku sartrien, encore par Alexandre C.)

Rentrée en Première :
Toute la classe s’amuse.
On s’attend au pire.

***
Une punition !
Nous ne sommes pas coupables.
C’est la faute au pion.

***
Elle est collective…
Cette année commence bien :
Trois heures de colle !

(trois marsupiailkus) BM

Mardi 27 Ste Écrevisse

Alla l’écrevisse,
tendant ses serres sauvages,
sous l’épave enfouie.
D’écluse encore entrouverte
aima rumeur envoûtante.

(tanka et aléa furtif par Noël Bernard)

à l’écrevisse vice-versa
as rêve cives si ver cela

(palindrome de gématrie 444, par Rémi Schulz)

Cerise vêt ses
sévices reste
vérités Cesse

(anagrammes de la ligue des droits des animaux, par Annie)

sainte écrevisse
éreinta ses vices
si casernée sévit
à éviter ces  seins

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Si on pesait, l’écrevisse onze est creusée.

(dichotog syllabique de Robert Rapilly)

Ys
Avec Ipéca l’écrevisse lavée
Va lessiver ce lac épicé.
Vas-y !

(palindrome en vers libre, de Robert Rapilly)

L’écrevisse alors
S’enfuit de mon texte faible
Dans un noir tiroir
***
Attendant l’auteur profond
Pour qui vraiment elle en pince

(tanka de Gérard Le Goff)

Oui, requin ! Tue l’écrevisse
Qui requit que j’écrivisse !

(vers paronymiques – chaque mot diffère d’une lettre – par Alexandre C.)

L’écrevisse suit
La règle des crustacés
Si tu l’éviscères.

(haïkunagramme) BM

Mercredi 28 Ste Gare de Perpignan

ignare égaré
en gare de Perpignan
regarde à grand-peine
***
gredin enragé dénigre
dégaine, dégage grenade

(beau présent par Annie)

Père, pignant, garde
La gare de Perpignan
Hagard ; perpignant.

(haïkunagramme d’Alexandre C., avec une explication savante : perpigner consiste à réaliser une opération de construction navale, père se rêvant, aux heures creuses, médaille d’or en modélisme.)


(doublet de Caroll de « Dali » à « gare » par Noël Bernard)

Quand le train entre en gare, au cœur du cœur du monde,
Et que la terre est ronde, est-elle une vision ?
Et Salvador s’égare, et peint la collision,
Explosant le wagon. Sa peinture est féconde.
***
A-t-on du Frontignan, car sa soif est profonde ?
Où est Louis Aragon ? Il attend l’explosion.
On est à Perpignan, est-ce bien l’occasion,
Quand le train entre en gare et que la terre est ronde
***
Et Salvador s’égare, explosant le wagon.
A-t-on du Frontignan ? Où est Louis Aragon ?
On est à Perpignan quand le train entre en gare.
***
Et Salvador s’égare : a-t-on du Frontignan ?
On est à Perpignan, et Salvador s’égare.
On est à Perpignan, on est à Perpignan.

(sonnet auto-acrostiche d’hémistiche) BM

Jeudi 29 Apparition de St Bubon

Un bébé a bu
Un bon bibi aux bonbons.
Béa est baba.
***
Bob, au bain, obéit bas
Au beau babo à bubons.

(tanka babebinant d’Alexandre C.)

Le roi siffla le rhum du dessert de la reine !
Moi, leur amant commun, je moquai sa migraine.

soit :

Ubu but à baba !
Bibi, bi, : Eh bébé haut ? Bobo au bob ? Oh ?

(autre belle blague babebinée d’Alexandre C.)

En ce temps de peste
errent et tremblent des êtres,
reflets de l’enfer.
Des renflements délétères
en blessent les membres.
Les gens rejettent ces spectres
telles bêtes en géhenne.

(chōka de structure 5757577 et monovocalisme par Noël Bernard)

Papi star : Dubonnet bio !
(anagramme par Jacqueline Jacquadit)

bubon, bubun, bubelle
poubelle
bubelle bubil
bulbille
bubon, bubeux
boueux
bubon, bubje, bubtu
bubnous,
burnous
bubvous
que voulez-vous que j’en fasse ?
Et si bubon était UBU ?

(comme qui dirait une bêtise, signée et revendiquée par Annie)

Un jour où Booba, baba,
Rappait ses cris de bébé,
Apparut Ubu bobby.
Booba s’était fait bobo.
Il lui donna un bonbon,
Puis incisa son bubon,
Car c’était son job, Ubu.

(babebine) BM

Vendredi 30 St René, gars de la marine

L’eau pèle, en sorte, haut, les marins ;
L’un rame et l’autre, haussant l’épaule.

(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

Été préparé, rétif, René de la marine, maté et – amen – ira, mâle de nerf, itérer à perpète.
(palindrome de 66 lettres, gématrie 660, manque 6 points pour le jackpot ! dixit Jacqueline Jacquadit)

arrière ma reine
rien ne mènera ma main
mer m’emmène amer

(beau présent sur « marine » et contrainte du prisonnier, par Noël Bernard)

Députés, bourgeois,
Chef Saint René aux Falkland,
Choyez le gewurz

***
La marine tient !
Le Japon tombe, soumis,
Qui vit l’adversaire.

(double haïku et panscrabblogramme) BM

OCTOBRE 2022

Samedi 1 Ste Carte Vermeille

Un coup d’état-major du parti : demander la visite du tendre électeur, de séjour au château.

Distribuer l’alimentation. Rayer de l’invitation postale un paquet d’invalidités, d’abonnement syndical. Abattre la murale tour perforée.


Jouer aux routières professionnelles. Étaler en relief le dessous des jeux météo.


Consulter la maîtresse grise, dresser la blanche, muette, sur table biseautée : dernière partie de travail de deuil.


Tirer du ciel des vins coupés, de presse verte.
(filigrane sur « carte » par Noël Bernard)

Menu du jour
Blancs de vautours
Ou nos tartes
À la carte

Vieilles corneilles
Carte vermeil
Nos fromages
Ont fait crash

(deux ouïseaunets de Robert Rapilly, l’inventeur. Au second ouïseaunet une double entorse, les rimes fém./masc. et plur./sing.)

La Carte Vermeil,
Parmi les antiquités,
Traque la merveille.

***
Des cartes vermeilles
Violentent l’homme que les
Meilleurs vœux détraquent.

(deux haïku-caillou d’Alexandre C.)

Sa carte Vermeil,
l’œil aime et rêve, tracasse,
Traque sa merveille.

(haïku anaphonique et palindromique d’Alexandre C.)
(vers 1 et 3 anaphones)
(vers 1 et 2 en palindrome phonémique nord-sud)

Sec, ton vieux cerveau
Rancit, dévoré, cramé.
Retiens-le, longtemps.

(primitive et haïku isocèle) BM

Dimanche 2 St Bémol

les bombes tombées
le sol bosselé
semble molle emblème
***
bêle sotte bête
bête molestée
belette blessée
***
le mélo est obsolète

(hog et beau présent sur st bémol, par Annie)

En musique, les dermatos
voient des boutons gris sur son dos.
soit
une dièse, ce si bemol …
un – argh ! – granulome bise ce séide nu.

(palindrome, par Alexandre C.)

Cesse, si bel homme,
Ton la dièse fautif ! Vois,
C’est ce si bémol !

(haïku – caillou, par Alexandre C.)

Tel fer,
râpera, gélif,
aussitôt né, mâle ru.
Sème désir bémol osé. Ce solo me brise,
démesuré lamento tissu, à fil égaré, par reflet.

(palindrome par Noël Bernard)

Adolf bémolise, Christine dirige, Esther fredonne, Georges hurle, Igor jacasse, Kévin lénifie, Marie navigue, Oscar pianote, Quentin résonne, Suzanne trémolise, Ursule vibraphonise, William xylophonise, Yvan zyeute.
(abécédaire, par Rémi Schulz)

Saint Bémol 
Bloom saisit sa tasse. La table était sale et sentait la lanoline bénie, méli-mélo en amibes basanées. La baise le mettait mal à l’aise, Salammbô la bombe sabine embellie s’était embossée en sa tête. Ses ébats en binomes attelaient l’étalon atonal en blessant sa mobilité. Abominable ! L’amante était-elle lesbienne ? Il ne le sait. Lamento lamenté. Taillons le télamon. Les étoiles mollissent le mental. Le bémol mis à la blessante main sans lésine élimina la loi binomiale.

(beau présent en amiesement (?) par Jacqueline Jacquadit)

Saint Bémol savait
Que fa dièse, au demi ton,
C’est un sol bécarre.
***
Si je pars de l’orphéon,
Qu’y verrait-on d’inquiétant ?

(tanka en contrainte du snob) BM

Lundi 3 Ste Chatouille

Ste chatouille 
S’il louche, tâte !
Il te toucha les …?
Hâte le loustic !

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

May I shoot higher ?
Mon flingue brûle mes doigts
Mais chatouille ailleurs !

(haïku – caillou bilingue, par Alexandre C.)

Sensas, ses chatouilles,
En ôtant tout appétit,
Ont foutu des chtouilles.

(devinette par Alexandre C.) L’explication arrive…
Sans a, ses CHaTOUILLES,
En ôtant tout a (petit),
Ont foutu des CH TOUILLES.

Il ne faut manger ta chatte
en ragoût comme en brochette :
l’infecte une orde bronchite.
Voilà ce que me chuchote
l’araignée en parachute.
Ouille !

(babebine de Noël Bernard)

À Sainte Chatouille,
On va cuisiner l’andouille,
Puis on fait la chouille.*

(marsupiailku monorime) BM
* la « chouille » c’est la fête, en Lorraine et en excès

Mardi 4 Ste Grattouille

De peur de ces poux qui grattent
toisons, cheveux, tifs, aigrettes,
vous blêmîtes, vous aigrîtes,
vous enfouîtes en ces grottes.
Gardez qu’on ne vous en grute.
Ouille!

(babebine de Noël Bernard)


(pas très malin, mais il est certain que l’âge nous mène tous des chatouilles à la grisouille, dit Annie, et c’est une belle série isocèle)

Ste gratouille
Or Gilles te tua !

(anagramme renversante ! de Jacqueline Jacquadit)

– Kay, may you target
Higher ? – De mon flingue, je
T’ai gratouillé, mec !

(haïku où qu’y a les vers 1 & 3 en palindrome phonémique, selon Alexandre C. lui-même)

Gratouille les choses
Ou les roses ! Gil, le chat,
Chatouille ses groles.

(haïkunagramme – les 3 vers sont anagrammes, par Alexandre C.)

Un sorcier gras touille
Une recette ingrate (Ouille !)
D’un fard qui gratouille.

(encore un haïku, monorime, d’Alexandre C.)

À Sainte Grattouille,
On pêche encore la grenouille,
Pour peu qu’elle grouille.

(marsupiailku monorime) BM

Mercredi 5 St Abel, frère kafkaïn

fraternel, Kafka bise
Kate, kife flâner (bars)

(anagramme par Annie)

Fake fakir se brêlant,
À Brest flane fer kaki

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Les beaux livres disent
Caïn tua Abel
En tapant sur son tête
Avec le manch’ d’un’ pelle

Un autre couplet disait :
I won’t go to Heaven
In limousine
Because I have
No gasoline

(souvenir d’une chanson de louveteaux, Si tu vas au ciel, dont Rémi Schulz ne retrouve pas cette forme précise)

Abel et Caïn
À Nobel, Kafka et Huns :
Bella est ? … Inca !

(haïku-caillou d’Alexandre C.)
(le vers 2 est un gonflement du vers 1)

Abel et Caïn
Sont accoutrés d’une veste
A bec et à lin.

(haïkunagramme-caillou par Alexandre C.)

Abel et Caïn
Firent d’un dais d’Inde heurif
Un acquêt laid, bas.

(palundrome* phonémique par Alexandre C.)
* Un palundrome est in palindrome qui fond
les sons « in » et « un » au risque d’écorcher
certaines sensibles oreilles sur les yeux.


(sonnet carrollien ? c’est ce que suppose Noël Bernard)

Frères kafkaïns,
Honteux cow-boys qui jugez
Ève, vamp d’Abel.

(pangramme de 48 lettres) BM

Caïn danse au bal
Avec frère Abel
Et son pieux babil.
Il n’a pas de bol :
C’est un vrai pitbull.

(babebine biblique) BM

Jeudi 6 Nuit des 80 chasseurs


(échelle, par Noël Bernard)

Lola s’ennuie du
Délicat sistre divin
d’un chat farceur, triste.

(doHAÏlovKUties -> haïku gonflé par Alexandre C.
-> les syllabes paires donnent le thème du jour)

en ce soir si noir
nous oserons ces excès.
nous irons à courre,

***
armés, caresser nos reines,
savourer nos insomnies.

(tanka en contrainte du prisonnier) BM

Vendredi 7 Ouverture de Ste Culasse Gare à la bécasse

passe, passera
la bécasse, la bécasse
passe, passera
la bécasse y restera


qu’est-ce qu’elle a donc fait la p’tite bécassine
elle nous a volé 3 p’tits vers de terre
nous l’attraperons la p’tite bécassine
et nous la tuerons de 3 petits plombs

(chanson d’Annie, sur le principe du site https://dessinemoiunehistoire.net/danse-passe-passera/)

Vibrent les culasses
Dans l’air tordu de l’ubac ;
Et leurs vies basculent.

(haïku-caillou médaille, par Alexandre C.)

Croule la bécasse
Tandis qu’au fond du bol de
Saké, balle l’Ourcq.

(haïku où qu’y a les vers 1 et 3 en palindrome phonémique, toujours par Alexandre C.)

Son bluff est rusé,
Foudre pure, coups feutrés :
Fortune, succès.
***
On bute prudent.
Tout meurtre coûte du blé !
Mon budget ? Du vent !
***
Bon buffet : du thé,
Goût de mûres tout feutré.
Ton lunch, le succès !
***
Costumes muets,
Blouses prudes, croupes nues :
Postures du temps.

(quatre séries vocaliques [O-U-E-U-E] sur OUVERTURE) BM

Samedi 8 Détection des P.P.P. (petits plombs perdus)

Prince parada.
Pistolets pétaient poussifs :
pruneaux peu pointus.
Peuple pensa « Pauvre pitre »
puis partit pitance prendre.

(tautogramme par Noël Bernard)


(babebine isocèle par Alexandre C.)

Petits plombs perdus.
Du randonneur ? Oh, parfois !
Du perlon ? * P’tit peu !

(vers 1 et 3 en pilindrome, par Alexandre C.)
* Le perlon est un poisson des fonds marins.

Pauvre peuple, pauvre patience, primitive, perpétuelle ! Palabres polis : papotage puéril. Parades pacifiques : piétinement peu probant. Peuh !
Protestataire pourchassé, poursuivi par plusieurs policiers, papa prit peur.
Partir ? Plier ? Payer ? Plutôt pendre par paquets possédants, propriétaires, préfets pourris, patrons, passants pansus, parfumeurs…
Pourquoi parfumeurs ? Puis, pourquoi pas paillards, poivrots, poissonniers, polissons ?
Plutôt passer pour pur psychopathe, procéder par pavés pesants, piller…
Peine perdue ! Prisonnier papa pérora, pâlit, pleura, paya.

(tautogramme, par Annie)

Passant peu prudent,
Prédateur pétaradant :
Pétrousquin plombé
Par pistolet périmé,
Perdreau prétendu.
Pauvre promeneur plaintif,
Petits plombs perdus.

(architog en tautogramme) BM

Dimanche 9 Ste Miche campagnarde

Dansa la bamba,
avala plat campagnard,
chanta, s’attarda.
***
S’affalant dans sa datcha
clama : « Ah manants marrants ! »

(tanka et monovocalisme par Noël Bernard)

Ste miche campagnarde
Ce champagne d’émirats
Est cher à dame camping !

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Lui, d’une dent, mâche
Tapi derrière sa mèche
Un grand bout de miche
***
Campagnarde sèche et moche
Des boulangeries Trucmuche

(tanka en babebine, par Alexandre C.)

Mardi, ce Champagne
Arrosa ta savoureuse
Miche campagnarde.

(haïkunagramme par Alexandre C.)


(double tanka en beau présent isocèle)

Lundi 10 St Galop, peintre

Peignait au galop
des aquarelles rageuses.
Sa couleur déplut.
La tête déchiquetée
se pencha, confus.
Corrigea l’œuvre trop grise
d’un jet rouge sang.

(architog de Noël Bernard)

Ô le pur plagiat
Anagrammant le vers 1
Au triple galop.

(haïkunagramme d’Alexandre C.)

Galop, peintre assez
strict, couvrait les tags que les
Galopins traçaient.

(haïkulorime d’Alexandre C.)

St Galop, peintre
Signa « Le trot pep »

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Sûr, Ubu cul nu
But du rhum plus brut qu’un punch ;
Bush crut bluff d’un putsch :
Un Scud chut sur un bus turc,
Futur tumulus.
Hulk fut un surplus du lunch,
Cumul sur un trust.

(architog et monovocalisme en [U]) BM

Saint galop le peintre,
Seul dans son chalet,
Accrochait un cintre
Sur son chevalet.
***
Il vit une étoile
Haute dans le ciel,
Délaissa la toile,
Choisit le pastel.

(solénet) BM

Mardi 11 Petit Tamis


comment ça s’appelle ?
en tout cas c’est isocèle
Annie vous le dit.

Viens notre reine, douce déité. Règne enfin parmi notre horde. Calme brise étire belle mèche fauve aimée. Toute cette forêt bruit quand passe lente suite menée droit après fiers cerfs parus comme songe.
Toute fleur pense luire quand chaud rayon frôle coeur : ainsi avons rêves forts quand reine parle usant juste verbe.
Alors poète prend jolie viole, pâtre danse, femme lance chant.
Alors vient amour.

(cambronnoïde : tous les mots ont cinq lettres, comme ceux du saint du jour, dixit Noël Bernard)

Son petit ami
Trait le bouc sur tatami
Elle offre un tamis !

(Jacqueline Jacquadit)

Ce type t’a mis
Dans un bien piteux tamis :
Un petit ami ??

Ce type t’a mis,
Dans un bien piteux tamis,
Un petit ami.

(rimes en \tami\ précédées par un anaphone de \peti)
(Variations sur la ponctuation)
(Signé Alexandre C.)

Ce petit tamis
Nous sert à tout, mi-chinois,
mi-tapette (sic).

(haïkunagramme, par Alexandre C.)

Mireille, l’inca,
Sous les ordres d’un insecte,
Massent tout et tous.

soit

Mimi, ta mite a
mis ta mita : tâte amis,
tatamis, tatas.

(transposition d’Alexandre C.)
mita : Travail obligatoire (à l’origine chez les incas)

Pauvre chéri
Piètre amoureux
Faible fiancé
Médiocre amant

Petit tamis

(chicago) BM

Mercredi 12 Gelée de Stes Cornouilles faux contrepet

je me courbe en ton corps
ploie m’arrondis m’y noue
mes yeux mire en tes yeux
***
quand se ferment nos yeux
dans le flux de nos corps
tout s’inverse et se noue
***
au frais creux d’une noue
loin des rues et des yeux
confondons nos deux corps

(terine sur corps-noue-yeux par Noël Bernard)

Ceste en Cournouaille
Et perds-y, sans appétit,
Cet a sans cornouille !
***
Ou plus bas, ôte le haut,
Cet o à La Cornuaille.

(haïku-caillou prolongé en tanka énigmatique, par Alexandre C.)

Cornouille en gelée
Pour traverser l’Atlantique.
Hey Angel, New York !!

(pilindrome d’Alexandre C. avec ses explications :
\c\or\nouy\enjel\é\
<->
\é\enjel\nouy\or\c\)

Cornouille en gelée
Est la mise de départ.
Et l’enjeu ? – New York !!

(autre pilindrome, variante du précédent, toujours par Alexandre, l’inventeur de la forme, et son explication :
vers 1 -> \c\or\nouy\enje\l\é\
<->
vers 3 -> \é\l\enje\nouy\or\c\)

Un kilo de cochonnaille,
Et deux magrets de corneille
Parfumés à la vanille.
Mélangez tout dans une oille*,
Ajoutez une grenouille.
Attrapez une canaille,
Découpez-lui une oneille,
Ajoutez une chenille.
Marinez toute la noille**
Dans la gelée de cornouille.

(double babebine culinaire) BM
* une oille est un ragoût de viandes et légumes mélangés
** la noille est la nuit en argot

Jeudi 13 Saintes Mousseline & Moussaka

Moussaillon touche quai.
Mousse ronge cabine.
Moussaka au troquet,
Mousseline et terrine.
***
Moussu, glisse le quai.
Mousson fort tambourine.
Mousse à l’eau s’est flanqué.
Mousseux à sa babine.

(tautostiche de pentagrammes par Noël Bernard)

Saintes Mousseline et Moussaka
Aiment le moka assises nues : oust !

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Qu’a Line ? Qu’a Ka ?
Qu’a Kalinka ? Qu’a (Qui ?) l’âne
Qu’Aline câline ?
***
Mousse Line et moussa Ka.
Ça moulinait ce mouka.

(tankabousculerlesmotsallonsygaiement, c’est Alexandre C. qui le dit)

Aimons, tous émus, le saké
Au moka, ses émulsions et
Osmoses, un steak au miel,
Mousseline et moussaka.

(quartet d’anagrammes, par Alexandre C.)


(primitive en bigollo) BM

Vendredi 14 Grande Poilade de St Lapin

Poilade, on t’aura !
Qu’un palindrome morde un lapin-carottes !
(Onde à la houppe)

(palundrome phaunémique, par Alexandre C.)

L’aile déliée
la pie, à l’œil de l’idole,
a pipé l’opale.

(beau présent sur « poilade » par Noël Bernard)

tu penses à quoi
poil de chamois
je pense à rien
poil de lapin
***
tu joues aux billes
avec les filles
tu joues à faire
pleurer ta mère
***
tu joues à chat
on te pendra
à l’élastique
dans la boutique

(comptine sans référence, par Annie)

Grande Poilade de Saint Lapin
Épargna la pilosité de Dandin

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

En cage ou en peau,
Poser un garenne chaud
Ne vaut pas un pet.
***
Sa patte porte-bonheur
Peut courir comme un civet.

(tanka filigrane) BM

Samedi 15 Avis de réception

action privée des
pontes : carie vide
on virait d’espèce
déception sévira
***
revision de pacte
crétin dévié posa
vote prisé de Caïn

(anagrammes d’Annie)

Avis de réceptions.
On s’y pressait, avides
D’ivresse et … Ah, pissons !
On s’y paraissait vides.

(pilindromes en chaîne par Alexandre C.)

Avis de réception
De trois andouilles de Troyes
A Vire. Déception !

(haïku – caillou par Alexandre C.)

Avis de réception
Ravie de son picte
Eva trop indécise
Dina preste Ô vice
Avec son tire-pied

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Avez-vous reçu
la timide soumission
de ma dévotion ?
***
Je vous laisse tout loisir
de rire de mienne fièvre.

(accumulation agréable par Noël Bernard)


(tanka isocèle et série vocalique [A-I-E-E-E-I-O]) BM

Dimanche 16 St Jauge

Saint Jauge
Janus agité !

(anagramme par Jacqueline Jacquadit)

Saint Jauge est jugé :
un sang tanisé s’agite
sa genèse innée !

(beau présent par Jacqueline Jacquadit)

Bernard, le devin,
En avril deux-mil-vingt-deux,
Savait pour Total.

soit

Maréchal jugea
Qu’on prierait dans les voitures :
« Jauge, marche là ! »

(haïkunagramme d’Alexandre C.)

« Six mètres quarante
Soit cinq bâtons japonais. »,
Jojo jauge au jo.

(Alexandre C.)

Âge jauge enjeu.
Je joue et j’agis, géant.
Gens jugent, j’ai joie.

(monoconsonantisme phonétique de Noël Bernard)


(marsupiailku isocèle)

Lundi 17 Ste Pipette

Ne vaux pas pipette
mais je chante à perdre haleine :
Vanneau peut pépites.

(haïku-caillou par Noël Bernard)

Voici les pipettes
De nos maïs O.G.M. !
Vois si l’épi pète !

(haïkulorime d’Alexandre C.)

Savant à pipette
A truqué son expérience.
La science te pipe !

(médaille) BM

Papale pipette
Lui palpe le popotin :
Le pape Pie pète.

(connerie) BM

Je suis bonne pâte
Mais si quelqu’un pète
Là ça me dépite,
Il n’est plus mon pote
Et l’on se dispute.

(babebine) BM

Mardi 18 St Boris, alcoolique anonyme

Sirop bu d’un coup,
Raide alcool au local des
Rouquins du Boris.

(haïku d’Alexandre C. où qu’y a presque un palindrome phonémique)

Mi-nonne anonyme,
A mis l’ânon à Lima,
La mine animale.

(haïku d’Alexandre C. où qu’y a un palindrome phonémique par vers)


(lipogramme en [E] de Noël Bernard)

Colique sans nom…
Au zinc ! J’y bois vodka pure.
Fichtre ! Deux wagons ?

(pangramme de 52 lettres) BM

Mercredi 19 Retour d’âge

D’âge le rotor
a tiré mon âme, las,
à la nudité.

(okapi de Noël Bernard)

retour d’âge
tordu égaré
trou de rage
rut dérogea
gâte ordure

goût de RER A !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Votre parfum manque
D’odeurs de ménopausés,
D’Espagne et de fioul.
soit
RETends ces senteurs :
OURense, essence et sang roux
D’AGEnts cessant, Jade !
(haïkrostiche de syllabes par Alexandre C.)
(chaque vers est un palindrome phonémique avec un jeu sur le centre de chaque vers)
\ʁət\   \ɑ̃s.e.sɑ̃\    \təʁ\
\uʁ\ \ɑ̃s.e.sɑ̃s.e.sɑ̃\ \ʁu\
\dɑʒ\   \ɑ̃s.e.sɑ̃\    \ʒɑd\
PS : Ourense est une province espagnole. Cela aurait pu être « houx rance » mais on aurait perdu l’effet visuel.

Sec, trop pur, lassé,
Le couard s’est découragé.
Le sort d’un papet !

(suite vocalique [E-O-U-A-E]) BM

Jeudi 20 Fête du Code Pénal faux contrepet

Premier cours de droit

Un code pénal
Révèle, jugelet vert,
La peine d’aucun.

(pilindrome – presque palindrome phonémique, par Alexandre C.) (jugelet est inventé sur le modèle de coquelet)

Un ânon à nu.
L’âne pédo cela là
Le code pénal.
(vers 1 palindrome) (vers 2+3 palindrome, par Alexandre C.)

Juge, en eaux nîmoises,
barbotait. Comme en réflexe
punaise piqua.
***
La nèpe d’Occitanie
peina -tic- code pénal.

(tankalindrome express, par Noël Bernard : la seconde strophe est en palindrome )

Qui dira faux contrepet
Rit d’acquis pot contrefait :
Fêtant le Code pénal,
L’ode pète en nœud fécal.
(vraies contrepèteries de Robert Rapilly)

Fête du code pénal
Fête du con ? Pédale !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit) 


(suite vocalique [E-E-U-O-E-E-A]) BM

Vendredi 21 Ste Pépite de chocolat faux contrepet

Allah harassé
harangua chefs, sheiks, pachas :
« Hola charlatans,
ayatollahs déchéants,
réhabilitez
hadiths, hissant haut humain.
Lâchez kalachs schlags »
***
Mâchonnant chocolats chers,
bouchers hululèrent haine.

(dans ce chōka de Noël Bernard, tous les mots contiennent la lettre H)

Le faux contrepet
cocha deux lettres ; pipa.
Faut peu être con !
***
Pipette de cachalot
Pépite de chocolat.

(tankapeuprès, selon Alexandre C. : le vers 3 est anaphone au vers 1 à un son près, les vers 2 et 5 sont anaphones au vers 4 à un son près)

Ste Pépite de chocolat
Ce potlatch dépoétisé
Est potiche de pactole
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit) 

Le chocolat noir
En pépite, vaut lingot.
Et le lingot dore
Le gâteau du confiseur,
Il fait sa galette
En cassant ce chocolat,
Il devient prospère.
(architog en 1-sympathie) BM

Le chocolat noir,
C’est la pépite du blanc,
La fève des noirs,
***
Lingots et cabosses d’or
Qu’ils tirent de leur sang rouge.

(tanka) BM

Samedi 22  Rond de Serviette

Paris, 13h,
Tu feras manger du bois
Aux pauvres d’Asie.
soit
Leurrons deux serfs viets !
L’heure ronde. Sers, Villette,
Le rond de serviette.

(haïkulorime d’Alexandre C. et vers 2 en version nord-sud)

Égale, la serviette ivre sale l’âge
(palindrome de JacquelineJacquadit)

L’acrostiche involontaire
On cria : « ôtons la vile triche! »
(anagramme de JacquelineJacquadit)

Fumet,
bal, ronde,
rond de
fumée ?
***
Ramer
à l’aube ?
L’eau… bœufs…
ramée…
***
Taiseux
met thèse
au net :
***
son jeu
honnête
est songe.
(sonnet de Noël Bernard, aux rimes LGBT)

Le loufiat la porte
Repliée sur le bras gauche.
Le banquier la porte
Bien serrée sous le bras droit.
Le glouton la porte
Attachée sous le menton.
Le baigneur l’emporte.

(architog en ronde de serviettes) BM

Dimanche 23 Ste Mégaphone


Et un calligramme d’Apollinaire, déniché par Alexandre C.

Agapè en panne.
Ange aphone. Homme, en apnée,
Engage géhenne.
(beau présent par Noël Bernard)

Maigre Afro-Nantais
Donnait l’air de celui qu’un
Mégaphone hantait.

(hasfïksiu – priver d’ʁ le vers 1 donne le vers 3, une idée d’Alexandre C.)

ta moto empeste
ton tapage épate et sonne
songe à tes pénates !
(beau présent de Jacqueline Jacquadit)

Effet majoré,
Feedback, oedème affolé,
Ce test va cogner !

(série vocalique [E-E-A-O-E]) BM

Lundi 24 Ablation des Oreillettes

Chimère vs Hubris
Si on dore la balayette,
Cette abeille-lion d’alors
essaie le talion d’abord :
Ablation de l’oreillette.

(quatre vers anaphones, par Alexandre C.)

Rasez l’oreillette
A la Van Gogh ! En va la
Théière aux lézards.
(palindrome phonémique, par Alexandre C.)


(ablation des œreillettes, par Alexandre C.)


(clotildoïde : schéma de rimes de « Clotilde » d’Apollinaire, dont la structure du premier vers est imitée – presque la clotilde d’Annie, par Noël Bernard)

Il n’avait pas compris toute la prescription,
Car l’accent du midi, pour l’oreille hollandaise,
Déforme l’harmonie de la langue française.
« C’est un bouchon de cire à côté du tympan.
Il faut vous laver mieux, mon petit chenapan ! »
Gachet avait conclu : « Faites une ablution. »
En peintre obéissant, il se mit à l’action,
Il affûta son coupe-chou long d’un empan.
Mais le pauvre Vincent, que son rasoir endeuille,
N’était finalement pas très dur de la feuille !

(fable express) BM

Mardi 25 Sts Godasse & Godaille

Godaille en godasses.
Fendant la foule qui braille
godille beau gosse.

(marsupiailku double par Noël Bernard)

Godasse et godaille,
Touille la soupe aux deux mules
Divine. I say : God !

(gidaille par Alexandre C.) PS : Mule est une chaussure et un poisson.

Godzilla godille,
Godefroy goguenard gobe
Gigondas goûteux.
***
Godot, gracieux gringalet,
Gourmand, guigne gros gigots.

(tanka en tautogramme qui a oublié Godasse & Godaille) BM

Mercredi 26 St Surmoi de l’École Freudienne

Surmoi ? – Sus ! Moi rue.
Le Ça laisse aller sa laisse.
Topique ! Topique !

(logo-rallye sur la deuxième topique de SF, par Noël Bernard)

Sur les moisissures
Des esprits humains, se penchent
les surmois si sûrs.

(Alexandre C.)

Le moi, dinde renflouée ? C’est sûr !

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Libido ?
Éros ? Thanatos ?
Ambivalence érotomane ?
***
Perversion
Sado-masochiste ?
***
Ça délire !
(bigollo) BM

Jeudi 27 Nouveauté de St Rayon

Moine dévêtu,
invoquant Christ, prosterné,
montre attraits secrets.
Marmonne strophe indécente
ineffablement.
***
Candides génuflexions
délectent Emmanuel.

(architog et 3-bambochade stricte par Noël Bernard)

tyran sans raison
tâtait nos satins rosis
nos saris transis
***
roi, tsar, artisan nanti,
nantais, oranais,
osons, rossons Sartoris
riant, rôtissons Tristan
(hog en beau présent, par Annie)

Rillette à l’asile ?
Venant, louf, le fou n’en veut.
Liza l’a trié.
soit
Rayon nouveautés.
Minnelli, Éliminez !
Votez ! Nous rayons !
(pilindromes d’Alexandre C.)

Ô du veau y trône en tas !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Le chef de braquage
Du cercle d’action de miel,
Laser du soleil,
***
Gamma de bibliothèque,
Et de roue de bicyclette.
(tanka en filigrane) BM

Vendredi 28 Stes Escarbilles

En mes chairs,
grand trouble : a jailli
le désir.

(hog en primitive de « escarbilles » par Noël Bernard)

Dans cette nuit noire
Comme un tableau de génie,
La griffe du feu.
soit
escarbille en l’air :
Soulages qu’une jalouse
Raye en libre accès.

(pilindrome d’Alexandre C.)

Saintes Escarbilles,
Quand vous sortez de mon œil,
Tombent mes écailles.

#papouméride (marsupiailku) BM

Samedi 29  Lundi du Mickey

Lui, la bouche en cœur :
« Minny ! Ma mique et ma housse ! »
Elle : « Va te faire »

(homophonie vaseuse, selon l’auteur lui-même, Noël Bernard)

Pierre ou Mika,
Paul et Mickey
Polémiquaient :
Pierre ou mica ?
***
Pas roux, mi-quiet,
Paie les micos
(Pelle et Miko) !
Par où ? Mick y est !

(holorimes et contrepèteries par Alexandre C.)

ces gens chancelaient
du mardi au samedi
j’en sais se léchant

(anagramme de syllabes du vers 1 à 3, par Annie)

L’un dit du mi* qu’est
Le son « je » du nid des thés :
Main d’elle sonne au coeur !
(homophonies à proximité ! par Jacqueline Jacquadit) * la marche nuptiale débute par un accord de mi mineur.

L’un dit du Mickey
Qu’il a du chagrin, qu’il pleure,
Et l’indique humide.

(haïku-caillou) BM

Dimanche 30 Dimanche des Promesses tenues

Une tait ce mort
Pensant, pite *, au type en sang.
Promesse tenue.
(palindrome phonémique d’Alexandre C.) * pite, en ancien français, signifie pitoyable au sens premier du terme (qui est naturellement enclin à la pitié, et non qui excite la pitié)

Promesse tenue,
Ce dimanche, le curé
Professe tout nu.
***
Ne m’oppresses-tu
Que pour cette malheureuse
Promesse tenue ?
(haïku-caillou d’Alexandre C.)

Quand vint son promis
la Carioca prit sa main
lui donna sa foi.
Il mit sur son front d’airain
un tortil d’or fin.
***
Au matin son pur-sang gris
se fondit à l’horizon.

(architog en lipogramme [E] par Noël Bernard)

Dimanche des Promesses tenues
Taches d’ions du sperme en messe !
(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Faire des promesses ?
C’est écrire en politique,
Mensonges en prose !
***
Tenir ses promesses ?
Science-fiction poétique
Au nom de la rose.

(double marsupiailku) BM

Monopole, astuce,
Posture majestueuse
Germanopratine ?
Nos superstars somnolentes
Défendront leurs stupres,
Leurs costumes fastueux
Défiscalisés.

(architog en bambochade d’ordre 2 et 3, assouplie et ordonnée, avec lettres qui se succèdent sans intervalle dans chaque mot) (supeRSTructure aSTUcieuse) BM

Astucieux,
Superstars stupides,
Nos costumés somnolents,
Indéfiniment
Défaitistes,
***
Défendent leurs monopoles,
Défiscalisent winstubs.

(tog irréductible de 7 vers (avec un saut) de 3+5+7+5+3 + 7+7 syllabes chacun et contrainte de la bambochade en supeRSTructure aSTUcieuse) BM

Lundi 31 St Générique de fin

l’éternité… enfin
je l’exige l’écris
en vert silence si
je résiste me gris
e précisément prix
des délires mépris

(série vocalique d’Annie [(E E I E E I])

Au fil de cent films,
des ados au mors en dent
d’agir hors de l’air.

Ô fillot en chintz cossu,
où est mort hip hop de fou ?

(mots alphabétiques de Noël Bernard)

Saint générique de fin
Traque infinie de gens !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Qu’Irène est jolie,
Petite pépée petite,
Pile, au générique.

(palindrome phonémique)


Dans leur hall de gare,
En sa liasse de Lincoln,
Une, en ciré, gane.

soit

Dans le rôl’ de Garance alias Eudeline col-nu, Nancy Reagan.
Lincoln est le billet de 5 dollars et ganer signifie laisser aller à la main (au jeu de l’hombre) (explications d’Alexandre C.)

Le mot de la vis
Sans générique de siècle
Des haricots fins
***
Justifiera les moyens
De faire une triste race
.
(tanka en filigrane) BM

NOVEMBRE 2022

Mardi 1 Grande Bousculade

Vautours chambardèrent :
Débectante bousculade !
Freluquets casquèrent.
***
Policeman contemplait,
risquant virulents fichages.

(5-bambochade stricte par Noël Bernard)

Grande Bousculade
Duce garda le bonus !
(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Les taga * bousculent.
L’ordre émane en amer, drôle,
Luxe ou bagatelle.

(palindrome phonémique d’Alexandre C.) * Taga : Haschich

Pendant la grande bousculade
Nous avons visité Tolède
Avec un passeport valide.
À l’Alcazar on chanta l’ode,
Et l’on bouscula le prélude.

(babebine) BM

Grande Bousculade,
Harde avide, débandade :
Adieu, promenade.

(3-sympathie stricte) BM

Mercredi 2 Ste Parabole Orientable

Ste Parabole Orientable
Ô bel apostat renie le bar !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Les passants pressent le pas.
Sans le voir passent au ras
de ses frusques, de son bol.
***
Quelques pièces dans son bol
permettront, permettront pas,
de remplir l’assiette à ras ?
***
Du bitume assis au ras
il tend sans un mot son bol,
l’être humain qu’on ne voit pas.
(terine sur « pas-ras-bol » par Noël Bernard)

Ce liseré vert
Et gris para bol au riz
En table … Ou alors …
***
Seule Yseult révère, aigrie,
Parabole orientable.

(signé Alexandre C., para, beau bleu, oriental.

Parabole, parle !
Palabre parlementaire ?
Parlure coupable ?
***
Malpropreté populiste ?
Parlote irrécupérable.

(tanka en 5-sympathie stricte) BM

Jeudi 3 St Carnet de Bord

Je me couche en dernier. Dernière clope.
Pipi, pieds, j’éteins les dernières fois :
le feu qui marche, le robinet qui veille.
Dehors les gouttes, l’abri, celui qui ferme
mes portes, puis une dernière couche.
En choses, mentalement, je suis.
Celui qui serre, qui tombe dru : à l’eau les sommes. Je suis.
Je suis celui qui veille sur l’histoire.

(bord de poème sur « Celui qui ferme le livre » de Thomas Vinau dans « Comme un lundi – Carnet de bord assis tout au bord du temps » par Noël Bernard)

saint carnet de bord
né transit de bocard *
Debord crâne tisant **
bond de Sartre : catin !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit) * bocard = bordel ; ** tisant = picolant

5/4 bornait deux
Suites croissantes dans le
Saint Carnet de Bord.
(gidaille d’Alexandre C.)

Pour rouler un pète
Sans papier à cigarette,
Ton bloc s’effeuillette !
soit
Ô Carnet de Bord,
Dans ses faffes, fais cent-deux
Robes des narcos.

(pilindrome d’Alexandre C.)

Saint Carnet de Bord,
Crayon déjà fatigué,
Rincé de carbone.

(haïku-caillou) BM

Saint Carnet de Bord
Bouleverse l’agenda !
Carnets : Debord naît.

(gidaille 231 et haïkunagramme) BM

Vendredi 4 Sacré Génome

Par éden note lue
-sacré génome-,
démone gerça :
seule tonne de rap.

(palindrome de Noël Bernard)

Ô génome sacré, tapi pater, case mon ego !
(autre palindrome, par Jacqueline Jacquadit)

« sans tabac » bride, gêne, endommage
(primitive, plaidoyer pour les fumeurs, par Annie)

Ardents carabins,
Gandins charmants, badinant,
Régnant dans l’arène.
(variante « primitive » de [A-D-N-A-R-N], ne tenant pas compte de la surcontrainte d’une lettre par syllabe) BM

Partons pour Aden
Y extirper l’adénome
Caché dans l’arène,
Analyser le génome
De la reine belle
De Saba, la jolie môme.
Puis retour Modène.
(architog génétique) BM

Imagine ça,
La vérité du génome :
Désoxyribo
Sur une petite dose
D’acide ribo.
Sa molécule modèle
L’écume future.

(architog en okapi) BM

Goofy
Dénie
Le génome ?
Finit
Génie.


(dichotog) BM

Samedi 5 St Carré d’As


(quatrain isocèle de Noël Bernard, avec son explication)

il me manque un U
pour écrire curé d’Ars
je le cherche au Q
(haïku d’Annie !)

Sans carré d’as,
A marée basse,
Ce taré passe,
Se barre hélas
du bar et las,
Se marre et casse
Un mât, rêvasse,
saoûl, à Recas.
(Alexandre C.)

A-t-il carré d’as ?
J’ai dame à mari, valet,
Ma main gagnera…
***
Tapis, sans débat,
Mais gaffe… Ah ! mais l’as est là ?
Tant pis ! Ça me va.
(double haïku en suite vocalique [A-I-A-E-A]) BM

Dimanche 6 Ste Vengeance tardive

A dit vérité,
a évité tout détour.
Vivait droit et dur.
***
Arrive à rive de vie.
Et Dieu rit : « Ô vie à tort ! »

(consonnes du mot « tardive », tanka de Noël Bernard)

Vengeance tardive : Oh !
Vends ce divan d’Yvan !
(Alexandre C. vous propose ce dessin et son explication : les syllabes impaires d’un ensemble coloré sont les syllabes du suivant)

Talion trop tardif
Ou punition sans motif ?
Bon plat froid, furtif.
(haïku lipogramme en [E]) BM

Engeance tardive,
Indigne de récidive,
Ta vengeance arrive,
***
Race revendicative,
Arrière-garde craintive.

(tanka en beau présent sur [vengeance tardive]) BM

Le temps se présente,
Et je t’ébrèche les dents,
Te pète le nez…
***
Je m’en berce lentement
Et l’espère tendrement.

(tanka monovocalique en [E]) BM

Pourriture noble
Grain par grain sélectionnée
Par le vendangeur,
***
Le sang moelleux du vignoble
Entre aux cuves du saigneur.

(tanka du vigneron rancunier) BM

Lundi 7  St www.com

Swinguait walkyrie
Clownesque boogiewoogie.
Webmaster switcha.
***
Outlaws forwardèrent show,
twittosphère swanza. Wesh !

(collier de w par Noël Bernard)

saint double vé point
double vé point com
saint double vé Rien
***
rien n’apparaît Rien
ai-je oublié point ?
ai-je oublié com ?
***
saint double vé com
saint double vé Rien
ce saint est sourd point

(terine de l’efficacité de la prière, par Annie)

Vise un coin
Vite ou paume !
Va au point
Vague comme
Vient ce coing
Vers ta pomme.

(Alexandre C.)

Quand les jeux d’Arachne
Pavent sa toile mondiale,
Kiffez-y grand web.

(pangramme de 56 lettres) BM

Mardi 8 Prise de mousse de St Magnum

mousse aux commissures
ivresse en mon cœur versée
amère invasion
***
rivière où ma rose noie
saumure où mon orme envase

(prisonnier libéré par Noël Bernard)

Prise de mousse de St Magnum
Guss maso m’enduit de sperme !

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Qui a donc volé
les glaces et le champagne
De ce pauvre Higgins ?
Indice :
Tâche de Magnum ©,
Aux moustaches de Magnum,
Mousse de magnum.

(Alexandre C.)

Un homme magyar,
Rond comme un boudin, bafouille :
– Y’a re-un magnum ?
(gidaille d’Alexandre C.)

Week-end en Champagne.
Souvent magnum y domine
Les beaux Balthazars,
***
Quart, Fillette ou Champenoise,
Jéroboam, Salomon.

(tanka et pangramme de 97 lettres) BM

Mercredi 9 Ste Blouse

Ô maîtresse pieuse,
Qui n’a chaud que dans sa classe,
Où vas-tu finir ?
soit :
Ell’, hors blouse, s’caille
Et Saint Pierre valshésite :
The Blue Sky or Hell ?
(gidaille et dessin d’Alexandre C).

Sa blouse de bure,
tachée hier en jouant,
il la lavera.
***
Du soleil sera fidèle
la chaude main caresseuse.

(accumulation agréable de Noël Bernard).

Quand j’avais froid, portant la veste longue et moche
Que mes craies ont gâchée, bref, privé de jouet,
Blafard, grave, masqué, je pleurais en cachette,
Mais j’avais bien pigé, fier tel le coq hardi,
Pour un mioche jovial qu’il faudrait beau courage.
Si mon futur bloquait, au galop j’avais chaud.

(belle absente) BM

Tes blouses sont là,
Ta blouse en soie, sensuelle,
Tu l’ôtes la nuit ;
Ta blouse sale, à l’étable
Ou à l’établi,
Ta bonne blouse essuie-tout,
Ta blouse a le blues.

(architog en beau présent sur Sainte Blouse) BM

Jeudi 10 Ste Catachrèse À la Ste Catachrèse, sucrons les fraises

La plume, du bec,
Catachrèse un nouveau monde
Au pied de la lettre.

(haïku d’Alexandre C.)

Cours, Caïn. Ta faute
glaça schizo, hagard, preux.
Enfants se rebellent.

(haïku de Noël Bernard en codage sympathique : repérant les lettres communes aux mots successifs, on retrouve « catachrèse », la situation « sandwich » comme ATA se traitant par deux mots partageant les deux lettres concernées)

Sainte Catachrèse
Ramène aux vécés sa fraise :
Saint caca, Thérèse.
(haïkunagramme) BM

Saintes Catachrèse,
Métonymie, Métaphore,
Carcasses éteintes.
(haïku-caillou) BM

Vendredi 11 Arrêt des Ecchymoses

Échec : cosses sèches.
Homme sème choses moches,
cesse soc, s’émèche.

(beau présent sur « ecchymoses » par Noël Bernard)

oh ! écho me somme
mômes semés, mecs choyés
même mes échecs

(haïku en beau présent par Annie)

Osé qui m’écrit :
« Haine ! » et promet mort et peine,
Crime et ecchymoses !

(pilindrome d’Alexandre C. dont l’explication suit)
\ɔz\ɛkim\mɛ\kri\
\ɛn\ɛp\ʁ\ɔ\m\ɛ\m\ɔ\ʁ\ɛp\ɛn\
\kri\mɛ\ɛkim\ɔz\

Belles ecchymoses,
Mots exquis, week-end pourri.
Zut, j’y vais, au golf !

(pangramme de 54 lettres, avec réminiscence de Duchamp et Desnos) BM

Samedi 12 Ste Gibelotte du Supermarket

Chais dut Mars : « Hue, pair,
paie ta tournée au troquet
du supermarché ! »
(gidaille : 1er et 3ème vers en permutation quenine inverse 1-2-3-4-5 -> 2-4-5-3-1, par Noël Bernard)

Ste Gibelotte du Supermarket
Mark guette Lotte bides repus !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Ossu, Père Marc
quête. Gibelotte oblige
Au supermarket !
(pilindrome nord-sud par Alexandre C., et son explication savante ci-dessous)
\ɔsypɛʁ\ə\maʁk\
\kɛt\ə\ʒ\i\b\ə\l\ɔ\t\ɔ\b\\l\i\ʒ\
\ɔsypɛʁ\\maʁk\kɛt\
(Trois \ə\ dans la première partie sont avalés pour produire la seconde)
(À noter que gibelotte se prononce \ʒi.blɔt\ ou \ʒi.bə.lɔt\ et s’écrit giblotte en Canada)

Gille ! Ôte, là, deux
Gibelotes de lapins !
J’y peins la belote !

(sorte de gidaille filée, encore par Alexandre C.)

Chez Supermarket ®,
C’est fameux chaque week-end.
J’y vais : Gibelotte !
(pangramme de 53 lettres) BM

Dimanche 13 St Décibel

Ému je récite
de ce sélénet
amère pépite
du hère fané.
***
Rude, me désole
gore décibel.
Atone, m’isole
de vive Babel.
(sélénet en okapi par Noël Bernard)

A décibels pâles,
Là, César, non rasé, sale.
La plèbe y céda.

(palindrome phonémique par Alexandre C.)

Décibel de nuit,
Je murmure à ton oreille,
Si belle de jour.
***
Tu es si belle toujours.
D’être si belle me nuit.

(tanka) BM

Lundi 14 Ste Libido d’automne

Libido d’automne,
furieux torrent,
gondolier aphone
je suis ton courant.
***
Dans la ville morte
erre mon soupir.
Cherche en quelle porte
feu vint s’assoupir.

(sélénet signé Noël Bernard)

libido d’automne
s’assoupir sans s’assouvir
au fond d’un tonneau

(médaille, par Annie, son inventrice)

Une porte s’ouvre
L’âtre est accueillant
Une fleur s’entrouvre
Pour le bel amant
***
Vive ardente braise
Vole au gré du vent
Le torrent s’apaise
Dans le firmament

(sélénet de Jacqueline Morel)

Libido d’automne,
Le corps exulte en tous sens :
Dos, bide, au lit, tonnent.


(gidaille signée Alexandre C.)

Libido d’automne,
L’effeuillant jusqu’au bourgeon,
L’été mène aux pauses.

(haïkúxymore par Alexandre C.)

Sais-tu le plaisir
Béni des tocards ? Partout,
Toujours, minauder.

(primitive) BM

Sainte Libido
Un beau jour tourne le dos :
C’est le bide au lit.
(gidaille 231) BM

Mardi 15 Taboulé nouveau

tout fier beau gamin
a enfourché son vélo
bien droit va biclou
on l’imagine un adav
un louf nid de poule
l‘éjecta au walhalla
écrabouillé le zazou


(architog de Noël Bernard, en double acrostiche)
(lexique : adav = avion à décollage et atterrissage verticaux)

Laine ou veau, tabous
De véganes gavées de
Taboulé nouveau.
(pilindrome d’Alexandre C.)
\lenuvo\tabu\
\də\ve\ga\nə\ga\ve\də\
\tabu\lenuvo\

Taboulé nouveau.
Beaujolais très épicé.
Sorbet goût banane.

(hypallaïku d’Alexandre C.)

Les tas boulaient ta
Boulette, aboulaient ta boue.
L’état bout, lette. Ah ?
***
Bouh ! Les taboulés tabous.
Les tabs houlaient, à bout, laids.
(tanka d’Alexandre C.)

Taboulé,
Hachis de tomates,
Persil, oignons, et menthe fraîche,
Ta salade libanaise apprivoise l’Europe.
Au sein des traditions, de nouveaux ingrédients ont modifié les goûts des recettes.
***
Les puristes
Se sont fait la guerre,
Plus de citron, moins de boulgour,
Ajouter du concombre, ou bien des raisins secs.
***
Tradition,
Quand tu t’es perdue,
Est-ce ta mort ou renais-tu ?
***
Taboulé,
Sans ta menthe fraîche,
***
Tu n’es rien.
(bigollo) BM

Ça le chamboula
De manquer de taboulé,
Donc ce kabouli
***
S’explosa le caboulot.
Il en devint maboul… Hu !
(tanka en babebine) BM

Dans le taboulé,
Osons mettre du maïs,
Brisons les tabous.
(gidaille en terine 312) BM

Pour le taboulé,
Pas de boulette ! Ah ! (terine inverse)
Suivons les tabous. (terine, quenine d’ordre 3)
Menthe aux bouts talés ? (anacyclique d’une terine)
L’aïeul les bouta. (anacyclique syllabique)
L’oignon talé bout. (anacyclique d’une terine inverse)
(variations sur la recette du taboulé en gidaille) BM

Mercredi 16 Questionnement de St Champion

Quand, freux, te pousses,
trop noir, trop gland,
nus, trémoussent
vers blancs lents.

(ouïseaunet de Noël Bernard : structure 4-4-3-3, rimes singulière/plurielle, parlant d’oiseau ; et primitive de « questionnement »)

Pendant l’émission,
Nos voix couvraient la tricheuse
Qui volait les fiches.
***
Questions pour une championne :
Chantions pour une qu’espionne.
(tanka avec gidaille complexe, par Alexandre C.)

Le champion hésite.
Qui ? Quoi ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?
La réponse, vite !
***
Le salut, c’est l’ignorance,
Si tu veux tenter sa chance.
(tanka) BM

Jeudi 17 St Mouton & St Patte

Mon premier n’est pas une charade.
Mon second est une contrepèterie.
***
Mon tout a cinq pattes.
(plaisanterie d’Alexandre C.)

un mouton
***
courait sur l’ubac
cherchant la fleur couleur de ciel
un loup trottait rusé sous le couvert des arcosses
***
la marmotte
près de son terrier
fixait cet aigle qui tournait
***
du névé
courait en chantant
***
l’eau paisible

(bigollo de Noël Bernard)

Je me suis armé de mes pattes,
Et je me suis masqué d’un loup :
Je vais essuyer les moutons.
***
Fi de la viande des moutons :
Je pars au bord de mer, à pattes,
Et j’espère pêcher du loup.
***
Dans les fables, puisque le loup
Aime les gigots des moutons,
Il cherche la bête à cinq pattes.

(terine d’octosyllabes) BM

Vendredi 18 Ste Carcasse

Ce car écrasa
csar racé, à rare ascèse.
Sa carcasse : crac !
***
Ras, sec, à ce réac crasse,
a cassé serre acérée.
(beau présent par Noël Bernard)

ça créera escarre
car sa serre ressassée
écrase caresse

(médaille fautive car ressassée évoque la répétition plutôt que le détour, dixit Annie)

Sainte carcasse
Sacré sac satiné
(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Au panneau, ça craque !
Eux descendaient danser de
Carcassonne à Pau.

(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

Sacré caractère !
Tes caresses ressassées,
Tes tracas secrets,
***
Ce ressac t’a écrasé ?
Ta carcasse restera.

(tanka en beau présent) BM



(dichotog isocèle) BM

Samedi 19 St Poil à gratter

« Ô pilou,
d’us soûl issu !
– ( Poli ) Ô pou dodu !
– Ô poil ! »
Opus si lu, ossu duo lipo.

(palindrome sur 7 lettres par Noël Bernard)

St poil à gratter
Art pâle tôt gris
Gala trop triste !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Edgar, cabotin,
Dans une nouvelle acide,
Se joue De Nerval.
soit
Pouah ! La gratte épique,
Poe alla gras, ténébreux.
Poil à gratter pique !

(la gratte épique vaut bien un luth constellé, non ? C’est Alexandre C. qui vous le dit)

Saint Poil à gratter
S’irrite des charabias :
Saint Graal hait patois.
—–
Saint Poil à gratter
Bien puni, fut condamné
À gratter cinq poêles.
(deux haïkus-cailloux) BM

Dimanche 20 Ste Étique

fini l’âge du Fe vive l’âge de l’U
médusé le pinson taciturne s’est tu
le vent expire le temps est vide tué
le cadeau de noël reste dans son étui
d’un silence mortel le bercement quiet
enveloppe de froid le bel enfant étique

(échelle ascendante non ordonnée, gravie par Noël Bernard)

Toutes les valeurs
En stade climatisé
Fondent en argent.

soit
Qui t’es ? l’équité ?
L’éthique étique, quittée,
Qui tait les tickets ?
(Alexandre C.)

ma minceur osseuse
s’amenuise, se consume,
ma croissance cesse.
***
mon univers sans issue
se résume à mon murmure.

(tanka en contrainte du prisonnier) BM

Lundi 21 Les Canines

Aîné insensé
sasse ses anciennes scies.
Sa scène à sa nièce…
Ce ciné à caisse insane…
Ces ananas nains !
Ces incises assassines !
Ne cesse ce scan.

(architog en beau présent par Noël Bernard)


(un nouveau conte mythologique quasi isocèle, par Annie, avec des suites de voyelles [EAIE])

Nina, qu’elle est douce !
Haï, Ulysse, il lui a
Soudé les canines.

(selon Alexandre C. ce n’est pas lindrome phonémique mais presque)

Pour déguster des bananes
Quand on a des dents de hyènes,
On s’aiguise les canines,
On dit sa prière à Nones,
Et on hurle pour des prunes.

(babebine) BM


(quenine de longueurs de mots, en l’occurrence quatrine) BM

Mardi 22 Idolâtrie des Trois Ténors

Trois rois oit,
sitôt tort,
sortir or.
Rit : « Sots ! – Soit »

(beau présent sur « trois » par Noël Bernard)

Idolâtrie des Trois Ténors
Trinité assortie ? Drôle d’os !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Tais nos ragoûts de
Tes normandes cuites au
thé nordique et pâtes.
(les 3 vers commencent par \tenor\)

José Carreras,
Luciano Pavarotti,
Et Don Domingo :
***
Des tonnes de belcanto
Qui pèsent sur la photo.

(tanka) BM

Mercredi 23 St Tracassin

il me déclare tout à trac
parole, mon gars, t’es un as
la troupe te prend en son sein
***
puis il me presse sur son sein
voilà qui m’a ôté mon trac
moi le pauvre mec sans un as
***
vêtu comme de pique l’as
avec un holster sur le sein
rôde et suis des rentiers le trac
(terine sur « trac – as – sein » par Noël Bernard)
au dernier vers trac (terme de chasseur) = piste

Saint tracassin
As instits à cran
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Julien ? Sa carte
Enneigée ? Si c’est gênant ?
Tracassin y luge !

(pas lindrome phonémique mais presque, selon Alexandre C.)

Là, tracasse un cœur Las. 
Tracassin, querelleur,
La traque à cinq heures.

(résumé du conte de Grimm en homophonies par Alexandre C.)

Lorsqu’un fantassin,
En rêve, entre en ma cervelle,
Mon effroi se renouvelle :
Est-ce un assassin ?
***
Comme un marcassin
S’échappant dans la javelle,
Et comme la bartavelle,
J’ai le tracassin.
***
Car dans la nature,
Tout comme dans la culture,
Les conquistadors
***
Ont l’âme guerrière.
Alors, je fais ma prière,
Et puis je m’endors.
(sonnaïku) BM

Jeudi 24 N.-D. des Infarctus

Oreillette et ventricule
dans leur valse à quatre temps
perdent le rythme et reculent.
La porte ferme ses battants.
***
Une douleur coronaire
m’envahit d’un flot dément.
Je sens un fleuve lunaire
m’entraîner en son firmament.
***
L’inexorable descente
en l’antre immense du froid
suit la ténébreuse sente
où je chemine avec effroi.

(clotilde, par Noël Bernard)

Un schwyz au ghijak
Manqua d’air sous l’abat-voix
Puis fit l’infarctus.

(pangramm sans …, autrement dit lipogramme ? C’est une production d’Alexandre C.)
schwyz : bovin brun
ghijak : outil musical d’Iran

Affaires de cœur,
Infarctus sentimentaux,
Hypertension romantique accélérée,
Notre-Dame des Infarctus, prenez soin de nous,
Et jusqu’à notre mort nos myocardes toujours vous vénéreront.
(prière en architog panpremier 5+7+11+13+17 syllabes) BM

Vendredi 25 St Chapon À la St Chapon petit patapon

Chapon, mon délice !
Castrant délicatement,
combien sut esprit
calibrer fragrances fortes,
instiller douce vertu !

(3-bambochade stricte quoique moralement contestable, selon Noël Bernard)

Les cervelles
L’épiphane
Les pêches melba
(chicagomophone approximatif, dont Alexandre C. propose la solution suivante)
Les cerfs vêlent
Les pies faonnent
L’épeiche met bas
—–
Le chat pond.

C’est au jour de la St Chapon,
Que cette poularde tomba
Raide dingue d’un beau chaton.
Tous les deux firent la nouba.
Quant au minou, de son côté,
Il crut aimer une paonne.
Tout ce monde avait bien fauté…
Dans ce curieux ménage à trois,
Bien que la nature déconne
La génétique n’échoua.
***
Et naquit un joli chat-paon.

(fable express) BM

Chapons haïs
S’envolent hier
Chat pond ? Aïe !
Sans volières ?

(ouïseaulorime) BM

Poulet
Castré ?
Le chapon
L’est, très
Châtré !

(dichotog)

BM

Samedi 26 Jour des Ouvre-boîtes

Ravioli
***
Depuis longtemps que je sers
en desserrant ce que dois,
j’offrais sans peine un dessert
même au scout au fond d’un bois.
***
J’ai blessé parfois, il coule
un tout petit peu de sang
‒ c’est d’un maladroit ! la foule
usait d’un geste innocent.
***
À présent, truc obsolète :
un œilleton à crochet
ouvre la boîte et se jette
‒ je rouille, engin sans objet.
(Annie)

Tête à cou
***
C’est fou, je ne fais que défaire.
De la guillotine, cousin
(petit cousin), mais je préfère
lui laisser son jus de raisin.
***
Comme elle j’arrache la tête
afin que s’écoule de quoi
abreuver les foules en fête
dans la rue, ou chacun chez soi.
***
Je suis précieux, indispensable
quoique petit, – n’ayez pas peur
en mer, en pique-nique, à table
je suis le décapsuleur.
(Annie) (04/09/12)

Ortie,
urticante verdure
refiles effleureuses brûlures.
Oublie intrus toute espérance.
Sorcière !

(Onzinet avec en acronyme « ouvre-boîtes » par Noël Bernard)

Ouvre un grand nightcluB :
Un endroit pour le discO.
Viens ! Bois ! Lâche-toI !
Rêve et danse cette nuiT,
En folie. Ouvre la boîtE !
(tanka acrotélostiche par Alexandre C.)

Jour des Ouvre-boîtes
Ours ! je te vois bouder !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Jour des ouvre-boîtes :
Pour inaugurer la danse,
Trouve des bourgeoises !
(haïku-caillou) BM

Dimanche 27 Ste Poivrade

C’est à la poivrade
qu’on reconnaît le poivrot.
Oui, mais la salade ?
***
C’est par l’estocade
qu’au toro paraît salaud.
Oui, mais la marrade ?
***
Grâce à son haut grade
gros se révèle maraud.
Oui, mais la bourrade ?
***
Prends garde à l’alcade,
anarcho, vois le  bourreau.
Bravade ? – Bravo !

(« rimes popelines » torsadées : le 3e vers de chaque haïku forme une rime popeline avec le vers central du suivant, tandis que le 1er vers se retrouve en rime popeline dans le premier mot du vers suivant – parfois à calembour près – par Noël Bernard, le tout sur une invention d’Annie dont voici le mode d’emploi : « un popel est un quatrain dont les rimes sont assurées par des mots masculin en eau/féminin en elle, ainsi eau/elle ; peau/pelle ; couteau/coud elle. La métrique est libre, le thème sensible! »)

à sainte poivrade
mange du poireau
tu seras poivrot
***
à sainte cagade
méfiance ! un sirop
te ferais cagot
***
à sainte bravade
tu ne bois pas d’eau
on te dit bravo
(poème d’Annie, suggéré par les rimes de Noël, ça n’a pas de nom, à oublier parmi « les refrains idiots »… mais d’où ça sort « les refrains idiots » ?)

Poivrade, on sévit,
Raillez bas ! L’abeille arrive
Et son dard va ! Hop !

(pas lindrome phonémique mais presque, par Alexandre C.) le \wa\ se retourne en \a-o\ et génère un pied de plus, pied rattrapé par une dissymétrie au niveau du deuxième vers.

Sainte poivrade
Opina : « vie de star » !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

La pauvre Poivrade
Qui mourut au fond d’un rade
Était bonne poire.
(marsupiailku) BM

Lundi 28 St Quatrain

De sansonnet
ne vaut, roupie,
utopies
ni sonnets.

(ouïseaunet de Noël Bernard)

rimer un quatrain
ébranla son cœur de lièvre
l’oiseleur trinqua

(médaille d’Annie)

Trinca trinque à
Un quatrain qu’a
Quatre incas trains.
Cacas. train-trains.
(signé Alexandre C.)

Quat-
-rain
qu’hâte
rin.
***
Quatre
in-
-cas
trains.
***
Taire
Cet
air,
***
Ces
ter-
cets
(un sonnet d’Alexandre C.)

Qu’utilise,
Au travail,
Rosa ? Ail,
Iris, nise.
(quatrain d’Alexandre, en acrostiche de lettres par mot)

quat-
rain
quat-
rain
***
quat-
rain
quat-
rain
***
ter-
cet
ter
***
cet
ter-
cet
(sonnet de Robert Rapilly)

Ni quatrain
Ni art au qin*
(anagramme de Jacqueline Jacquadit) * cithare chinoise

Un quinqua instruit,
Un intrus antiquisant,
Rassis, sans attrait,
Un assassin sans statut
Qui squattait un train,
Susurra au tsar transi
Un quatrain taquin.
(architog en beau présent) BM

Un huitain
Deux septains
Trois sizains
Quatre quintils
***
Cinq quatrains.
(chicago descendant et ascendant) BM

Tercet ?
Quatrain
Mal conçu,
S’étreint
Contraint.


—–


Parfait,
Malin,
Le quatrain,
Félin,
Câlin.


(deux dichotogs) BM

Le quatrain, chez nous,
C’est un tercet qui rallonge,
C’est l’obésité
***
À l’œuvre dans le douzain,
Même dans le quatorzain.

(tanka en contrainte du snob) BM

Mardi 29 Stage d’entreprise

espérer l’éden
entreprendre le désert
engendrer l’enfer

(monovocalisme de Noël Bernard)

Stage d’entreprise,
Use ce vieux travailleur,
Prend sa tête grise.

(haïkunagramme d’Alexandre C.)

Esprit désargenté
Stage d’entreprise
Tri : tresse de pagne
Président agreste
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Dans les stages d’entreprise
On entraîne à l’élastique
Le cadre aux abois :
Le meilleur.
***
Dans une riche entreprise
Il apprend à coup de trique
La langue de bois
Du veilleur :
***
Celle qui résout la crise.
Et ce beau langage applique
Le projet des rois :
***
L’orateur
Guette la grève et la brise.
(tog) BM

Mercredi 30 St Mufle, apôtre

La femme que l’on bat. La peau que l’on érafle.
Cette meuf qui ne vaut guère mieux qu’une nèfle.
Le délice du pleur que fait jaillir la gifle,
Larmes la joue hachant du noir de la girofle.
De l’homme la vapeur vineuse, hors du mufle.

(babebine de Noël Bernard) Note : le clou de girofle entre dans la composition du khôl.

Mufle, apôtre, appâte
Ce lapin comme ces ânes
sans trop de blessures.
***
Sur deux blés : Hortense.
Cézanne peint comme cela
Patatras ! Paul fume !

(pilindrome d’Alexandre C.)

Meuf trop tesla
Amuse trop flet
Mufle protesta
Et flop ! Rut sema !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Il faut qu’on l’érafle,
Il ne vaut pas une nèfle,
Mérite une gifle.
***
Crucifions-le de girofle,
Faisons la fête à Saint Mufle !

(tanka en babebine) BM

DÉCEMBRE 2022

Jeudi 1 Jour des Bourriches

Jour des Bourriches
Heur du broc, je rosis !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Oscillent les bourriches
En cale,
Si, omettant,
Vite, Amine verse.
Quatrain libre (verser signifie ici chavirer) homophone au haïku suivant :
Aussi le lait bout,
Riche en calcium et en
Vitamines. Verse !
(signé Alexandre C.)

Œufs tougueuls, bourriches,
Œil de poussin, soupe d’yeux,
Chiroubles goûteux.

(palindrome phonémique par Alexandre C.) tougueul : européen (en français du Sénégal)

le citron versé sur l’huître
la recroqueville
mon amour à ton oreille
mêmement te fripe
le vin blanc va bien sur l’huître
il fait oublier
cette perdition marine

(architog de Noël Bernard)


(primitive) BM

Le jour des bourriches
L’huitre est le plaisir des riches
Et fond dans leurs bouches.
***
Avant les filets de biches
Et le chocolat des bûches.
(marsupiailtanka en série) BM

Vendredi 2  Stes Belote & Rebelote

**Stes Belotte et rebelotte
*Carte jouée
*Tac ! Rejouée !
**Tel torse bêle : « t’es tôt bête ! »
(couple d’anagrammes, par Jacqueline Jacquadit)

Bel hôte, erre, bel hôte
Baume halal face et sang
Là, peint, ange y belote,
Nourrira mille et cent.
***
Belote et rebelote
Beau mâle alfa cessant
Lapin en gibelote
Nous rit, rami laissant

(holorimes mélangées et coupées par les soins de Noël Bernard)

L’habile ôte
Au bulot
Sa belote.
Un beau lot,
Ça ballote.
***
La pilote
Au pull haut
Si pâlotte,
Au polo,
Se pelote.
***
Là-bas, l’hôte
Au boulot
Se bilotte.
On bole, Ô,
Sa belote.
***
La pale ôte
Au poulot
Sa pile haute.
Et Paulo,
Si peu, lote.
(Alexandre C.)

La reine écarlate
Pour son roi met sa voilette
Et réhabilite
Le gentil jeu de belote
Elle est prête pour la lutte.
(tanka en babebine) BM

Les cartes sont là :
Roi, dame et valet de cœur.
Le dix et l’as aussi complètent la donne.
La partie est gagnée à l’avance, c’est certain.
Il suffit de garder le couple pour la fin, et c’est dix de der.
(architog panpremier 5+7+11+13+17 syllabes) BM

Samedi 3 Jour de la Sacrée Sitcom

Oh putain
on s’est marrés grave !
C’était barjot de chez barjot.
Et la meuf, t’as vu ça ? Mais qu’est-ce qu’elle était ouf.
***
Tous les potes
qui pissaient de rire,
jamais vus dans un tel état.
***
Mais c’est nul,
parce qu’après ça…
***
Voilà, quoi.
(bigollo de Noël Bernard)

Croûte de  joli massacre !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

El Enelegarzón
— Je suis le ténébreux (Tout le public l’acclame)
— le veuf, — l’inconsolé (« Oohhhhhh » d’attendrissements)
— J’ai rêvé dans la grotte (Rires enregistrés)
— Où nage la sirène, (Chuchotements feutrés)
— Traversé l’Achéron (Vifs applaudissements)
— Et les cris de la fée. (Générique et réclame)
Gérard de Nerves
(pastiche d’Alexandre C. pour le Jour de la Sacrée Sitcom)
PS : Une licence spéciale sitcom autorise toute opération ordinairement délictueuse à la césure. Et c’est bien heureux, ici !


(double acrostiche double) BM

Dimanche 4 Délivrance de St Rintintin

Mignonne inconnue,
nocturnement nonchalante,
Nannerl ânonnait.
***
Klaxonnèrent bienpensants.
Innocente, ronronna.

(n-tricollier strict de Noël Bernard : tous les mots comptent trois n exactement, à l’imitation du saint du jour )

Chic à peu près go
***
Aboli         / bibelot
Inanité      / oualou
Pas plus de peau de zob que de vives truites au Bas-Meudon
Nèfles       / vent et mousse
Privé de    / désert
***
Solution :
Rin – Tintin
Remarque :
Si de rin, tintin,
alors de tout, à foison,
Moins par moins vaut plus.
(chicago d’Alexandre C.)

Je ne suis rin – tintin ! -, – le toc, – l’inconsistant,
L’aboli bibelot d’inanité sonore.
Les quatre fers d’un chien m’égalent par instant.
La moitié du rouston d’un amiral m’honore.
***
Peau de zébu, de zob, de chagrin et de balle,
Balai de crin, que t’chi, je ne vaux ni un clou,
ni une peccadille, encor moins que que dalle,
Que l’eau de mon baptême ou du bidet. Oualou.
***
Suis-je d’un bateau-mouche, une quille pourrie ?
Suis-je le fifrelin ? Des derniers, le dernier
Schako de pantomime ou pipi de douanier ?
***
Du sansonnet, le pet ; du singe, la roupie,
N’être que de Saint-Jean ou n’être, comme un con,
Pas plus que beurre en motte ou de sucre au balcon ?
(accumulation  d’expressions relatives à l’insignifiance, sonnet d’Alexandre C.)

Il attendait une greffe, mais nul donneur ne vint.
Rein : tintin.
(blague de Daniel Bilous)

Un berger allemand devint américain.
Le caporal Rusty délivra Rintintin.
Toute série un jour doit avoir une fin.
(souvenir de RQ) BM

Quoi qu’a dit Tintin ? – A dit rin Tintin.
Quoi qu’a fait Tintin ? – A fait rin Tintin.
À quoi qu’a pense Tintin ? – A pense à rin Tintin.
Pourquoi qu’a dit rin Tintin ?
Pourquoi qu’a fait rin Tintin ?
Pourquoi qu’a pense à rin Tintin ?
A’ xiste pas.
(souvenir de Jean Tardieu) BM

Lundi 5 Ste Bûche des Inserts

Il fait froid. Si froid.
L’auvergnat donne du bois.
Sans façon. Mourra.
***
S’il ne donne pas de bois
ça ne change rien. Mourra.

(tanka de Noël Bernard)

Ste Bûche des Inserts
Tu bistres des chênes !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

La bûche d’insert
Chauffe. Un alboche daim sert
La biche d’un cerf.
(Alexandre C.)

Voilà longtemps qu’on te rabâche
De renoncer à ta pimbêche
Qui flambe mieux qu’une cibiche.
Mais qu’as-tu donc dans la caboche ?
Tu es plus bête qu’une bûche !
(babebine) BM

Mardi 6 St Nicolas 12°5

Saint Nicolas….hic!
Douze degrés cinq, c’est d’ac!
C’est le jour ad hoc!
***
C’est ce que pensait le duc
Dans son château de Balbec.
(tanka en babebines désordonnées, par Gérard Le Goff)

Où Nicolas sonne,
Mos cœurs d’Ibères résonnent :
Unico razón !

(haïkulorime d’Alexandre C.)

Le boucher avait cru les trois enfants bien morts.
Sans un mot, le bon saint montra qu’il avait tort.
Soit :
Patron des petits,
laconique Nicolas
type détrompa.
(palindrome syllabique de Nicolas Graner lui-même, 37°2 le matin, 12°5 le soir)

Là, là, Nicolas,
Nos pères dans deux Pernod,
alcool à l’anis.

(pilindrome d’Alexandre C. en réponse à Nicolas Graner)

À midi Colas
avala son élixir
et osa rêver.
(okapi de Noël Bernard)

Saint Nicolas 125
N’osait 521* calins
(anagramme de Jacqueline Jacquadit) *en raison du fait que 521 est un nombre premier !

Crémant ou faux Champ.
Quel besoin de Sylvaner,
Gewurz ou Tokaj ?
(pangramme de 12°5 et 51 lettres) BM

Mercredi 7 St Genouillat-les-Trous

Soigner ses absences
à Saint Genouillat
c’est fou quand tu penses
qu’on s’y amusa.
***
Les trous de mémoire
au lieu des vacances
la vieillesse est noire
et grosses nos panses.

(sélénet d’Annie, Genouillat, Creuse, 23350)

Choux, bijoux, genoux,
joujoux, poux, cailloux, hiboux.
Et puis voilà toux.
(haïkoux de Noël Bernard)

Genouillat-les-Trous,
Suis-je Antigone ou Phébus ?
G., l’Anouilh outré.

(haïku-caillou d’Alexandre C., parti pour être graveleux et déviant in extremis vers le ténébreux)

St Genouillat-les-Trous
Un sot gorille lut « stase »!
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Quand une grenouille
Au bénitier s’agenouille
Avec sa quenouille,
***
Elle prie Saint Genouillat
Dans le trou du margouillat.

(tanka impie) BM

Jeudi 8 Immatriculation de Ste Carie

Immatriculation de Ste Carie
Code « smic » : la retraite à minuit ?
Taïaut ! Le timide Macron crise …
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Idée nase : Icare,
Nez d’Irak, à Ned, y raque
Des nazies caries.
(pilindrome d’Alexandre C.)

Elle a sans ciseau
décapé sans aide ces
émaux de Sens, si
érodés, qu’usaient rôt, vin,
aile et cuisse, endive
et, vé, bécasse issant d’Aisne,
thé. Cessant, béa.

(architog minéralogique du garage de Noël Bernard)
on y lit les immatriculations suivantes :

Une dent gâtée
Que ma dentiste a ôtée :
Je n’ai plus mal : elle est fée.

(katauta en morseku sur [caries]) BM

Vendredi 9 St C’est clair

À mon grand chagrin,
c’est clair, pardine, imparable :
l’eau garde silence.
Ô mon amour emporté !
D’ors teint décroît lentement.

(dans chaque vers du tanka de Noël Bernard, mots de longueur impaire croissante)

Saint c’est clair
Classait crétin
Castriste câlin
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Que l’air sec, sait Claire,
Éclaire les caisses claires !
Qu’est-ce que c’est clair !
(Alexandre C.)

El Desdimacho
***
Je suis le lumineux, – le veuf, – l’homme radieux,
Le Prince d’Aquitaine aux peines abolies,
Ma bonne femme est morte et depuis les adieux,
Je me dore au soleil parmi les ancolies.
***
Puisqu’elle est au tombeau, cela n’a rien d’odieux,
Je rêve, dans la nuit, de sirènes jolies ;
Je nage, languissant, vers leurs chants mélodieux
M’entraînant, tel Ulysse, au cœur de leurs folies.
***
Suis-je cet Alexandre – On le dit bienheureux !-
Qui reste dans son lit toute la matinée
Et fait la nique au temps comme à sa destinée ?
***
Autrefois, on disait que j’étais ténébreux
Quand bras dessus-dessous, je sortais la marquise.
Aujourd’hui, tout est clair, j’ai quitté la banquise.
***
Philippe Noirval

(Alexandre C. qui se prend pour Nerval)

l’AccIdEnt – bArIl
d’AcIdE, m’A prIs mA vIE
mAIs l’ArtIstE plt

l’AmI BErnArd IrrAdIE
chAIr A vIf, c’Est clAIr
(suite volcanique d’Annie, en réponse à Bernard)

Ceux qui disent « c’est clair » quand vient l’obscurité,
Ceux qui disent « en fait » avant d’avoir rien fait,
Ceux qui disent « du coup » sans avoir rien tiré,
Ceux qui disent « que y a » en croyant bien causer,
Ou vont dire « On va dire » après avoir jacté,
Ceux qui disent « J’veux dire » et qui disent l’ennui,
Qui font de l’élégance en leur « jour d’aujourd’hui »,
Qui disent « Pas d’souci », « Et surtout la santé »,
Ceux qui disent « Voilà », ou même « Pis voilà »,
Que de langues pendues qu’on devrait bien couper.
J’ai la langue qui gonfle à cause de ceux-là :
Je me la mords souvent pour ne rien répliquer.

(douzain de mauvaise humeur) BM

Agité, gamin,
Mtre pas si raide, frais,
L’ami Bernard rit,
***
Bâille, aimant l’idéal vin
Clairet, gaillard. Niera-t-il ?

(tanka en série vocalique [A – I – E – A – I]) BM

Samedi 10 St Filtré du KGB

Gamberge, bougonne :
bègues gabiers baguenaudent,
ingambes vikings.
***
Berk ! Gibecières gribouilles,
gobent bagels, burgers, bocks.

(« tankagébé » de Noël Bernard, dont chaque mot contient deux des lettres K,G,B)

Saint Filtré du KGB
Le distant kif grub*
(anagramme de Jacqueline Jacquadit, mot de passe pour passer le filtre avec succès)
* grub : programme de démarrage du pc

Je saccage, abats
Deux du KGB
Dans un cagibi
Sur un cageot beau.
Sans tracas, j’eus bu.
(fantaisie d’Alexandre C.)

Hé bé ! Jacqueline,
A Y, est-ce Aline qu’Anne
Dassault meule ? On aime !
palindrome phonémique de :
Mais non, le Mossad
N’hacke ni la CIA
ni le KGB !
(signé Alexandre C.)

J’ouvre à Saint Filtré,
Qui porte le KGB,
Yeux du web, chez moi.
(pangramme de 47 lettres) BM

Dimanche 11 St Grelot de Consolation

St Grelot de Consolation
L’asticot rogne ton solde !

(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Ton enfant grelotte.
Toi, le cœur gelé,
serres sa menotte
pour le consoler.
***
La ville est silence.
L’usine a brûlé.
Passe une ambulance
dans le noir complet.
***
Résonne l’alerte,
mais ne hurle plus
ton enfant, inerte,
dans tes bras moulus.
***
Alors, l’âme vide,
promènes sans fin
l’enfant qui, livide,
ne craint plus la faim.

(sélénet de Noël Bernard)

Je suis le malchanceux. J’ai misé mon pognon
Sur ce Duc d’Aquitaine à l’allure énervée.
Mon seul espoir est mort juste avant l’arrivée
Au son du Saint Grelot de la Consolation.
(Alexandre C.)

Le Grelot sacré,
Le Glas de Consolation,
Sonnera ton sort
***
Si ton doigt gratte la carte,
Car c’est le gros lot gagnant.
(tanka en beau présent) BM

Lundi 12 Éternité des Épluchures

Éternité des Épluchures
Ruches tartinées de glue*
Puretés de Chine lustrée ?
Trusteur l’éphésien cède.
(*anagramme avec modification e/a et p/g, par Jacqueline Jacquadit)


(poème isocèle et bivocalisme E et U) (Annie)

En robe, descends
sans tes dessous à Salon.
Poissy, c’est plus sûr !
Version auvergnate :
En robe des champs,
Chantez deux choux. Achalons *
Pois Chiche, Épluchures !
(Alexandre C.) * achaler : (Ouest) réchauffer.

sur la terre
à la pulpe tendre
une lame sans cruauté
a détaché le son la rognure la raclure
a fait tomber ce qui ne produit pas ce qui n’a plus la force de se défendre
***
ces copeaux
ce tas d’immondices
comment nous en débarrasser
comment chasser l’odeur les mouches qui s’y nourrissent
***
sur ce tas
j’ai cru voir frémir
comme un rêve d’éternité
**
allons donc
déverse la benne
***
lave-toi

(bigollo de Noël Bernard)

Patate et tomate,
Écorce et fane et racine,
Pelure invariable,
Éternité du légume :
Cuisines de luxe
Ou pauvreté de popote,
Tout fera fumier.

(architog en accumulation agréable) BM

épluchure, épluchure, est-ce que j’ai un compost d’épluchure ?
l’image c’est juste pour rimer avec popote, avec un légume absent, dixit bituur esztreym

Mardi 13 St Fascicule

Face aux cris
courait cap au ciel,
cœur flambant, l’ascète inconnu.
***
Il s’en fut
par les chemins secs.
***
Oublié.
(petit bigollo de Noël Bernard, en intégrale itérée de « fascicule »)

Saint Fascicule
Luc* te fascina, si !
Lascif, te scia nu !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit) * il s’agit de saint Luc, évidemment

Le fascicule
Le plus vendu s’intitule :
« Le cul facile ! »

(haïku-caillou d’Alexandre C.)

Poor lonesome cowboy !
His death came on the day of the Holy Paper !
Moralité francophonopalindrome :
Lucky sa fin…
Salut la Saint Fascicule !
(trouvaille de Robert Rapilly)

Ô Saint Fascicule,
Diminutif ridicule
Utile et facile.
***
À quoi bon la majuscule
Pour finir dans l’édicule ?

(marsupiailku prolongé en tanka) BM

Mercredi 14 St Saumon l’Incrédule

Saint Saumon l’Incrédule
adule l’Inca
Son eau s’oint

***
SAINT
SAU
MON
LINCR
ÉDULE
ADULE
LINCA
SON
EAU
SOINT
(contrainte palindro-paronymique ou plutôt palindro-parosyllabique(s) appliquée au saint du Papouméride, par Robert Rapilly : une lettre change à chaque mot)

St Saumon l’incrédule ?
Macron le sut de l’insu !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)


(détournement d’image par Alexandre C.)

Saumon l’Incrédule
Mordit sans discernement
Un leurre inclément.
***
Il rissole lentement,
Darne rose et ridicule.

(tanka en beau présent) BM

J’ai vu un saumon
Détourné par un pêcheur
Dans le Parc Monceau.
(médaille) BM

Pas sot,
Simon
Dédaignait
Saumon
Des monts.


(dichotog) BM

Jeudi 15 Étrennes du facteur

Étrennes du facteur
Ce frustré a entendu
« Tu entres dur en face »
Un farceur s’endette !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

très neuf de nature
terne sur ses trente et un
ce facteur a su
écarter des références
renard et furet
(hog en beau présent d’Annie)

Je te rêve nue
quand l’eau sourd du gouffre au sang,
courant de fureur.

(primitive de « Étrennes du facteur » par Noël Bernard)

À la traîne, étrenne
Ce verre ou ces hérissons :
« A la tienne, Etienne ! »
(Alexandre C. qui propose une deuxième lecture : le deuxième vers se lit aussi « Ce vers où ses R, I, sont »)

Avec les chatons
De son beau calendrier,
Et dans l’escalier,
On lui donne ses étrennes,
Une fois par an.
(architog) BM

Facteur sans étrennes ?
C’est un facteur en carafe.
Ce fada s’endette,
***
Cafarde et se défenestre,
Est enterré sans fanfare.
(tanka en beau présent) BM

Le train-train revient :
On le sent dans un fatal
Facteur et quêteur.
(primitive) BM

Vendredi 16 Ste Mère des Orties

Drame des papous :
Le monstre dromapalien
Bouscule tout ordre.

soit :
Des orties désertées.
DES
ORT
IES
DES
ERT
EES
(dromapal d’Alexandre C.)

Rose te résiste
et serre ses tristes soies.
Éros se retire.
(beau présent de Noël Bernard sur « orties »)

Ste Mère des Orties
Rome, triste déesse
Sirote tes remèdes
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Orties forestières,
Poursuites ravigotantes,
Éruptions torrides,
***
Sortilèges solitaires,
Routines réjouissantes.

(tanka dont chaque mot contient les lettres de [orties]) BM


(quatrain isocèle d’anagrammes) BM

Samedi 17 Ste Configuration Minimale

à son gré le mime
tâtonna, configura
sa mine, son âme
***
gamin confiné, il fit
ce conte et me le confia

(tanka d’Annie, en avions, dont chaque mot est contenu, dans l’ordre exact de ses lettres, à l’intérieur de « Ste Configuration Minimale »)

Glas.
Père
erre,
las.
***
La
terre ?
– Guère
plat.
***
Sent
cent
peines.
***
Rompt
pênes,
prompt.

(sonnet minimal par Noël Bernard)

Ste Configuration Minimale
Figé, Macron sue l’intimation
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Configuration minimale :
Osant, sale, Ian arrosait, là,
A l’aise, au ras, sa liane en zoo.
La mini-figue eût ration, Monk ?

(pilindrome d’Alexandre C.)

L’informaticien
Configure sa souris
Et son mini mâle.
***
Il connectera ses fils
Si le mulot lui sourit.
(tanka en beau présent) BM

Dimanche 18 St Forcené Reclus de l’Élysée

un roi macromane *
resserré en sa maison
a vision noircie
***
en son miroir avisa
un sourire à crocs
***
crénom au secours aux armes
vois un assassin
(architog en contrainte du prisonnier, par Noël Bernard – allusion au reclus)
*Macromanie : « affection psychologique ou psychiatrique dans laquelle le sujet se voit plus grand qu’il ne l’est en réalité » [Medicopedia]

Force nez de laid, lisez !

Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon – Louvre Collections
Ghirlandaio, Domenico (Domenico di Tommaso Bigordi, dit)
(image et commentaire d’Alexandre C.)

St Forcené Reclus de l’Élysée
Le fêlé s’y est encordé
Le forté y cède le sens
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Je suis le forcené, reclus à l’Élysée,
Le président français au charisme aboli,
Mon groupe à l’assemblée est en minorité,
Le quarante-neuf-trois est ma seule sortie.
***
Dans le désert arabe, un peu climatisé,
Rends-moi, comme en dix-huit, un peu de la magie
Qui fait taire sous la reprise de volée,
Les soupirs du fellah ; des ouvriers, le cri.
***
Suis-je un Dieu ? Jupiter ? Vulcain au fort poitrail ?
Mon front est rouge encor de la gifle tainoise,
Je me suis rêvé roi d’Amiens jusqu’à Pontoise.
***
Et j’ai, deux fois, cassé le code du travail,
M’asseyant tour à tour sur des fausses promesses
A propos de retraite ou encor de richesses.
(pastiche du Desdichado de Nerval, par Alexandre C.)

Élysée : le buzz !
Forcené, ex phlegmatique,
Vend jet-ski sur web.
(tanka et pangramme de 49 lettres) BM

Même à l’Élysée,
Bouquins au pilon retournent.
Macron, lisez-les !
(gidaille 231) BM

Lundi 19 St Tarama égoutté

St Tarama égoutté
Attesta goût amer
Ste Tarte au magot
Margot t’a statuée
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Tamara chanta
avala grand baklava
dansa la java
***
Alban bâtard catalan
l’agaça, la tracassa
(tanka en monovocalisme d’Annie)

Adam n’alla pas
dans la csárdás à Satan.
N’avala gala.*
***
Sa nana tâtant l’appât,
l’amant la balança : mal !
(tanka en monovocalisme par Noël Bernard)
* Gala : variété de pommes.

Hante-les où pêcha ce beau
Crabe à tarama égoutté
Et, tout gai, amarra ta barque.
Aube, sache épouser le temps !
(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

Caviar sur blinis
Du citron et de l’aneth
Recette antique en Turquie.
(katauta en morseku) BM
Tarama = − ·− ·−· ·− −− ·−

Mardi 20 Recul de l’Électron Libre

Recul de l’Électron Libre
Cellulite : Borne céder « LR » ?
Le cercle du trône brille !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)



(doublets de Caroll par Noël Bernard, de « recul » à « libre »)

Je suis l’électron libre, un e- pour symbole.
Le principe exclusif de Wolfgang Pauli
Met mon spin à demi ; et mon divin cimbole
Porte l’onde broglienne en mon bain dépoli.
***
Dans ma soupe à l’anion, un neutron me console,
Parle de positon qui m’attend dans un lit,
D’état d’excitation qui parfois nous isole
Quand on change de couche au loin comme en repli.
***
Suis-je onde ou corpuscule ? Qui, des deux antipodes ?
Demandons au poète un jeu de mot couillon :
Élection, piège à con ! Électron, pièce d’ion !
***
J’ai traversé, deux fois, d’anodes en cathodes
Modulant le signal de l’électricité,
Cette fée qui rougit quand je suis excité.
(sonnet atomique d’Alexandre C., avec ses excuses aux physiciens pour les approximations voire les erreurs théoriques de ce petit essai)

Il a reculé,
Se libère de sa zone
S’il a du répit.
***
Élu, malin a pété !
La fête finira mal.

(tanka en okapi) BM

Mercredi 21 St Crooner de l’Etna

St Crooner de l’Etna
s’étant coloré rend
terne roc désolant
cendres, a-t-on tel or ?
(anagrammes d’Annie)

En ta tente, attente.
À ta tête, natte nette.
Te tente néant.
(quatre-san-ku = haïku sur 4 lettres : e,t,n,a,  par Noël Bernard)

Ses lamentations
Ont déprimé l’Italie
Et Le Pausilippe.

soit :
De l’été à cri, Ô Nerval, amer, mina
tout – à la mer – crooner de l’Etna.

DELETeA
CRiONER
vALAMER
MINATOU
tALAMER
CRoONER
DELETnA
(drômapal, par Alexandre C.)

Franck Sinatra, sois
lumineux, intemporel
et monstre sacré.
Soit :
Crooner de l’Etna, ante led, Réno, orc !
(palindrome pr Alexandre C. en réponse à BM)
led -> lumineux
intemporel -> Réno (dans Les couloirs du temps : Les Visiteurs 2)
monstre sacré -> orc (chez Tolkien)
Les orthographes non courantes de « ante » et « orc » sont acceptées par le wiktionnaire.

L’Etna bouillonnait,
Empédocle fredonnait,
Droit dans ses sandales.
***
Transmigré en Sinatra,
Il fit bouillir Las Vegas.
(tanka) BM

Jeudi 22 Ste Guirlande clignotante

Long
jour
vitreux.
L’œil sans fond,
dans ses cils blotti,
grisant tout, voit la nuit tomber.
(Fib en primitive de « guirlande clignotante » par Noël Bernard)

Si tu es gai surgira la manne du ciel
cela, ingrat ronchon, est patent. Tarte !
(primitive par Annie)

Ste Guirlande clignotante
Inclut sa grande gélinotte
ou
Ceinture son gland âgé : tilt !
(anagrammes, toujours de Jacqueline Jacquadit)

Rose, aux mains noires,
Au soir, arrose,
A l’arrosoir,
De noires roses.
***
Son entonnoir
Noie la fleur. Oz,
Au manoir, ose
En sa baignoire.
***
Sous son peignoir,
Deux noix moroses,
Là, se nécrosent.
***
Dans le fénoir,
La chose rose
Soudain l’emprose.
(Sonnet bicolore et clignotant voire dégoûtant, selon son auteur : Alexandre C.)


(série décroissante et isocèle, par Alexandre C.

Scintille, Guirlande,
Sainte païenne pendante,
Splendeur inutile,
***
Clignotant électrifié,
Éblouissante lumière.

(tanka en 4-sympathie stricte) BM

Vendredi 23 Ste Sissi rediffusion

Assise sous yeuse,
sasse ses aises oiseuses.
A saisi oiseau,
essaie SOS osé :
« Ô, soyeuse, ouïs.
Si sais où ai sise issue
sois, à saussaie, Ase. »

(architog et monoconsonantisme, comme dans « Sissi » par Noël Bernard)
Note : yeuse = chêne ; saussaie = saulaie ; Ase = dieu scandinave

Ah, la paix, Sissi,
Or égal à la guerre, Ô !
Ici, c’est pas là !

(haïku orwellien et palindrome phonémique, par Alexandre C.)

Simulant Sisyphe,
Simulacre silencieux,
Sissi s’imposait,
***
Silhouette si sinistre,
Singulière, sibylline.

(tanka et tautogramme) BM

Samedi 24 Sts Bolduc & Neuneu

Je suis la chance aux jeux, le cul bordé de nouilles,
Le prince que la rage étouffe, – l’énervé
Tel un roi d’Andersen, –  …* -,
Et le truc pendouillant sous ses jambes en vé.
* définition du roi d’Andersen et contrepet de son hémistiche rimant
Réponse :
Bol – Duc haineux – nœud
(plaisanterie d’Alexandre C. en cette veille de Noël)

D’une douce bulle,
Noël élude ce dol.
Ô dune de boue
où l’on débenne l’ébène
cloué nu en éocène.
(tanka en beau présent de Noël Bernard, sur « bolduc, neuneu »)

Bébé, en culotte,
Dénoue des bolducs, neuneu,
Tète et les suçote.
***
Déboussolé, se désole,
Et son doudou le console.

(tanka en beau présent) BM

Dimanche 25 N.-D. des Aigris

Aigrie,  neuve, annonce,
Rêvant là tout à l’envers,
Son avenir gai.

(palindrome phonémique par Alexandre C.)

Notre Dame des Aigris
Trône – dadaïsme grisé –
Très imago de sardine
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

dame des aigris
messagère dégrisée
assagie digère
amaigrie se ride
admire d’arides maigres

(hog en beau présent sur « dame des aigris », par Annie)

Poètes aigris,
vous êtes-vous dépouillés
de la renommée ?
(accumulation agréable par Noël Bernard)

ma reine, ma sœur,
mon cœur racorni s’emmure.
viens à mon secours,
***
ou mon âme acrimonieuse
se courroucera, morose.
(prière en tanka, contrainte du prisonnier) BM

Lundi 26 Éviction des Incrustés, faux contrepet

De
vin
pichet
tu pris fort,
loin de ces passions
qu’un choix pour toujours t’a fermées.

(fib en primitive de « éviction des incrustés » par Noël Bernard)

Fêtard attardé,
Adroitement congédié,
Agonise, ignoble.
(5-sympathie stricte) BM

Bouterons asteure
Incrustés, usurpateurs,
Touristes bruyants.
Distribuerons sûrement
Roustes, meurtrissures,
Tuerons outrageusement
Intrus imposteurs.
(architog en 4-bambochade stricte [RSTU]) BM

Mardi 27 St Yaourt nature

Marâtre, nature ?
Restera certes mystère,
demeurant muette.
***
Abruptement pervertie,
ivre merveille, chavire.
(tanka en 4-sympathie, par Noël Bernard : deux mots consécutifs ont 4 lettres en commun)

Wagon arrivé
Pour dix kilos de yaourts :
Belle bête à lait,
***
Jouet sans défense,
Magnifique Prim’Holstein,
Rachetez ce menu veau !
(double haïku en panscrabblogramme [jokers E-E]) BM

Sur son trente-et-un,
Yaourt nature s’arrête,
Entre au restaurant,
***
Et en ressort, rayonnant,
Sustenté. Étonnant, non ?
(tanka en beau présent) BM

Mercredi 28 St Ol À la St Ol, compresse au formol

Ce monde, je le comprends fort mal
malgré tous vos diagnostics formels.
Il n’y a plus d’indiens à Fort Mill,
pas plus d’inconnue en vos formules.
J’irai me noyer dans le formol.
(babebine de Noël Bernard)

Las danse, fort mâle,
L’Adam, ce formel.
La dent se forme île,
Là, dans ce formol :
La dense formule.
(babebine d’Alexandre C. en écho à celle de Noël Bernard)

Si à la Saint Ol
Antonin lit Lolita,
Tisonnant sans soin,
***
Isolant son assistant,
L’assassin saisit l’instant.
(tanka en beau présent) BM

Jeudi 29 Résiliation du Contrat

Là, résilies-tu
Ton contrat ? Quand ? Car ton con
T’utilise et râle !
(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

Confiance, un soir, pfutt !
Résiliation du contrat.
Le chagrin s’épanche.

(contrainte du snob : deux mots successifs n’ont aucune lettre commune, par Noël Bernard)

méchant désaccord, amena veto a priori
(aléa furtif +/-7 par Annie)

Résiliation :
Contrats tardifs révoqués,
Garanties foutues.
(3-bambochade stricte) BM

Vendredi 30 Ste Méduse

Les rumeurs médusent
du fleuve que brumes hument.
Un pleur lent, muet,
fuse du veuf. Seul. Perdu.
Serf, gueux, m’es-tu refusé ?
(eueueu… par Noël Bernard)

Médusés, deux gars
Sortent, les sens en désordre,
Des musées Degas.
(haïku-caillou par Alexandre C. :  vers 1 & 3 en contrepèterie – avec une référence à l’ordre bouleversé au 2ème)

Méduse rusée,
Sinistre déité, traître,
Reste méprisée,
***
Sœur cruelle, sanguinaire,
Ogre dénigrée, mégère…
(tanka en 3-sympathie stricte) BM


(décroissance littérale et isocèle) BM

Samedi 31 Prémonition de St Eurocrate

Pauvre ange, au mal donné,
qui te pris pour un dieu,
ne vas-tu, feu furieux,
t’obscurcir à tonner ?
(primitive de « Prémonition de St Eurocrate » par Noël Bernard)

Pour troquer
Magot en billets,
Picsou prend des petits malins.
***
Son trader
Veut rétrocéder
***
Sans tarder.
(primitive en bigollo simple) (3-5-8 // 3-5 // 3) BM

JANVIER 2023

Dimanche 1 Anticipation des millénaires

Quand donc au Goncourt
pourra surgir un roman
d’anticipation,
***
un polar, un truc sado,
pour nous sortir du bobo ?
(lipogramme en E de Noël Bernard)

Vous et moi, vivons,
Moutons à moitié tondus,
Vos émois ovins.
Soit :
Entre ici, passion des mi-lainés.
(Alexandre C.)

Anticipation des millénaires
Décapite Saint Millionnaires !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

L’anticipation ?
Elle est le mal nécessaire.
Ce n’est rien, mille ans !
***
Patience ! Le temps est lent
Et la mort est millionnaire.
(tanka en beau présent) BM

Lundi 2 St Graveleux, sketch

Que jamais n’usiez
de Cyril sketchs graveleux
pour bourrer cash-flow.
(pangramme de Noël Bernard, avec « graveleux » et « sketch »)

Sketch graveleux, jeu impitoyable
Défendez la squaw !

(un autre pangramme par Annie, après avoir lu Noël)

Aube graveleuse
Pénètre la claire-voie,
Inonde les draps.
(Alexandre C.)

St Graveleux, sketch,
Rejoignez physiquement
Les bas-fonds du web.

(pangramme de 54 lettres) BM

Ce sketch graveleux
Met en scène un loup bigleux
Et deux chiens galeux.
***
Comme je suis scrupuleux
Je le laisse aux journaleux.
(tanka cauteleux) BM

C’est Saint Graveleux
Qui laisse voir tous ces poils ?
Comme il est velu !
(marsupiailku) BM

Mardi 3 Nuit des Équivalents

Le vent qui va, lent.
Le val uval, l’île à l’ive.
Les valets quiets.

(escadrille de Noël Bernard : chaque mot est un avion de « équivalents »)

– En la vie, quelle est
Le sens ? – Rêve au versant, seul,
Est l’équivalent.

(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

Nuit des Équivalents
Sens nu vit là d’équité
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Du pareil au même,
Il n’y a rien d’identique.
Les équivalents,
***
Approximativement,
Ressemblent aux synonymes.
(tanka redondant) BM

Mercredi 4 St Aligoté, chambré

À l’étape a coulé l’ivre goulot
et vibra la lyre.


(astérie créée par Noël Bernard. La structure, due à Jérémie Piscicelli, est visible sur la figure jointe)

Tirade morale : vivez à sec !
Édit abusif !
Osez avaler une carafe d’aligoté
sa nocivité ne s’égale pas à sa vivacité légère.
(okapi, par Annie)

St Aligoté chambré
Et Chablis margote !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

La Ligue ôtait, là,
ligotait l’aligot tel
Al. Igo, T’es las ?
***
Lis Goethe ! Hèle à l’igue aux thés !
L’Aligoté ? La lie ? Go !

(tankaligoté ligoté par Alexandre C.)
Mots rares :
Al : (Extrêmement rare) (Variation diaéthique) Pronom neutre proposé à côté de il et elle.
https://fr.wiktionary.org/wiki/al
Igo : (Argot) Ami.
https://fr.wiktionary.org/wiki/igo
Igue : (Régionalisme) Cavité naturelle creusée dans le calcaire par les eaux de ruissellement
https://fr.wiktionary.org/wiki/igue

Bel Aligoté,
Ton originalité
Ravive le kir.
***
Une dose revigore,
Ce cépage me régale.

(tanka en okapi) BM

Jeudi 5 St Trousseau, serrurier

Cet alignement sot ?
C’est ta ligne mensale
Annonçant Saint Trousseau ?
Ah ! Non-sens : un trou sale !

(rimes sexuées homophoniques, par Alexandre C.)

St Trousseau, serrurier
Rusé, Sartre sut sourire
     (mais)
A su sourire très rustre !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

ouvre-moi
amère serrure
une issue où sauver ma vie
on a vissé à mon cou un anneau en acier
un carré noir mis sur mes carreaux a ramené sur moi ce vénéneux ennui
***
en ces murs
me ravive un rêve
une souveraine émersion
où rien ne saura muer en soumission mon rire
***
en mes vers
un venin sinue
serres mes runes crocs mes rimes
***
à vos mains
vous rois assassins
**
ma morsure
(bigollo en contrainte du prisonnier par Noël Bernard)

Cépage Trousseau,
Vin jurassien capiteux :
Je passais trop saoul.

(haïku-caillou) BM

Vendredi 6 Sts Prozac & Viagra, secouristes

klaxon mystique 
je fabule : prozac, viagra, sandwich.
(pangramme, par Annie)

mystique black, je faxe ; prozac, viagra, sandwich.
(autre pangramme d’Annie, en 39 lettres)

Sts Prozac et Viagra, secouristes
Teste cassis pro-coïts « grave-azur » !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Prozac & Viagra
Pour le pauvre … Pour le riche,
Gros app’ & Caviar.
(haïku-caillou par Alexandre C.)

belle libido
qui fait de tout paltoquet
quelque fol goliath
***
déité, telle gaïa,
elle jaillit, tout pâlit
(prisonnier libéré par Noël Bernard : on autorise uniquement les consonnes interdites dans le prisonnier b, d, f, g, h, j, k, l, p, q, t)

Prozac & Viagra
Font que mon joyeux week-end
Valse de bonheur.

(pangramme de 51 lettres) BM

Samedi 7 St Lambeau

Saint Lambeau
Saint mâle a bu
Matines au bal
Satin beau mal
Tel à nu s’abîma

(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

Allé l’amble au bal,
a bu l’ale à bulle belle.
Mâle ému balla.

(beau présent sur « lambeau » par Noël Bernard)

Quel deux mil vingt-deux !
Blessures, légèretés, …
Et la nostalgie.
Soit :
Par lambeaux… Ces faces
parlant bosse. Et facétie
Part. L’an beau s’efface.
(haïkulorime sur les 3 vers, signéAlexandre)

Prozac & Viagra
Font que mon joyeux week-end
Valse de bonheur.
(pangramme de 51 lettres) BM

Dimanche 8 Dimanche avant les Utopies

Dimanche avant les Utopies
Tu chantas la vie mode en pis.
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Pars avant
de voir les
utopies.
***
Utopies ?
Vite, avant,
oublie-les.
***
Malheur, les
utopies
vont avant.
(terine, par Noël Bernard)

Une Toupie trône,
Dort. Monde, ce Démon tord
Notre Utopie nue.
(palindrome d’anagrammes, par Alexandre C.)

L’utopie, cador,
Est de justifier le sang.
Lutte, Ô, picador !
***
L’utopiste à chier
Ne croit plus en l’apéro
Lutte, Ô, pistachier !
***
L’utopie sans lit,
C’est s’étendre dans le pré.
Lutte, Ô, pissenlit !
***
L’utopiste au nez
Creux sait choisir le meilleur.
Lutte, Ô, pistonné.
***
L’utopique, hautain,
Cheval de Troie, comme nous,
Lutte au picotin.
***
L’utopie à nos
Oreilles, mélodieuse
Lutte au piano.
***
L’utopie est mon
Soleil noir, veuf. Porte-le,
Luth, au Piémont.
***
L’utopie colle au
Saxophone le fa dièse,
L’ut au piccolo.

***
L’utopie erre au
Clair de la Lune. L’ami
Lutte. Ô, Pierrot !
(série utopique d’Alexandre C.)

L’utopie n’osait b-
lâmer son cocon,  c’est mal !
Lutte, ô pine, ô zebb !
(petit écho à destination d’Alexandre C. par Rémi Schulz)

L’utopie brin cesse
Quand conte le labrador
Lutte Hoppy princesse
***
L’utopie durable
Seul y croit le petit veau
Lutte au pis du râble
***
L’utopie d’or ment
Songe d’une nuit d’été
Lu tôt, pis dormant
***
L’utopie ratée
La réalité gagnant
Luth, oh piraté
(autres petits échos de Marc Parayre, à destination d’Alexandre C.)

L’utopie, olé !
Le vainqueur de l’Everest
L’eut au piolet !
***
L’utopie n’aimant,
Le banquier voulant le trône
L’eut opinément.
(deux petits échos à destination d’Alexandre C. par Noël Bernard)

L’utopie n’en bourre
Pas moins tous les calembours.
Lu : topinambour !
(petit écho à destination d’Alexandre C.) BM

Utopie
Ma belle illusion
Toi ma chimère et mon mirage
J’ai rêvé que ce dimanche je te fêterai
***
Illusion
Ma belle chimère
Née de mon imagination
***
Mon mirage
Je vais te fêter
***
Je t’attends.
(bigollo) BM

Lundi 9 St Ballotin, rappel des invendus

Mourra peuple fier.
L’odeur de sang baigne vents.
Règne Dieu Fusil !

(primitive de « rappel des invendus » par Noël Bernard)

Saint Ballotin balle
Sur tout instrument : De la
Cymbale aux timbales.

(haïkulorime d’Alexandre C.)

Ô Ballotin, pique
Le soûlaud fat, fol ou seul
Qui pinte au labo.
(palindrome phonémique, toujours d’Alexandre C.)

Ce week-end est fou,
Pâques avant l’heure.
Mangez-y soldé
Joyeux ballotin.

(pangramme de 58 lettres) BM

Mardi 10 St Néon XIII, pape

Des bandonéons
à treize soupapes ? On
Débande, Ô, Néon.

(haïkulorime d’Alexandre C.)

Zeus, Ubu, Néon ?
désaccord entre seigneurs
j’inventai Gorgon.

(aléa furtif, de marge 7, par Annie)
https://www.cnrtl.fr/definition/dmf/GORGEON

St Néon treize pape
Prête ton sain pèze
Zappe son éternité
(anagrammes, par Jacqueline Jacquadit)

Mon tube clignote,
ça fait mal aux yeux.
Mon bulbe tremblote :
il ne vaut pas mieux.
***
Du cierge la flamme
s’éteint dans le vent.
Lune, belle dame,
s’efface en rêvant.

(sélénet de Noël Bernard)

Néon Treize, pape,
Éclaira la chrétienté
Et mourut grillé.
***
La Fée Électricité
A brisé sa Sainte Ampoule.

(tanka irrespectueux) BM

Mercredi 11 Ste Terrine

Quoiqu’elle entérina, soupa,
Ma sœur utérine a, sous peu,
Cru notre terre inassoupie.
Cette testérine à soupeau,
Avec hystérie, nasse ou pue.
(babebine appuyée sur \tɛʁinasup\ par Alexandre C.)
testérine : Sorcière qui jette des sorts… notamment à l’aide de son soupeau : (Rural) Morceau de bois qui attache le soc de la charrue avec l’oreille.

Depuis, je vivote, ne mange qu’herbe fraîche
faute de potjevleesch, banquet ramagé
égale n’importe quel faste. Choix de djobeur :
craquant chou blanc, grisant parfum d’ajvar.
Plus que jambon m’agrée saveur de fruit, de thé
j’aime aubergine, fève, roquette plus douces
qu’un ragoût au jus : chapon flamand, bon vin.
(potjevleesch : spécialité de Flandres, terrine de viandes blanches prises en gelée ; djobeur : spécialité de Martinique, abondant dans les romans de Chamoiseau ; ajvar : spécialité des Balkans méridionaux, assaisonnement à base de poivrons rouges rôtis)
(recette de bien-vivre signée Annie)

Évohé ! Ève ose
potelée, esthète
pèle-t-elle cette pêche ?
***
Le pot est scellé.
***
Telle est l’épopée : pelote
Tollé, vole sot poète
cet écho te pèse.
(hog en beau présent sur « potjevleesch » par Annie)

Terre :
terrine
terne.

(haïku littéral de Noël Bernard : 5/7/5 lettres, composé d’avions du mot clé)

Il a des gants en peau de porc,
Pourtant son boulot c’est poulet,
Et porte un manteau de lapin.
***
Mais s’il lui pose ce lapin,
Ce mec est bien pire qu’un porc :
Il n’a donc pas lu son poulet ?
***
Elle prend trois blancs de poulet
Et quelques cuisses de lapin,
Pour sa terrine, avec du porc.

(terine) BM

Jeudi 12 Retrouvailles du tire-bouchon

unis pour un soir
ôtons au kil son bouchon
sortons nos violons
***
dansant jusqu’au jour naissant
accordons nos pas valsants

(tanka et lipogramme en E par Noël Bernard)

après l’ouvre-boîte
vint le tir’-bouchon
pour la vie étroite
cuisine et torchon
***
quand je m’abandonne
quand j’oublie les vers
le rouge m’ordonne
un verre à l’envers

(sélénet d’Annie)

La belle égérie
De la marque Salvetat
N’en consomme pas.
soit :
Tire-bouchon, pain
Chez l’icône en eau qui lèche
Un punch Uber Eat.

(palindrome phonémique mais presque, par Alexandre C.)

Retrouvailles du tire-bouchon
Borne ouvrit là du lèche-rousti
(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

– File ton cruchon !
– Il est pour moi, eh ! bouffon !
– Vire ton cul, clown !

(série vocalique I-E-O-U-O) BM

Vendredi 13 Ste V.O. sous-titrée

Jeanne la Lorraine
ouït en VO
un hymne de haine,
excelsis deo.
***
Si les anglais viennent
abats ton fléau,
va fille, dégaine !
Ordre du Très Haut.

(sélénet, par Noël Bernard)

Ste V.O. sous-titrée
Vote sous risette
Vote, tire tes sous
Trouve tes soties !
(anagrammes, par Jacqueline Jacquadit)

Mon scenario la met en scène
Sous le coup de rein soutenu
du tout premier homme venu,
Un poisson rouge à sa chaîne.
Soit …
V.O. sous-titrée :
Sous l’Adam, d’ide andalou
Serti, tousse, Ô, Ève.
(palindrome phonémique, signé Alexandre C.)

V.O. sous-titrée,
Traducteur incompétent,
Vous êtes rôti !
(haïkunagramme) BM

Samedi 14 St Pélican

Plus désespérés,
à leur père avec des cris
secouant leurs becs,

***
les oiseaux des mers désertent
l’air. Un cercle éblouissant.
(tanka fait de cinq fragments pris dans l’ordre dans « Le pélican » d’Alfred de Musset, par Noël Bernard)

Saint Pélican 
Épiçant salin
Ce plaisantin 
Il pince Satan !
(anagrammes de Jacqueline Jacquadit)

poule ? cane ? *
pâle icône
piaula au ciné
pluie océane

(respect des consonnes et remplissage de voyelles, par Annie qui nous confie : « j’aurais bien écrit pélicane, mais non, madame pélican est un pélican »)

le pélican
produit la crème
des poèmes
sanglotants
(ouïseaunet d’après Musset, par Annie)

Au clair de la lune,
L’ami d’Oulipo
Se fait une plume
De tout zanimo.
Soit :
Quand lit Perec (ou
Queneau), rats ! gare à nos queues !
Courez, Pélican !

(palindrome syllabique par Alexandre C.)

Perec lit Lacan
Sans peine, l’idée candide
Qu’en lac, lire est paix !

(Alexandre C. nous explique : les syllabes impaires du vers 1 donnent pélican, les syllabes paires du vers 2 donnent pélican, et les vers 1 & 3 sont des palindromes syllabiques)

Sur la plage
Cet oiseau
Fait ravage
En réseau.
***
Qui s’emplume ?
Mohican
Qui déplume
Pélican.

(momet) BM

Quand Saint Pélican
Fut béni au Vatican,
Un vieux mohican,
Mâchouillant son pemmican
Aux noix de pécan,
Emplumé tel un toucan,
Fit un beau boucan.

(architog monorime) BM

Pauvre pélican,
Musset retourne au plumard :
Sand au lit campait.
(gidaille 231) BM

Dimanche 15 Dimanche des Utopies

Hep Oulipo, tu
rêvais sans E, en sévère.
Utopie loupée.

(palindrome phonémique selon Alexandre C., qui supplie : « On me pardonnera le E aspiré qui dispense de la liaison et offre deux beaux hiatus parfaitement symétriques »)

L’utopique tare
De Lacan tient dans l’aveu :
Lu Topiques tard !
***
L’utopie, Kelly,
Eclot dans Das Kapital.
Lutte au piquet ! Lis
!
(deux haïkulorimes d’Alexandre C.)

Quand l’assassin frappe où es-tu, Pie ?
L’homme pleure. Où restes-tu tapi ?
Ne vois-tu pas ton dieu qui t’épie,
sous coupole, palais ou tipi,
l’œil mi-clos, sassant vaine utopie ?

(babebine à alternance M/F par Noël Bernard)

qu’on me pardonne utopire
par la grâce des dimanches
il n’est pas question de rire
mais de retrousser ses manches

et qu’on me pardonne ces vers de mirliton, je vous le remets en anagrammes, nous dit Annie :
dimanche des utopies
de toupies, de machins
âme dit opus de chiens

Promettant noces de Gamache,
Les politiciens sont de mèche
Pour baisser le prix de la miche
Et promettre un monde moins moche :
« Venez donc voter pour Trucmuche ! »
L’utopie sied à ce dimanche,
Et chaque élu est fine mouche.
(babebine) BM

Lundi 16 Ste Hypoténuse

une hypoténuse
volage marine
valida la ruse
du mot olorime
l’usage récuse
le h unanime**
(okapi apprivoisé par Annie, qui confirme que « olorime sans h est autorisé par le dico du scrabble, mais hypothénuse ne m’est pas permis »)

Le carré
de l’hypoténuse,
cette menace qui résonne
sous les voûtes en nos cathédrales du savoir
– combien de malheureux le cherchent sans espoir dans le gouffre des savoirs maudits ? –
***
est égal
si je ne m’abuse
à l’impitoyable mépris
lu dans les yeux de l’élève aux cheveux de soleil.
***
À la somme
fût-il égal, des
carrés des deux autres côtés,
***
chanterait
aussi tendrement
***
la mésange.

(bigollo incluant une phrase mnémotechnique chère aux mathématiciens et à Noël Bernard)

Saoul, Hyppo Taine use,
Agace oulipote et nuses*
sous l’hypoténuse.

(holorimes, ou olorimes, par Alexandre C.) *nuse : nues (en picard)

Sainte Hypoténuse
Suante hypnotisée ?
Synthèse à Poutine !
(anagrammes par Jacqueline Jacquadit)

Sainte Hypoténuse,
Dans mon manuel,
Si je ne m’abuse,
Naît d’un rituel,
***
Le saint théorème
Pythagoricien,
La règle suprême
Pour un physicien.

(sélénet) BM

Mardi 17 Ste Fistule À la Ste Fistule, pas de libellule

Pas de libellule.
Du roseau l’épillet grise.
Noir le lac sans l’eau.
***
Comme l’alpe est silencieuse,
sous son lourd voile de deuil.
(tanka de Noël Bernard)

Las, fils, tu le crus.
Là, fisses-tu, le cœur eut
La fistule crue.

(homophonies par Alexandre C.)

Fistule fatale
Qui préfigure ma stèle,
Canal inutile,
***
Si l’on ne te rafistole,
Endure que je flatule.

(tanka en babebine) BM

Mercredi 18 St Thélème, abbé Napoléon est mort à St Thélème

Napoléon est mort à St Thélème
Tel phénomène mort se tâta l’os !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Thélème. L’abbé,
est belle âme, l’été. Et
Tel, aime la baie.

(double palindrome syllabique d’Alexandre C. débouchant sur une holorime de la forme : ABCDE / ZEDCBAZ /ABCDE)

L’abbé, dans Thélème,
Hait le bar où Rabelais
Mêle, étend, déballe.

(palindrome phonémique d’Alexandre C.)

L’abbé résina :
bonne, à part ta « water » [ l’eau ],
âcre absinthe hellène.

(homophonies de Noël Bernard) Notes : résiner = ajouter de la résine dans le vin, comme le font les Grecs; et on peut supposer qu’une île a des crabes.

L’assemblée blasée
S’embête hélas à Thélème :
L’abbé blême halète.
***
Le sabbat les emballa,
Et la messe les hébète.

(tanka en beau présent sur [St Thélème, abbé]) BM

Jeudi 19 St Houx, pape

Hopi ou Papou,
à houppe, a poux pie époux,
hippie, ou pis, pape.

(monoconsonantisme phonétique par Noël Bernard)

Dans l’été, si seul,
Le baiser d’une inconnue
M’a fait perdre langue.
soit :
Si saoul, le douze août,
Hasch aspiré, sans liaison ?
Si ! Sous le doux houx !
(haïkulorime à liaison dangereuse, par Alexandre C.)

Sot papou passa pouet, pouet
théosophe supposé
se posa.
Sotte peste supputa
sa hotte : soupe aux patates ?
s’opposa
Pas tes pattes !

(hog en beau présent sur St Houx, pape, par Annie)

Très Saint Houx,
Tu tiras la houe
Du paysan pauvre, ton hôte,
***
Et sans hâte, Tu pétris sa pâte,
***

Très saint Pape.
(bigollo hagiographique en doublets de Carroll) BM

Vendredi 20 Écoulement de St Rimmel

Adieu cieux radieux.
Vieux anxieux, yeux bilieux, pieute.
Dieux zieutent, furieux.
(dans tous les mots il y a « yeux », c’est Noël Bernard qui l’a vérifié)

Écoulement de saint Rimmel
Élu, Macron est démenti limé !

(anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

Loque, tes rimmels
Coulant, sale, hélas sans look,
Les mirettes collent.
(palindrome phonémique, signé Alexandre C.)

Si ton œil a mal,
Si s’écoule ton rimmel,
La poudre de mil,
***
Bien mélangée au formol,
Produira le bon cumul.
(tanka en babebine) BM

Rencards ?
Rimmel ?
Réformés :
Carmel
Formel.


(dichotog) BM

Samedi 21 Ste Litho, tirage

Rue l’âpre rêve révélé.
LOTO !
Le tirage : méga-rite.
Lot ! Olé !
Levé, révérer pâleur.

(palindrome avec le mot « tirage » par Noël Bernard)

Toto lit aux taules,
y lie tototte aux lithos,
Litote au lit tôt.
***
Thot, Ô, t’ôte aux totaux, taux.
Lille, Illy, Lili lit Lee.

(tanka d’Alexandre C.)

La chatte, aux lithos, râle
En face. Ici, ça fend
La rote. Il ôta châle.
—–
La mère, aux lithos, râle
En face. Ici, ça fend
La rote. Il aurait mal.

(vusine en palindrome phonémique, et sa variante, toujours par Alexandre C.)

L’ami des lithos,
Craint et imposant, vieillot,
Haï des bimbos.

(série vocalique A I E I O sur [Sainte Litho]) BM

Dimanche 22 Dimanche après les Utopies


(M+E : chaque mot est remplacé par un mot monovocalique en E venant après lui dans le dictionnaire ; appliqué au premier paragraphe de « L’Utopie » de Thomas More : « L’invincible roi d’Angleterre, Henri, huitième du nom, prince d’un génie rare et supérieur, eut, il n’y a pas longtemps, un démêlé de certaine importance avec le sérénissime Charles, prince de Castille. Je fus alors député orateur en Flandre, avec mission de traiter et arranger cette affaire. » http://classiques.uqac.ca/classiques/More_thomas/more_thomas.html )

Dimanche après les Utopies
Pet perdu à la messe : chiions !
(Anagramme, par Jacqueline Jacquadit)

J’ai rêvé, le temps
d’un vœu, d’odes, d’eaux, de vins.
Dante, les verrai-je ?
(palindrome phonémique, par le spécialiste, Alexandre C.)

L’utopie, queutard,
C’est de résister encore.
Lutte, Oh … Pique tard !

(écholorime de celui de la semaine dernière, toujours signé Alexandre C.)

Il a vu la mer,
Ému, déluge d’azur.
Il a ri, déçu
De son inutilité,
Du rêve fini,
Morose panorama
D’avenir usé.
(architog en okapi) BM

Lundi 23 St Kodak, retirage

Sous révélateur,
effigie elle admira.
Éphèbe troublant
***
tout ensoleillé tenait,
soumis, serpents, sous extase.

(tanka en aléa furtif, par Noël Bernard : chaque mot commence et finit par la même lettre)

Albert le gitan
héla Ernestine
maintenant soyons ensemble
kodak d’un seul clic
éternise le moment

(aléa furtif généralisé ±7, par Annie)

Une photo d’elle
Dans le plus simple appareil
Est une merveille.

(signé Alexandre C. et déjà proposé l’an dernier dans l’héméroméride)

Hara-kiri tarde,
Triste ogre d’arrière-garde ?
Retire ta garde !
(beau présent) BM

seppuku
qui, clic ! claque,
merci Kodak !
d’ac ? rhâ, qui rit ?

(la réponse de bituur esztreym)

Mardi 24 St Toto, grattage

Saint Toto grattage
Art tag t’a tôt soigné
(anagramme signée Jacqueline Jacquadit)

Voiture à poux :
Haute hôte aux totottes,
Ôte aux totaux tote* auto,
Hotte aux totos, tôt.
(signé Alexandre C.) *tote : (ancien français) toute

Oh ! Oh ! Madame
bobo s’arrange
tôt broda d’asters
son blond fantasme
flot d’or dans l’âme
chromo partagé
(suite de voyelles O O A A E, par Annie)

Gratta maigrement
cette terre rocailleuse
gaillard fainéant.
***
Arrosant surtout luette,
cueillit minime moisson.

(tanka dans lequel chaque mot, une voyelle et une consonne ont 2 occurrences, signé Noël Bernard)

Aère tes tresses,
Et rase ta tête grasse :
Gratte tes totos !

(beau présent) BM

Mercredi 25 Ste Table Ronde, chevalière

si ronde est table vue
où vins aidant oins nu
que fable eût monde su

(ce tercet isocèle de Noël Bernard est un palindrome de paronymes différant d’une lettre : si <-> su ; ronde <-> monde ; est <-> eût … C’est aussi une vusine, c’est-à-dire qu’elle est construite sur le rythme 11121/11211/11121)
Exégèse possible :
Ô saint, qui baptisais les compagnons d’Arthur,
pour peu serais fameux, tel meuble au contour pur.

Ste Table Ronde, chevalière
Le travail de Borne te sèche !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

Hier, abaïèrent
Fières chevalières
Altièrement.

(Alexandre C. nous explique ceci : synérèse pour « hier » et diérèse pour tous les autres mots)

Saoule et sévère ase,
Sous les sévérondes,
Faites table rase,
Fêtes, tables rondes.

(ronde d’Alexandre C.)

Filmés à leur Table Ronde,
Des chroniqueurs, rondement,
Aiment à se demander
Si la guerre est endémique,
Si covid est microbien,
Ou quel est le bien-fondé
D’une image en fond d’écran,
Si le jus des cranberries
Peut guérir un érythème.
Ils chassent le témoignage,
À cheval sur l’agenda
Des rendez-vous indatables
Aux prochaines tables rondes.

(marabout bouclé, vaguement rythmé/rimé ?) BM

Jeudi 26 Alzheimer

Eh ! Contrainte mise
était « lipogramme en E » !
Navré : oublié…

(clinamen à chaque mot par Noël Bernard)

Alzheimer
Eh ! Mal irez !
(anagramme [facile ! selon son auteure] par Jacqueline Jacquadit)

Piègé du Rwanda au Nord-Kivu
qui est ce joyeux alzheimer ?
Bof !
(pangramme de 49 lettres, par Annie)

Saoule et sévère ase,
Sous les sévérondes,
Faites table rase,
Fêtes, tables rondes.

(en retard d’un jour, oubli dû à sa maladie, Alexandre C.)

Joker du Doyen,
Gagnant qui oublie Auschwitz !
Vieux prof : Alzheimer.

(pangramme de 55 lettres) BM

Vendredi 27 St Jean Trope, paléontologue

– Chérie, je ne trouve ni mes bananes ni ma chemise ?
L’homme descend du singe,
So’ me descend du linge.
(Alexandre C.)

Étienne, ce primate, saute de l’échafaudage avec du corned-beef, abat son patron et s’enfile un casse-croûte.
Soit :
L’homme descendant du singe, descend du singe, descend du singe, descend du singe et descend du singe.
(suivant une idée piquée à Étienne Lécroart : https://youtu.be/A6tbBMsALnM?t=2278 )
(Alexandre C.)

« Arbre et singe nu humaient votre torve humanité. Un signe te barre. »
Socrate (Rétives vérités atroces)
(palindrome d’anagrammes, par Robert Rapilly)

Sur son arbre attentif nous surveille le singe.
Sur le fil claque au vent, plein de couleurs, le linge.
Le fleuve se repose. Une aigrette le longe.
Le vieillard sur un banc sent l’âge qui le ronge.
Sa chèvre près de lui se délecte de ronce.
Le pêcheur accroupi rainure, râpe, ponce,
adroit, guidant la gouge à la force du pouce
pour façonner sa barque et fignoler la poupe.
La femme emplit la cruche au jet pur de la pompe.
L’enfant tient dans sa main le trésor d’une pomme.
Un chant raconte, au soir, la naissance de l’homme.

(doublets de Caroll du singe à l’homme par Noël Bernard)

J’ai parfois la larme
Quand tu me dis que je dois
Descendre du sein …
***
… Et, par foi, l’alarme
Quand tu me dis que je dois
Descendre du singe.
(voyage du son \ʒ\ du début à la fin d’un haïku, par Alexandre C.)

Saint Jean Trope attrape
Un reste, ameute le trèpe. *
Alors il étripe
***
Des bouses de zinjanthrope **
Où pondait le géotrupe. ***

(tanka en babebine) BM
* trèpe = affluence, public nombreux, en particulier autour d’un camelot, devant un spectacle, dans un magasin.
** zinjanthrope = australopithèque du Tanganyika.
*** géotrupe = insecte coléoptère coprophage.

Samedi 28 Ste Menotte À la Ste Menotte, on se trotte

Choix de vie :
Reggaeton, œufs mous,
Marijuana, haut rire, âme
Ou menotte et guerre.
(palindrome phonémique, Alexandre C.)

Pernette l’aimes-tu
toujours, l’homme en la geôle ?
On l’arrêta, ce drôle,
pour son discours tortu.
***
Là, ment. Dames notent.
Pour dol a mandat : menotte.
L’amant d’âme n’ôte.
(quasi homophonie – le « quasi » pour l’ô fermé, par Noël Bernard)

être son toton me lasse
ses mots me menottent
ses menottes mentent
la sotte me latte
me mène à la mort
***
(beau présent, les lettres figurent dans l’ordre où elles apparaissent dans l’énoncé : à la Ste Menotte, on se trotte
ainsi
amont : À la Ste Menotte, on se trotte
mentent : À la Ste Menotte, on se trotte
mais
morse, tante, etc. sont exclus
Annie)

Quand de sa menotte
Elle flatte, et puis calotte,
Faut-il qu’elle mente ?

(marsupiailku) BM

Dimanche 29 St Robert, grand patron

Rue : mur à l’Éden.
Robert, en  Éros,
seul patron, gis.
Aveu : grand nord rond nargue.
Va, signor !
T’a plu,
essoré,
n’être borné
de la rumeur.

(palindrome de Noël Bernard avec les mots « Robert », « grand » et « patron »)

Saint Robert grand patron
Grondant par sabir en trot !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

pour Robert qui inventa l’ouïseaunet, écrivons, clamons :
ton trésor grandit par ban !
(anagramme d’Annie)

Robert tance autant
Le Pen et Kéké, nées peules,
Hante au centre et bords.

(palindrome phonémique, par le spécialiste inventeur, Alexandre C.)

Robert,
Bonnard,
Tempérait
Bernard,
Peinard.


(dichotog) BM

Lundi 30 St Souhait, dernier rappel

Vois pur gypaète :
vol soyeux au soir.
Sur canyon dieu jette
rayons. Lieu d’espoir.
***
Y mourir souhaite,
fuyant le ciel noir
qu’y parfois reflète,
au croyant, miroir.

(sélénet aux vers panvocaliques, par Noël Bernard : chaque vers contient a,e,i,o,u,y)

Un palais, des nattes,
Est-ce Chine où nichent, cette
année, des lapins ?

(palindrome phonémique, par Alexandre C.)


(vusine isocèle, palindrome de paronymes, par Alexandre C.)

Saint Souhait, dernier rappel
Hurla : non à des retraites pipi !
(anagramme de Jacqueline Jacquadit)

un an nouveau sonne.
nous nous reverrons encore.
recevez ces vœux
mon amour ou mes caresses
avec mes excuses.
arrosons ce renouveau
sans rancune aucune.
(architog en contrainte stricte du prisonnier) BM

Mardi 31 Jour de la Redevance

Caravane va
accéder à ce redan,
ce carré d’éden.
Verra cèdre vénéré,
recevra verre nacré.

(tanka en beau présent sur « redevance » par Noël Bernard)

Cents vœux de ratés ?
Pense aux télés – l’étau sans -,
Paie ta redevance !
(Alexandre C.)

Je dois deux francs lourds,
Et l’écran noir redevient
Vivant, sans cligner.
(primitive) BM

Jour de redevance,
Priorité aux frangines :
Passez devant, sœurs.
(gidaille approximative 231) BM

FÉVRIER 2023

Mercredi 1 Ste Gonflette d’hiver

Vamp qu’adjoints bracs* giflent,
quand joufflus vont changer plombs,
mords ! Qu’abjects hips* flingue.
***
Scratch ! Quand va prompt jig*, bluffons :
jougs qu’au plafond match bien venge.

(tanka en bel absent par Noël Bernard)
* brac : écervelé, fou ( variante de braque )
* hip : à la mode ( vieilli )
* jig : danse folklorique anglaise ( masculin ou féminin selon les dictionnaires )

Au centre d’un lagon, flotte,
Un drap au digon, Flies tendres
Et autans gonflant ta voile,
Ta drague. On flûte mais l’hôte,
Au fougon, flatteur, dévoile
Gonflette d’hiver et sandres.

(diagonale de [gonfl*te] par Alexandre C.)

Rêve, hideux, tel fongueux, teint, sale,
La sainte gonflette d’hiver.

(palindrome phonémique, encore, par Alexandre C.)

Gonflette d’hiver,
Hors des neiges, ton spleen nie
Nos Édens givrés.

(série vocalique O E E I E pour [gonflette d’hiver]) BM

Jeudi 2 St Gérondif, fête de l’Obsolète

Immobile, l’if.
L’eau. Fraîcheur du jet
dans la vasque ronde.
***
Les enfants en ronde
dansent près de l’if
et boivent au jet.
***
La balle, d’un jet,
se perd, larme ronde,
au sommet de l’if.

(quenine de Noël Bernard sur jet-ronde-if)

Envidons, régent,
En jassant là, lança Jean
En gérondivant*.

(palindrome phonémique, hélas ! nous dit son auteur, Alexandre C.)
* gérondiver n’existe absolument pas mais s’il existait, il signifierait : utiliser le participe présent qui permet d’exprimer la simultanéité de deux actions.
Exemples :
Envidons, régent en jassant là
ou encore
lança Jean en gérondivant.
(extrait du papouméride de 02 février 2023)
* envider signifie : enrouler (du fil) autour d’un fuseau ou d’une bobine.
Ce qui peut donner, à condition de sacrifier un gérondif :
Envidons, régents,
Sans lin ni bobine !, Un lance
En gérondivant.

Ton règne festif,
Indigeste gérondif,
Sonne ton destin.
***
Et ton trône inoffensif,
Ignoré, s’effondre enfin !
(tanka en beau présent) BM

Vendredi 3 St Caraco 38/40

Samedi 4 Ste Piquette, soutirage

Dimanche 5 Réminiscence de la Vache Folle

Lundi 6 St Raccourci

Mardi 7 La Boulette

Mercredi 8 Jour du Pastis

Jeudi 9 Ste Bistouquette

Vendredi 10 Ste Pénélope du Tapis Perpétuel

Samedi 11 Ste Reliure

Dimanche 12 N.-D. des Faux-Derches

Lundi 13 St Bègue, répétiteur

Mardi 14 Ste Stagiaire du Président, jour du Remords

Mercredi 15 St Landru Feu de St Landru, crêpes foutues

Jeudi 16 Jour du Regret 10% de pénalité

Vendredi 17 Sts Embouteillage & Verglas

Samedi 18 Stes Blanche, Noire & Verte, Pistes Martyres

Dimanche 19 Dimanche de la Rumeur

Lundi 20 Ste Remontée S’il pleut à Ste Remontée, il pleuvra à Ste Giboulée

Mardi 21 Échec et Mat

Mercredi 22 St Code Postal

Jeudi 23 Ste Giboulée Voir plus haut

Vendredi 24 St Ipso, facteur

Samedi 25 Offrande de l’Alcootest

Dimanche 26 Ste Cambriole À Ste Cambriole recompte tes casseroles

Lundi 27 St Patate À St Patate je me tâte

Mardi 28 Jour du Cueco

MARS 2023

Mercredi 1 Sts Homonymes, gros bonnets

Jeudi 2 Ste Paille

Vendredi 3 Ste Poutre

Samedi 4 Stes Surrénales

Dimanche 5 Jour du Volcan

Lundi 6 St Prion Priez pour l’E.S.B.

Mardi 7 St Angledroit, demi pape

Mercredi 8 Ste Chartreuse A Ste Chartreuse la neige est poisseuse

Jeudi 9 St Sondage Ultime

Vendredi 10 Ste Hypoglycémie

Samedi 11 St Illisible, prix Goncourt

Dimanche 12 Dimanche des Fléchettes

Lundi 13 Les Cicatrices

Mardi 14 Ste Larirette À Ste Larirette bébé fait risette

Mercredi 15 Purification des Épaves

Jeudi 16 St Caramel, hamster

Vendredi 17 Ste Faillite frauduleuse

Samedi 18 St Crassou

Dimanche 19 St Greluchon À St Greluchon gare aux oreillons

Lundi 20 Jour des Blondes

Mardi 21 Fête des Maires

Mercredi 22 Jour de la Troisième Mi-temps

Jeudi 23 Ste Binette, photographe

Vendredi 24 Ste Supposition Aléatoire faux contrepet

Samedi 25 Triomphe du Biniou

Dimanche 26 Dimanche des Nurses

Lundi 27 Les Enroués

Mardi 28 Libération de la Papeterie

Mercredi 29 Ste Comique du Bocal

Jeudi 30 Ste Percale

Vendredi 31 Jour du Taille-Haies

AVRIL 2023

Samedi 1 Ste Disquette À la Ste Disquette disque dur qui pète

Dimanche 2 Ste Moquette de Halley

Lundi 3 St Volapük, polyglotte

Mardi 4 Ste Polyglotte, espérantiste

Mercredi 5 St Espéranto, speaker

Jeudi 6 St Cauchemar Mécanisé

Vendredi 7 Ste Capsule

Samedi 8 Jour de l’Œuf Dur

Dimanche 9 St Sacrifice du Bulletin, premier tour

Lundi 10 La Rallonge

Mardi 11 Frères Brothers

Mercredi 12 Apparition des Hématomes

Jeudi 13 Ste Vis Cruciforme

Vendredi 14 Dernière Station avant l’Autoroute

Samedi 15 Souvenir de la Dissolution

Dimanche 16 Ste Jeannette la Pustulique

Lundi 17 Ste Cabine On passe un tour

Mardi 18 Stes Capette & Huguette, fondatrices

Mercredi 19 Arrivée du Nougat Roux

Jeudi 20 St Magret

Vendredi 21  St Témoin à charge

Samedi 22 Vision posthume de Ste Cassette

Dimanche 23 St Sacrifice du Bulletin, second tour

Lundi 24 Ste Monitrice

Mardi 25 St Saugrenu, frère sournois

Mercredi 26 Dénombrement des Écailles

Jeudi 27 St Pétrolin, romancier

Vendredi 28 St Excès, mais pas trop

Samedi 29 St Michel des Petits Cailloux

Dimanche 30 Ste Biscotte de Mailles